Merci du partage. Par contre la page n'a eu de cesse de remonter toute seule jusqu'au premier point de l'étude, mais en maintenant un doigt sur l'écran du téléphone c'était OK.Hydrean a écrit : ↑mercredi 26 mars 2025 à 13:25https://www.universcience.fr/fr/esprit- ... rid-181386Le régime alimentaire des Français est différent selon l’âge, le lieu de vie et répond à des raisons éthiques ou médicales : 56% des sondés se décrivent comme « omnivores », mangeant de tout sans restriction, 22% sont « flexitariens », limitant leur consommation de viande et de poisson et 8% se déclarent végétariens (4%) ou végétaliens (4%). La part des omnivores est plus importante dans les zones rurales (62%), celle des flexitariens, végétariens ou végétaliens est plus importante dans les grandes villes (47%). Chez les 18-24 ans, 25% se déclarent végétariens ou végétaliens (contre 4% des plus de 35 ans).
Je pensais qu'il y avait plus de végétarien·nes que de végétalien·nes (je pensais aussi les second·es en moins grand nombre que 4% parmi la population générale). Et alors les 25% de végés chez les 18-24 ans, je ne l'aurais pas imaginé !
Le reste est intéressant aussi.

Flower a écrit : ↑mercredi 26 mars 2025 à 14:40 Je crois que mes poules pour le coup pensent que nous sommes leurs animaux de compagnie.L'autre jour, j'avais 4 poules qui faisaient leur sieste sur le seuil de la porte d'entrée ! (Elles ont 300m2 de jardin pourtant...)
En fait, quand je dis "un peu animal de compagnie", c'est plutôt dans le sens où les poules restent dans un lieu de vie un peu séparé (vu leur incapacité à contrôler certaines fonctions physiologiques) et ne vivent donc pas de la même façon avec nous qu'un chien ou un chat.

Oui, de ce point de vue là, les poules ne sont pas des animaux de compagnie "classiques", c'est important de rappeler qu'on ne prend pas des poules (encore moins UNE seule poule) en intérieur.
Je ne crois pas que ce soit vraiment dû à leur incapacité à se retenir de fienter (j'en ai déjà vues qui avaient accès à la maison mais je conçois bien qu'on ne veuille pas nettoyer constamment derrière et que l'accès en intérieur soit optionnel pour les poules) ; c'est plutôt qu'il s'agit d'une espèce rustique, et aux comportements pour lesquels il est compliqué de recréer les conditions idéales en l'absence d'un jardin.
C'est comme le cochon (pas pour la viande) : c'est un animal qui a besoin d'un lieu de vie au moins en partie en extérieur. Il peut être propre, mais ne saurait se contenter d'un mode de vie strictement en intérieur car il a des besoins particuliers à son espèce. [Edit - Au fait : à l'instar de la poule, le cochon ne s'adopte normalement pas seul, c'est un animal social qui a besoin d'au moins un partenaire de la même espèce.]
Mais du coup, là, il est juste question du lieu de vie. En soi le lieu de vie nécessaire à l'animal n'enlève rien au fait qu'il soit "de compagnie" (il vit peut-être plus de son côté, mais là "de compagnie" désigne plus le concept d'animal à qui on ne demande absolument rien, d'animal membre de la famille).
Pour reprendre l'exemple du cochon : il n'est pas un "animal de compagnie" au sens où on l'entend habituellement, mