[Index Nutrition] Végétarisme, pourquoi faire ?

Pour les gens qui ont simplement envie de discuter sans souhaiter faire passer d'information particulière.
Avatar du membre
Deoxys
Prolifique
Messages : 3163
Enregistré le : jeudi 28 janvier 2021 à 9:06
Localisation : Finistère

Re: [Index Nutrition] Végétarisme, pourquoi faire ?

Message par Deoxys »

Hydrean a écrit : mercredi 26 mars 2025 à 13:25
Le régime alimentaire des Français est différent selon l’âge, le lieu de vie et répond à des raisons éthiques ou médicales : 56% des sondés se décrivent comme « omnivores », mangeant de tout sans restriction, 22% sont « flexitariens », limitant leur consommation de viande et de poisson et 8% se déclarent végétariens (4%) ou végétaliens (4%). La part des omnivores est plus importante dans les zones rurales (62%), celle des flexitariens, végétariens ou végétaliens est plus importante dans les grandes villes (47%). Chez les 18-24 ans, 25% se déclarent végétariens ou végétaliens (contre 4% des plus de 35 ans).
https://www.universcience.fr/fr/esprit- ... rid-181386
Merci du partage. Par contre la page n'a eu de cesse de remonter toute seule jusqu'au premier point de l'étude, mais en maintenant un doigt sur l'écran du téléphone c'était OK.

Je pensais qu'il y avait plus de végétarien·nes que de végétalien·nes (je pensais aussi les second·es en moins grand nombre que 4% parmi la population générale). Et alors les 25% de végés chez les 18-24 ans, je ne l'aurais pas imaginé !
Le reste est intéressant aussi. :)



Flower a écrit : mercredi 26 mars 2025 à 14:40 Je crois que mes poules pour le coup pensent que nous sommes leurs animaux de compagnie. :lol: L'autre jour, j'avais 4 poules qui faisaient leur sieste sur le seuil de la porte d'entrée ! (Elles ont 300m2 de jardin pourtant...)
En fait, quand je dis "un peu animal de compagnie", c'est plutôt dans le sens où les poules restent dans un lieu de vie un peu séparé (vu leur incapacité à contrôler certaines fonctions physiologiques) et ne vivent donc pas de la même façon avec nous qu'un chien ou un chat.
:lol:
Oui, de ce point de vue là, les poules ne sont pas des animaux de compagnie "classiques", c'est important de rappeler qu'on ne prend pas des poules (encore moins UNE seule poule) en intérieur.
Je ne crois pas que ce soit vraiment dû à leur incapacité à se retenir de fienter (j'en ai déjà vues qui avaient accès à la maison mais je conçois bien qu'on ne veuille pas nettoyer constamment derrière et que l'accès en intérieur soit optionnel pour les poules) ; c'est plutôt qu'il s'agit d'une espèce rustique, et aux comportements pour lesquels il est compliqué de recréer les conditions idéales en l'absence d'un jardin.
C'est comme le cochon (pas pour la viande) : c'est un animal qui a besoin d'un lieu de vie au moins en partie en extérieur. Il peut être propre, mais ne saurait se contenter d'un mode de vie strictement en intérieur car il a des besoins particuliers à son espèce. [Edit - Au fait : à l'instar de la poule, le cochon ne s'adopte normalement pas seul, c'est un animal social qui a besoin d'au moins un partenaire de la même espèce.]

Mais du coup, là, il est juste question du lieu de vie. En soi le lieu de vie nécessaire à l'animal n'enlève rien au fait qu'il soit "de compagnie" (il vit peut-être plus de son côté, mais là "de compagnie" désigne plus le concept d'animal à qui on ne demande absolument rien, d'animal membre de la famille).

Pour reprendre l'exemple du cochon : il n'est pas un "animal de compagnie" au sens où on l'entend habituellement, mais on ne le prend pour absolument aucune utilité (et même il va potentiellement apporter des dégâts, même s'il a ce qu'il faut, et des dépenses importantes).
À première vue, la comparaison peut ne pas paraître équitable : les poules elles pondent (et entretiennent le jardin), le cochon il apporte rien (à part retourner le jardin :lol:). [Enfin, le cochon "chanceux", car habituellement le cochon, il apporte tout de sa personne... ou plutôt, on décide pour lui ce qu'il nous apporte (à savoir tout, sa vie)... Autant dire que sous cet angle, le Finistère est une zone bien funeste, où l'on ne voit le cochon que sur la route, en direction de l'abattoir — excepté les rares cas d'exploitations porcines non-intensives.]
Donc si on adopte — responsablement — un cochon, on ne peut de toute façon rien attendre de lui, donc on ne peut pas comparer la démarche d'adoption entre les deux espèces... sauf que si, en fait. [Edit - Il y aurait bien une chose qui différencierait la démarche d'adoption de poules et de cochons : les poules de jardin proviennent souvent de la filière œuf et donc leur achat (à moins qu'il ne s'agisse d'un sauvetage ou de poules d'ornement) contribue à maintenir le statut des poules comme animaux "de production" (pas forcément dans la manière dont on va les traiter personnellement, mais dans la représentation globale que le monde humain se fait de ces animaux, que l'on cautionne par la demande). Les cochons "de compagnie", en revanche, ne sont pas les cochons élevés communément en Occident pour être mangés, on achète donc au sein d'un réseau complètement coupé de la filière porcine ; il faut tout de même faire attention à ce que l'élevage soit sérieux et ne surfe pas sur une tendance.]

Ce n'est pas parce que l'animal peut fournir ou non quelque chose, que cela doit impacter notre perception de ce dernier.
Poule ou cochon, chat ou poule, il n'est pas justifiable factuellement de les mettre à des niveaux (d'"exigence") différents. C'est justement notre vision spéciste (normée), qui nous fait classer les animaux en mode "poule = œufs et aide au jardin", "cochon = plus rien dès lors qu'on ne le mange pas (ou éventuellement compost ? :lol:)".

Et cette vision spéciste, c'est aussi, toujours, la mienne.
Je disais bien, sur la page précédente, qu'il m'était plus facile de voir (et sentir) des poulets rôtir tout près de moi, que de voir une dégustation de chat rôti (pourtant de très loin car via mon téléphone). Mais tout comme il m'est plus facile de voir un étal de poulets morts — entiers — que de chats, en photo ; ou de voir des poulets dans une cage attendant d'être abattus, que des chats. Je me base bien sur des scènes vues, que ce soit en direct ou par Internet, et mes ressentis sur le moment.

Et pourtant je sais qu'il n'y a pas de différence du point de vue de l'individualité animale.

Mais c'est comme ça que j'ai appris.
Si bien que même en refusant de consommer des poulets depuis maintenant plus de 3 ans (et pourtant j'aimais beaucoup), et même en ayant déconstruit (par exemple avant je voyais DU poulet et maintenant je vois UN poulet [désolée du cliché mais je vois un cadavre alors qu'avant oui je savais que c'en était un mais je voyais surtout de la nourriture]), je continue d'en avoir une perception, spontanée du moins, différente de celle que j'ai des chats. Ou des chiens.

Et je ne parle pas de tenir compte des différences entre les espèces (ça c'est primordial au contraire afin de répondre à leurs besoins spécifiques). Je parle bien de différencier, dans ce que je ressens sur le vif, des traitements qui leur sont infligés, lorsque ceux-ci sont pourtant identiques.
Parce que j'ai appris que "poulet = repas (être vivant mais qu'on élève pour le manger)" alors que "chat = membre de la famille".

Et ça reste.
Et ce, alors que je suis une bonne grosse végane antispéciste de merde. C'est dire combien c'est tenace ! Ceci dit, cela reste mon expérience, et elle pourrait évoluer. Après tout, je n'ai pas un si grand recul végé que ça. Si le forum existe toujours et moi aussi, je reviendrai vous dire ce qu'il en sera quand j'aurai l'âge d'AspiNono. :mrgreen:

Après, la "contrepartie" d'entretien de jardin est quelque chose qui résulte du comportement naturel des poules par exemple. Donc ce serait probablement pire pour elles si elles ne le faisaient pas. Pour moi, le truc est là plutôt: si je prends un animal pour répondre à un "besoin", mais que ce "besoin" correspond aussi au besoin de l'animal, je pense que non seulement ce n'est pas un problème, mais que c'est même mutuellement bénéfique. Il y a des personnes qui prennent un chien parce que ça les oblige d'aller se promener tous les jours, tout comme il y a des gens qui prennent des canards coureurs indiens parce qu'ils mangent les limaces. Je pense que c'est le genre de situations où l'animal ne sera pas malheureux de la "contrepartie" qu'on lui demande... (Quand on laisse les poules entrer dans le potager pour qu'elles aèrent un peu la terre, elles ne se font pas prier !)

En revanche, il y a un souci si l'animal doit s'adapter au "besoin" de l'humain. Le chien "pantouflard" qu'on traînerait en canicross ou encore pire, le chien très actif qu'on forcerait à passer sa journée sur le canapé...
C'est vrai que c'est un comportement normal des poules, donc si elles ne le faisaient pas ce serait probablement signe que quelque chose ne va pas.

Là oui il y a un bénéfice mutuel évident, et au final pour elles ça ne leur fait aucune différence.
Toutefois, un bénéfice mutuel n'empêche pas de percevoir l'animal comme "devant" une "contrepartie". Ça peut faire partie d'une adoption puis détention responsables. Ou des fois, les gens "ont du bol".
Par exemple, le chien qu'on prend dans l'idée cyno qua non de faire du sport avec, et coup de bol, on tombe sur le giga-sportif qui le reste toute sa vie sans jamais se blesser ; alors que, si ça n'avait pas été le cas... :|

Mieux vaut ne pas adopter dans un but précis, surtout lorsque cela est censé venir compenser quelque chose ; ce qui veut dire que la situation offre peu de souplesse, à la différence d'une situation comme la précédente, où le but de l'adoption n'est pas de compenser quoi que ce soit mais d'ajouter quelque chose de certes voulu mais d'optionnel, où il y aurait donc la possibilité de revoir ses plans sans sacrifier le bien-être de l'animal... mais à condition que la personne l'accepte.
Adopter un chien pour se forcer à aller se promener tous les jours, pour reprendre ton exemple, cela veut dire que de base on ne sort pas beaucoup et qu'au lieu de s'assurer (d'abord en solo) de pouvoir gérer (ensuite avec le futur chien), ou de renoncer en cas de doute, on adopte le chien pour qu'il vienne nous apporter une amélioration.
Est-ce que ça peut fonctionner et faire qu'humain comme chien soient heureux pour la vie ? Oui.
Mais, et si ça ne se passe pas comme prévu ? Si l'on a pas plus envie de sortir se promener tous les jours, une fois qu'on a le clébard à aller promener tous les jours ? Ou si ça nous passe, parce que ça n'est juste pas pour nous ?
Ici encore, il y aurait la possibilité de se forcer quand même, en supposant que le manque d'entrain n'aura aucune conséquence sur le chien et que ce soit tenable toute une vie... Mais sinon, plus réaliste hélas : chien qui soit a une vie de merde avec peu de sorties (donc chien peu défoulé mais aussi peu socialisé, or on sait ce que ça peut donner), soit finit abandonné parce que vous comprenez, il est malheureux le pauvre. Ou troisième option : piqué car il est devenu agressif ou a une santé pourrie. Ou quatrième : écrasé sur la route parce qu'il ne tient pas en place et fugue à la première occasion.


Te concernant, on est dans un contexte où c'est favorable mutuellement.
Là où ça pose problème, c'est lorsque les poules ne pondent plus et que ça n'est pas négociable pour les personnes (pour toi j'ai bien compris que c'était OK), ou qu'elles font trop de dégâts dans le jardin finalement/que leurs actions ne sont plus compatibles avec les projets pour le jardin, ou qu'une poule a des problèmes qui sans l'empêcher de vivre réduisent grandement ses capacités à entretenir les lieux, ou que les dépenses engendrées par les poules ne valent finalement plus leur service, etc.

Ce qui m'intéresse ici c'est le rapport profond, ancré, même quand ça se passe bien, à l'animal. On peut se demander par exemple :
Ferais-je tout mon possible pour lui, même s'il ne m'apportait plus les bénéfices attendus (peu probable ici car une poule picorera et grattera toujours le sol sauf anomalie), ou si la balance coût/"contrepartie" penchait trop côté coût ?
Est-ce que je vois mon animal comme une personne, et non comme un moyen (remplaçable/dispensable même si bien traité) ? Même une poule, poule qui s'achète pour une bouchée de pain (autrement dit "que certaines personnes remplacent un peu facilement et ne veulent pas soigner pour des centaines d'euros ni juste nourrir et loger sans avoir d'œufs en retour") ?
Est-ce que j'accepte que le bénéfice mutuel se change en absence de bénéfice, voire en malus, pour moi, si l'animal présentait des soucis (réels ou perçus), et d'y faire face ?
Est-ce que je serais susceptible de me dire "ça n'est qu'un [insérer l'espèce]" ?

Et bien sûr, il n'y a pas de mauvaises réponses, du moment que l'on reste dans le cadre strictement personnel qui n'engage que soi. Il y a par contre des réponses qui indiquent que prendre un animal, ce n'est pas pour soi (enfin ça le pourrait, jusqu'à ce qu'il y ait un bémol et que l'échange de bons procédés entre humain et animal se casse la gueule).
Et c'est pas grave ! Par contre, il est bon de le savoir.

Bon, et bien sûr bis, il faut aussi être en mesure d'assumer telle ou telle espèce (ou race). Par exemple moi, je pense que ma vision du chien (au sens individu) est compatible avec le fait d'en avoir un (au sens pour le meilleur et pour le pire), mais je ne serais absolument pas en mesure de m'en occuper convenablement. Je ne veux pas de chien, mais que j'en veuille un un jour n'y changera rien : ce n'est pas un animal auquel je corresponds — qu'importe la race/le type.


Cela me fait penser que dans cette vision de "l'échange de bons procédés" entre humain et animal, on oublie un peu vite que l'animal est à notre merci (donc vulnérable vis-à-vis de nous), et que dans le cadre d'une adoption, on est responsable de son animal (que l'on aurait pu très bien ne pas prendre sous sa responsabilité).

On oublie que l'animal existe pour lui-même, et pas pour nous, peu importe les "bonus" qu'on peut évidemment apprécier — le simple fait de partager sa vie en est un.

Peu importe qu'on le fasse naître d'une espèce, ou qu'on le place dans un environnement que l'on a créés et que l'on conceptualise toujours comme étant pour nous : ça reste un individu sentient et on ne peut lui faire subir les conséquences de nos décisions, prises de façon optionnelle.
Cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien décider pour les animaux, genre ne même plus avoir d'animaux "de compagnie".
En revanche, on peut au moins leur offrir une vie où ils n'auront qu'à être eux-mêmes et où leur seule fonction sera de faire partie de la famille. Alors ouais, c'est égoïste, mais cela n'a jamais été forcément une mauvaise chose : c'est aussi par désir égoïste que l'on a des enfants, et pourtant, il y en a — heureusement — qui sont accepté·es pour ce qu'iels sont, tout en venant aussi remplir cette envie égoïste, et ce tout au long de leur vie, de "je veux vivre avec des enfants et les garder dans ma vie, même s'iels s'éloignent une fois adultes"... et ce n'est pas pour autant que le rapport est égoïste. Et oui, selon l'autonomie de l'enfant, on va lui mettre des restrictions, pour sa sécurité et son apprentissage ; comme pour un chien, un chat, un poisson... à la différence que lui, il restera toute sa vie à un stade où on ne peut le laisser en autonomie, dans un monde dont il ne pourra jamais maîtriser les tenants et aboutissants. (Bon, il y a aussi beaucoup d'enfants qui n'ont pas la chance d'être accepté·es ou qu'on néglige, ou de rapports égoïstes, ou de parents qui ne choisissent pas vraiment de le devenir, ou encore de parents potentiel·les qui voudraient le devenir mais ne peuvent pas... Par contre là, on entre dans d'autres débats.)

Donc, à partir de là, on ne peut pas réellement poser de conditions, ni avoir en toile de fond cette vision de l'animal comme moyen de produire, que ce soit des produits ou des bénéfices.

C'est plutôt nous qui devons à l'animal. De faire jouer le grand pouvoir que nous avons sur lui, en sa faveur à lui...
Et cette réflexion vaut pour la cause animale dans sa globalité, pas juste pour les animaux que l'on a sous notre responsabilité directe... J'ai bien conscience que c'est s'attaquer à un très très gros morceau.
Diagnostiquée hyperactive (TDAH mixte), autiste et anxieuse
Avatar du membre
Tugdual
Modérateur
Messages : 41912
Enregistré le : jeudi 15 novembre 2012 à 0:13
Localisation : Nord-44

Re: [Index Nutrition] Végétarisme, pourquoi faire ?

Message par Tugdual »

Alimentation végétarienne :
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).
Avatar du membre
Deoxys
Prolifique
Messages : 3163
Enregistré le : jeudi 28 janvier 2021 à 9:06
Localisation : Finistère

Re: [Index Nutrition] Végétarisme, pourquoi faire ?

Message par Deoxys »

Tugdual a écrit : mardi 1 avril 2025 à 12:25Alimentation végétarienne :

Merci pour le partage, Tugdual !


Toutefois, j'ai voulu creuser ces histoires de risques, car s'il y a bien des observations de faites, celles-ci peuvent par contre se révéler très relatives.

C'est l'occasion d'aborder des thématiques qui reviennent souvent au sujet de l'alimentation végétale, en m'appuyant en partie sur le rapport relatif à la revue systématique de la littérature sur les liens épidémiologiques entre les régimes végétariens et la santé (pdf téléchargeable sur la page de l'ANSES).

Bien sûr, je ne me prétends pas spécialiste, ça m'intéresse c'est tout.
Enfin, non, ce n'est pas tout. Je sais aussi que l'alimentation végétale (et le véganisme car après il y a toute la consommation annexe) n'est pas que ça : c'est un refus de la norme, du système
(des systèmes, institutions...), ce qui rend difficiles la propagation claire et objective de l'information — donc prenant aussi en compte les limites — ainsi que sa réception tout aussi claire et objective.
Je n'ai pas de mission, mais je veux au moins essayer d'entretenir un dialogue critique sur le sujet.



:arrow: Pour commencer, concernant le risque plus élevé de fractures :

L'ANSES dans son rapport a écrit :Le GT conclut qu’un régime végétarien comparé à un régime incluant de la chair animale est associé à un risque plus élevé de fractures. Le poids des preuves est faible. Néanmoins, un régime lacto-ovovégétarien, comparé à un régime incluant de la chair animale, n’est pas associé au risque accru de fractures. Le poids des preuves est faible. Un régime végétalien comparé à un régime incluant de la chair animale est associé à un risque plus élevé de
fractures. Le poids des preuves est faible.
Le GT conclut qu’il n’y a pas suffisamment d’études de bonne qualité pour évaluer le lien entre un régime végétarien, comparé à un régime incluant de la chair animale, et la densité minérale osseuse ; le poids des preuves est non estimable. Pour le régime végétalien et le régime lacto-ovovégétarien, l’absence d’étude ne permet pas de conclure et le poids des preuves est non estimable.

Ensuite, la page de Psychomédia renvoie aussi vers celle-ci sur la fracture de la hanche chez les personnes végétariennes, du même site. On peut y lire :
Psychomédia a écrit :Le risque absolu de fracture de la hanche demeure toutefois faible. En moyenne, sur 1000 personnes au cours d'une période de 10 ans, 6,5 consommateurs de viande réguliers et 6,5 consommateurs de viande occasionnels subiraient une fracture de la hanche, tandis qu'il y aurait 7 cas chez les pescatariens et 9,5 cas chez les végétariens.

« Les avantages pour la santé d'un régime végétarien, notamment un risque plus faible de cancer et de maladie cardiovasculaire, peuvent encore l'emporter sur toute augmentation du risque de fracture de la hanche », estime le chercheur.
[À ceci près que les bénéfices pour la santé d'un régime végéta*ien (au sens "supériorité au régime omnivore", reposent sur un niveau de preuve de modéré à faible (à titre personnel je pense qu'on peut manger sainement et inversement qu'on soit omni ou végé).]
« Notre analyse suggère qu'un faible indice de masse corporelle (IMC) peut être un facteur clé expliquant pourquoi leur risque est plus élevé. » [...]

« En outre, les végétariens étaient environ 17 % moins susceptibles de respecter les recommandations en matière de protéines que les consommateurs de viande. Les messages importants de notre étude sont donc que les végétariens doivent s'assurer d'avoir une alimentation équilibrée avec suffisamment de protéines et de maintenir un indice de masse corporelle (IMC) sain. Cela les aidera à conserver des os et des muscles en bonne santé. »
[L'apport protéinique insuffisant serait donc, en général, un souci plutôt lié au mauvais équilibre alimentaire, qu'à l'alimentation végétale elle-même. Le rapport de l'ANSES aborde d'ailleurs la question des protéines, mais ne s'y attarde pas trop parce que contrairement à ce qu'on pourrait croire, ben, de ce côté-là il n'y a pas grand chose à signaler.]



:arrow: Pour ce qui est de la malformation congénitale de l'urètre (hypospadias), maintenant :

L'ANSES dans son rapport a écrit :Le GT conclut qu’un régime végétarien comparé à un régime incluant de la chair animale durant la grossesse est associé à un risque plus élevé d’hypospadias. Le poids des preuves est faible. Pour le régime végétalien ou le régime lacto-ovovégétarien, l’absence d’étude ne permet pas de conclure. Le poids des preuves est non estimable.

La cohorte sur laquelle le rapport se base soutient la possibilité que, étant donné la plus grande exposition des personnes végétariennes aux phytœstrogènes, ces derniers pourraient avoir un effet délétère sur le système reproducteur en développement.

Or, depuis — ça date de 2000 —, nous en savons bien plus sur ces fameux phytœstrogènes... Un exemple sur le très décrié soja et ses isoflavones...:

Peut-on manger du soja sans risque? Le point sur les recommandations

Extrait :
Slate a écrit :Aux origines d'une défiance obsolète

«La suspicion à l'égard du soja est née dans les années 1950, en Australie, lorsque l'on s'est rendu compte que des brebis qui mangeaient beaucoup de trèfles, autre aliment riche en isoflavones, développaient des dérèglements hormonaux», explique le Dr Sébastien Demange, médecin généraliste et membre du conseil scientifique de l'Observatoire national des alimentations végétales (ONAV).

Il ajoute: «À partir de là, différentes expériences ont été menées sur des animaux et in vitro, montrant que le soja avait la possibilité d'interagir au niveau hormonal. Comme souvent en toxicologie, de nombreuses extrapolations ont été faites, invitant à un principe de précaution.» C'est la raison pour laquelle, depuis 2005, l'Afssa (devenue l'Anses) déconseille la consommation de soja durant la grossesse, ainsi qu'aux personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancers du sein et aux enfants de moins de 3 ans. Elle invite également à ne pas dépasser 1 milligramme d'isoflavones/kgpc/jour, ce qui représente tout de même 275 grammes de tofu par jour pour les femmes et 350 grammes par jour pour les hommes!

Aujourd'hui, ces recommandations françaises commencent à dater et semblent faire figure d'exception, au milieu d'instances sanitaires internationales qui ont levé depuis un moment les inquiétudes concernant une consommation régulière de produits à base de soja dans le cadre d'une alimentation équilibrée, végétale ou non. Du côté de l'Anses, que nous avons contactée pour rédiger cet article, on nous renvoie vers l'ONAV et ses experts, en nous signalant que des travaux de mise à jour sur les isoflavones sont en cours et devraient être disponibles à l'automne 2024.


Et puisqu'on en parle, daté du 14/11/24 : Position de l’ONAV relative à la consommation alimentaire de soja et à son action sur la santé humaine
Je ne mets ici que la synthèse :
L'ONAV a écrit :
  • Le soja est un aliment consommé depuis des millénaires en Asie et depuis des siècles en Occident. En France, ce sont les végétarien·nes et les végétalien·nes qui en consomment le plus, c’est-à-dire autant que les populations asiatiques.
  • Le soja n’est pas un substitut à la viande. C’est un aliment avec un profil nutritionnel qui lui est propre et variable en fonction de sa préparation.
  • Le soja peut être consommé sous différentes formes, fermentées ou non. C’est un aliment riche en protéines, vitamines et minéraux.
  • C’est l’aliment consommé par les humain·es qui est le plus riche en isoflavones. Celles-ci ont fait l’objet d’une attention particulière à cause de leur ressemblance structurelle avec une hormone dite féminisante : l’estradiol.
  • La teneur en isoflavones du soja est très variable en fonction du lieu et du mode de culture, de la préparation et des transformations engendrées par la digestion. Cela rend difficile la prévision de l’effet de la consommation de soja sur l’organisme.
  • En France, en se basant sur des données principalement in vitro et d’expériences sur des animaux non-humain·es, un rapport de 2005 établit une valeur à ne pas dépasser de 1 mg/kg de poids corporels (pc) d’isoflavones par jour. De la même manière, l’Anses déconseille le soja avant 3 ans.
  • Les études chez les animaux non-humains ne semblent pas pertinentes pour évaluer l’action des isoflavones du soja chez les humain·es.
  • Au niveau international, les avis sont en faveur de l’innocuité du soja et indiquent plutôt des bénéfices pour la santé liés à sa consommation voire l’encourage pendant la grossesse ou dès le début de la diversification.
  • La limite fixée dans le rapport de l’AFSSA à 1 mg/kg de pc/jour correspond à au moins une portion de soja par jour (la taille de la portion considérée étant adaptée à l’âge).
  • Il n’y pas de données pour des consommations supérieures à 4 portions de soja par jour. Cependant, de tels niveaux de consommation iraient à l’encontre d’une alimentation diversifiée.
  • Les études chez les humain·es soutiennent l’innocuité du soja. Certaines études indiquent plutôt des bénéfices. Ils sont variables en fonction des individus (producteurs d’équol ou non) et de l’âge d’introduction du soja dans l’alimentation.
  • La consommation de soja ne présente pas de risque quand il est consommé par les nourrissons dans les préparations infantiles, dans l’enfance ou dans l’adolescence. Les nombreux paramètres étudiés comprennent notamment le développement psychomoteur et morphologique, dont celui des organes génitaux. Il pourrait y avoir un bénéfice à une consommation précoce de soja.
  • La consommation de soja ne présente pas d’effet indésirable quand il est consommé par les femmes enceintes et allaitantes. Il y aurait peut-être un effet bénéfique réduisant le risque d’avoir un enfant avec un hypospadias.
  • La consommation de soja ne présente pas d’effet indésirable quand il est consommé à l’âge adulte. Sa consommation est plutôt en faveur d’une diminution du nombre de cancers du sein et des récidives. Il n’a pas d’impact sur les concentrations hormonales des hommes. Certaines études ont retrouvé des variations hormonales chez des femmes. Cependant ce sont des études comportant de nombreux biais (peu d’effectifs, pas de groupe contrôle etc.) et surtout aucun impact clinique n’a été observé.
  • La consommation régulière de soja pourrait atténuer les effets vasomoteurs de la ménopause.
  • La consommation de soja ne nuit pas au bon fonctionnement de la thyroïde. Il est surtout important d’avoir des apports en iode satisfaisants.
  • La consommation de soja pourrait diminuer les risques cardio-vasculaires.
  • La consommation de soja semble diminuer le risque de certains cancers comme gastro-intestinal et pulmonaire.
  • Concernant l’impact environnemental du soja, il convient de rappeler que le premier moteur de la déforestation amazonienne est le pâturage et non la culture de soja. S’il est vrai que la culture du soja participe à la déforestation en Amérique du sud, précisons que cette production est très majoritairement destinée à l’élevage. Ainsi, les personnes qui consomment du soja en France, et pas de viande, en consomment presque 2 fois moins que les personnes qui ont une alimentation carnée. De plus, le soja à destination des humain·es en France est très largement produit sur le territoire français ou en Europe. Notre alimentation a aussi un impact sur la vie des populations autochtones d’Amérique du Sud.

Il ne faut oublier tous ces autres perturbateurs endocriniens, comme précisé sur la page Wikipédia de l'hypospadias : "pesticides, certains adjuvants de plastique, cosmétique, shampoing, teinture pour cheveux ou d'autres produits chimiques."
Spoiler : D'autres pistes : 
Wikipédia a écrit :Dans les pistes, un effet transgénérationnel du Distilbène montre que les petits-enfants des femmes traitées avec cette hormone de synthèse, prescrite pour prévenir les fausses couches, sont 40 à 50 fois plus exposés au risque de l'hypospadias.

La prise de valproate de sodium par la mère augmente également le risque de survenue de telles malformations.
Ni que l'hypospadias a fortement augmenté dans les années 1970 et 1980, comme d'autres malformations génitales [cf. Wikipédia].
Ni que :
L'ANSES sur la page relayée par Tugdual a écrit :Plus généralement, la présence de contaminants dans les aliments est un enjeu majeur qui concerne toutes les populations quel que soit leur régime alimentaire. L’Anses rappelle la nécessité de la réduction d’émission de contaminants d’origine anthropique afin de réduire l’exposition aux substances les plus persistantes dans l’environnement, notamment les métaux.



:arrow: Concernant le statut nutritionnel, je vais commencer par la vitamine B12 :
[Je ne prends pas forcément dans l'ordre (mais je vais tout passer en revue) ; et quoi de mieux pour commencer que la célèbre B12 ! :mrgreen: Je m'arrêterai à ce point-ci pour ce message, je continuerai dans une seconde partie.]

Le statut nutrionnel est moins favorable selon les études :
L'ANSES dans son rapport a écrit :Le GT conclut qu’un régime végétarien, lacto-ovovégétarien ou végétalien comparé à un régime incluant de la chair animale est associé à une concentration sérique en acide méthylmalonique plus élevée [signe de potentielle carence en B12]. Le poids des preuves est faible.

Le GT conclut qu’un régime végétalien comparé à un régime lacto-ovovégétarien est associé à une concentration sérique en acide méthylmalonique plus élevée. Le poids des preuves est faible.

Le GT conclut qu’un régime végétarien, lacto-ovovégétarien ou végétalien comparé à un régime incluant de la chair animale est associé à une concentration sérique en homocystéine [liée entre autres à la B12] plus élevée. Le poids des preuves est modéré.

Le GT conclut qu’un régime végétalien comparé à un régime lacto-ovovégétarien est associé à une concentration sérique en homocystéine plus élevée. Le poids des preuves est faible.

Le GT conclut qu’un régime végétarien, lacto-ovovégétarien ou végétalien comparé à un régime incluant de la chair animale est associé à une concentration sérique en vitamine B12 et holotranscobalamine [marqueur dans le sang représentant 20% de la B12 et servant à détecter une carence] plus faible. Le poids des preuves est modéré.

Le GT conclut qu’un régime végétalien comparé à un régime lacto-ovovégétarien est associé à une concentration sérique en vitamine B12 et holotranscobalamine plus faible. Le poids des preuves est modéré.

Outre le poids faible à modéré des preuves qu'il convient de garder à l'esprit, si l'on regarde le détail, on s'aperçoit que :
La consommation de compléments alimentaires n’était pas rapportée dans sept articles (Gupta, Damji et Uppaluri 2004; Krajcovicová-Kudlácková et al. 2000; Laskowska-Klita et al. 2011; Majchrzak et al. 2006; Miles et al. 2019; Obeid et al. 2002; Woo et al. 1998).
Quatorze articles ont rapporté qu’il n’y avait pas de consommation de compléments alimentaires chez les participants (Gammon et al. 2012; Herrmann et al. 2001; Hokin et Butler 1999; Y.C. Huang et al. 2003; Hung et al. 2002; Lee et Krawinkel 2011; Li et al. 2000; Löwik et al. 1990; Mearns et Rush 2017; Millet et al. 1989; Schüpbach et al. 2017; Su et al. 2011; Waldmann et al. 2006; Waldmann et al. 2004).
Douze articles ont rapporté la consommation de compléments alimentaires contenant de la vitamine B6, B9 ou B12, ou un mélange de vitamines et minéraux chez les participants (Bissoli et al. 2002; Elorinne et al. 2016; Gallego-Narbon et al. 2019; Haddad et al. 1999; Harman et Parnell 1998; Helman et Darnton-Hill 1987; Herrmann et al. 2003; Houghton et al. 1997; Koebnick et al. 2004; Larsson et Johansson 2002; Reddy et Sanders 1990; Yen et al. 2010).

Sauf que la supplémentation en B12 est capitale dans un régime végétalien et recommandée dans un régime végétarien. Or, le végétalisme (et véganisme par extension), pour peu que l'on s'informe via des sources fiables (pas difficiles à trouver), est logiquement présenté comme nécessitant une supplémentation. Et toute personne végétalienne sensée accepte de se supplémenter et ne se perd pas dans l'appel à la nature.
Au contraire, c'est génial, le monde a évolué pour nous permettre, massivement, de puiser une vitamine essentielle, naturellement apportée par des êtres que l'on tue et exploite, dans une source synthétique qui leur évite de se faire tuer et exploiter par/pour nous ! (Théoriquement, car être végan·e ne sauve personne en soi, sauf éventuellement si on épargne directement soi-même un animal qu'on aurait exploité, ou tué en le pêchant, le chassant, éventuellement l'abattant dans un élevage personnel, dans un contexte où ça n'est pas une véritable nécessité. En revanche, ça affecte la demande ; et même si ça ne changeait rien à celle-ci, on s'alignerait au moins toujours sur la compassion que l'on témoigne déjà à d'autres espèces — encore que même là il y aurait du boulot.)

Étudier la B12 dans le végétaLisme (et dans une moindre mesure le végétaRisme) hors-supplémentation, ou ne pas mentionner l'utilisation ou non de supplémentation, ça rend toute observation non pas mensongère (ce qui est observé est observé), mais non pertinente.
Il est nécessaire de faire connaître les risques du végéta*isme non-supplémenté pour inciter, preuve à l'appui, les personnes récalcitrantes à se supplémenter... mais là, le principe de précaution, couplé au protocole ne reflétant pas pertinemment la réalité (potentielle), me semble surtout jeter un flou et maintenir la méfiance sur l'alimentation non-animale.

Encore une fois, rien de mensonger, mais ça ne correspond pas forcément à la réalité (non pas dans la façon de faire des gens — pouvant être désastreuse et on le constate dans tout type d'alimentations — mais dans ce qu'est le végétalisme lorsque celui-ci est mené le plus raisonnablement possible — ce qui ne réclame pas non plus d'avoir un bac +5 en nutrition, hein).


J'ai donc voulu décortiquer l'analyse des résultats pour la B12.

J'ai assigné des symboles pour pouvoir mieux se rendre compte de la répartition des études avec et sans compléments alimentaires (j'ai compté l'absence d'info comme "sans", juste avec un symbole différent).
✅ = Supplémentation rapportée ; ❌ = non-supplémentation rapportée ;❓= pas de supplémentation ni de non-supplémentation rapportée.

Je vais aussi différencier les différents points de l'analyse en parlant d'"observations préoccupantes/non-préoccupantes".

On voit une majorité de rouge (ou croix/point d'interrogation), et sensiblement plus dans les observations préocupantes (27, contre 6 dans les non-préoccupantes). Jusque là, ça peut juste s'expliquer par le fait qu'il y ait une majorité d'études exemptes de supplémentation ou sans supplémentation rapportée.
L'ennui, c'est que c'est que ce sont des observations sur la B12 dans des régimes — au minimum le végétalien — devant être supplémentés correctement, et qui de par leur nombre plus important du côté préoccupant que non-préoccupant, sont retenues comme signaux d'alerte potentiels... alors que les conditions posent d'office problème. :innocent:

MAIS :!:
J'ai bien vu aussi qu'il y avait pas mal d'études avec supplémentation, allant pourtant dans le sens des observations préoccupantes.

Cela dit, au vu de l'écart moins grand entre les observations préoccupantes et non-préoccupantes parmi les études avec supplémentation que sans (12 préoccupantes contre 8 non-préoccupantes, par rapport aux 27/6 d'avant), et par curiosité quant à ce qui est véritablement entendu par "consommation de compléments alimentaires chez les participants", j'ai voulu creuser encore plus.
Également sur la signification des comparaisons avec un régime omnivore ou entre les régimes végétarien et végétalien (genre : "est-ce que moins ou plus de quelque chose signifie pour autant déséquilibre caractérisé ?").
J'ai noté aussi que dans les observations non-préoccupantes, les études avec complémentation étaient en bonne partie différentes de celles (pourtant aussi avec supplémentation) dans les observations préoccupantes (dont une qui reviendra quand même 6 fois) ; mais leur nombre total étant bas, ça n'est probablement pas aussi significatif que ce que j'ai pu découvrir en y regardant de plus près, dans chacune des études.

Les chiffres entre crochets renvoient à mes propres annotations, en-dessous.

Quant aux études sans supplémentation n'ayant pourtant rien relevé de préoccupant sur un point donné, cela peut être imputable à la possibilité qu'elles portaient soit uniquement sur le végétaRisme (où l'on prend moins de risque à ne pas se supplémenter bien que ce soit déconseillé), soit sur le végétalisme mais récent (or les réserves de B12 peuvent tenir des années, surtout avec les aliments du commerce fortifiés — d'où le "piège" de se dire "oh ben c'est bon en fait" alors que NON). Ou tout simplement à des facteurs variés (d'ailleurs ici, en plus d'une faute méthodologique, il serait très dangereux de conclure que si certaines études n'ont pas trouvé de différence — sur un domaine donné — entre végétalisme NON supplémenté et omnivorisme, c'est que c'est bon : non, on ne déconne pas avec la B12 :naugty: :mrgreen:).
Enfin, la distinction entre végétaRisme et végétaLisme ne m'apparaît pas 100% claire.



Voici donc ⬇️

Un article a montré qu’un régime végétarien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration en acide méthylmalonique plus élevée (Herrmann et al. 2001) [❌].

Un article a montré qu’un régime lacto-ovovégétarien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration en acide méthylmalonique plus élevée (Herrmann et al. 2003 [✅] [1]). Un autre article n’a pas trouvé cette différence (Herrmann et al. 2001) [❌].

Deux articles ont montré qu’un régime végétalien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration en acide méthylmalonique plus élevée (Herrmann et al. 2003 [✅] [2]; Herrmann et al. 2001) [❌]. Un autre article n’a pas trouvé de différence (Haddad et al. 1999) [✅].

Un article a montré qu’un régime végétalien comparé à un régime lacto-ovovégétarien était associé à une concentration en acide méthylmalonique plus élevée (Obeid et al. 2002) [❓]. Un autre article n’a pas trouvé de différence (Gallego-Narbon et al. 2019) [✅].

Treize articles ont montré qu’un régime végétarien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration sérique en vitamine B12 plus basse (Bissoli et al. 2002 [✅] [3]; Gammon et al. 2012 [❌]; Gupta, Damji et Uppaluri 2004 [❓]; Helman et Darnton-Hill 1987 [✅] [4]; Hokin et Butler 1999 [❌]; Y.C. Huang et al. 2003 [❌]; Hung et al. 2002 [❌]; Lee et Krawinkel 2011 [❌]; Mearns et Rush 2017 [❌]; Millet et al. 1989 [❌]; Reddy et Sanders 1990 [✅]; Su et al. 2011 [❌]; Woo et al. 1998 [❓]). Trois articles n’ont pas montré cette différence (Harman et Parnell 1998 [✅]; Herrmann et al. 2001 [❌] ; Yen et al. 2010 [✅]).

Cinq articles ont montré qu’un régime lacto-ovovégétarien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration en vitamine B12 plus basse, quelle que soit la consommation ou non de compléments alimentaires (Herrmann et al. 2003 [✅] [6]; Koebnick et al. 2004 [✅] [7]; Krajcovicová-Kudlácková et al. 2000 [❓]; Li et al. 2000 [❌]; Majchrzak et al. 2006 [❓]). Un article n’a pas observé cette différence (Schüpbach et al. 2017). [❌]

Neuf articles ont montré qu’un régime végétalien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration sérique en vitamine B12 plus basse (Elorinne et al. 2016 [✅] [8]; Herrmann et al. 2003 [✅] [9]; Hokin et Butler 1999 [❌]; Krajcovicová-Kudlácková et al. 2000 [❓]; Larsson et Johansson 2002 [✅] [10]; Li et al. 2000 [❌]; Majchrzak et al. 2006 [❓] ; Obeid et al. 2002 [❓]; Waldmann et al. 2004) [❌]. Deux articles n’ont pas montré cette différence (Haddad et al. 1999 [✅]; Schüpbach et al. 2017 [❌]).

Quatre articles ont montré qu’un régime végétalien comparé à un régime lacto-ovovégétarien était associé à une concentration sérique en vitamine B12 plus basse (Waldmann et al. 2004 [❌]; Obeid et al. 2002 [❓]; Majchrzak et al. 2006 [❓]; Li et al. 2000 [❌]). Trois articles n’ont pas montré cette différence (Bissoli et al. 2002 [✅]; Schüpbach et al. 2017 [❌]; Gallego-Narbon et al. 2019) [✅].

Un article a montré qu’un régime végétarien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une plus forte prévalence de basses concentrations (<45 pmol/L) sérique en holotranscobalamine (Mearns et Rush 2017 [❌]).

Un article a montré qu’un régime lacto-ovovégétarien comparé à un régime incluant de la chair animale était associé à une concentration sérique en holotranscobalamine plus basse (Herrmann et al. 2003 [✅] [11]). Deux articles n’ont pas montré cette différence (Miles et al. 2019 [❓]; Koebnick et al. 2004 [✅]).

Un article a montré qu’un régime végétalien comparé à un régime lacto-ovovégétarien était associé à une concentration sérique en holotranscobalamine plus faible (Herrmann et al.2003 [✅] [12]).

[1] Valeur normale de 73 à 271 nmol/L ; dans l'étude : personnes omnivores = 161 nmol/L (95 à 357), personnes végétariennes supplémentées = 230 nmol/L (120 à 1344), non-supplémentées = 368 nmol/L (141 à 2000). L'étude précise toutefois que "tous les utilisateurs de vitamines n'ont pas fourni de détails sur la dose et la fréquence d'utilisation des vitamines". [Herrmann et al. 2003]

[2] Même remarque sur l'usage des vitamines ; sinon, le taux de MMA est de 708 nmol/L (163 à 2651) avec supplémentation et de 779 nmol/L (222 à 3480) sans. Or, la valeur la plus basse pour le groupe supplémenté est largement en-dessous du taux maximum attendu (au-delà duquel c'est excessif), et la plus haute, énorme, est aussi possiblement à mettre en lien avec la concentration et probablement l'usage très variables de B12 chez ce même groupe (192 pmol/L, de 125 — en-dessous du seuil de carence de 145 — à 299). [Herrmann et al. 2003]

[3] Seul un résumé de l'étude est accessible librement, pas sûre de comment ou si toutes les personnes végéta*iennes de l'étude se supplémentaient, cependant le taux sérique de B12 rapporté en moyenne (171,2 pmol/L) reste supérieur au seuil de carence. [Bissoli et al. 2002]

[4] Même topo que Bissoli et al. pour l'accès, mais là pas de chiffres ; c'est aussi la plus ancienne étude de cette analyse, elle a 38 ans. [Helman et Darnton-Hill 1987]

[5] Sauf que dans le pdf téléchargeable sur la page de l'étude, on voit bien que toutes les personnes ne se supplémentaient pas. L'étude conclut même par "ces personnes gagneraient à se supplémenter" (autrement dit "c'est pas infaisable"). [Reddy et Sanders 1990]

[6] Vrai, mais le seuil suffisant est largement atteint sauf dans les valeurs minimales notamment sans supplémentation (avec, c'est vraiment au seuil). [Herrmann et al. 2003]

[7] Plusieurs choses :
  • 32,1% seulement des personnes se supplémentaient en B12 en plus de leur régime végétarien, et il semblerait que le dosage fût à l'initiative des participantes. Autre fait intéressant : 27.9% des consommatrices de viande à faible dose se supplémentaient aussi, et l'étude précise que "chez les végétariens ovo-lacto et les personnes consommant peu de viande, les principales sources de vitamine B12 alimentaire étaient le lait et les produits laitiers (74,2 % et 59,5 % de l'apport total en vitamine B12)", ce qui m'amène à croire qu'il y a eu une "foi" trop grande en ces produits pour assurer le plus gros de l'apport de B12 même avec supplémentation — probablement inadéquate. Il faut aussi prendre les œufs en compte, et le peu de viande pour le groupe qui en consommait mais peu n'a pas dû être d'une grande aide.
  • Le besoin, certes plus élevé en B12 lorsque l'on est enceint·e, n'est pas si dur à combler du moment que les doses sont respectées en tenant compte de l'absorbtion. En effet (et ça m'a grave appris), il est expliqué sur une publication de l’ONAV (relayée par le site du Service Public sante.fr) : la "quantité [à ingérer] moyenne quotidienne de l’ANSES (4 µg /j) risque d’être insuffisante car la fréquence des prises est très rarement pluriquotidienne (elle est généralement quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle), ce qui conduit à un niveau moyen d’absorption (par prise) qui est bien plus faible que celui retenu par les autorités sanitaires pour établir leur recommandation". 10 à 50 µg — moi je prends 25 µg qui est une dose classique sur le marché — permettent en une prise quotidienne d'atteindre un taux satisfaisant d'absorption selon l'ONAV, tandis que deux prises (quantité séquencée pas multipliée) permet d'atteindre 3 µg... soit de quoi combler les besoins des personnes enceintes et allaitantes, rien qu'avec les doses classiques du marché, pour peu qu'on les consomme en plusieurs prises. Mais bien sûr, toujours se faire accompagner par des pros.
  • Il est indiqué qu'"Au moment de cette étude [2004], aucune fortification alimentaire systématique n'avait été réalisée en Allemagne, à l'exception des jus enrichis en multivitamines" ; or, la B12 ajoutée à divers produits végétaux vient s'additionner aux compléments pour bon nombre de personnes désormais. [Koebnick et al. 2004]

[8] Mais il est indiqué que "Les végétaliens ont présenté des concentrations sériques plus faibles de vitamine B12 [...]. Cependant, après ajustement au nouveau seuil de signification statistique, seules les concentrations [d'éléments dont est exclue la B12] étaient significativement différents entre les groupes", et "la consommation de suppléments de vitamine B12, que 91 % des sujets végétaliens ont consommés, a maintenu leurs concentrations sériques de vitamine B12 dans les limites de référence." [Elorinne et al. 2016]

[9] Voir [2]. [Herrmann et al. 2003]

[10] Mais il est indiqué que "les végétaliens avaient des apports alimentaires inférieurs aux besoins moyens en riboflavine, vitamine B-12, vitamine D, calcium et sélénium. Les apports en calcium et en sélénium sont restés faibles même avec l'inclusion de compléments alimentaires.", les apports entre autres en B12 ne sont donc plus si faibles en cas de supplémentation. Quant à ceux qui restent, d'autres facteurs sont à prendre en compte comme ce qui est dit dès le début : "manque d'intérêt et de connaissances en matière de nutrition". [Larsson et Johansson 2002]

[11] Seulement 20% du groupe végétarien prenant une supplémentation — floue. De plus, présence d'écarts énormes (de 3 à 235 pmol/L), le seuil pour déterminer un taux faible étant en-dessous de 35 pmol/L. Pour le groupe végétarien non-supplémenté : 23 pmol/L (de 4 à 84). [Herrmann et al. 2003]

[12] Flou sur la supplémentation pour le groupe végétarien et pour le groupe végétalien — pour lequel une supplémentation inadéquate rend la comparaison trop inégale. [Herrmann et al. 2003]




"Bref". Je poursuivrai plus tard. :mrgreen: [Traduction = "Faut que je m'interdise de me replonger dans cet IS de sa grand-mère, tant que j'ai pas fait ma vaisselle, du ménage, mangé, bu, etc. Et que je respecte l'extinction des feux ce soir pour pas me retrouver encore avec un sommeil fracassé. :lol:]
Diagnostiquée hyperactive (TDAH mixte), autiste et anxieuse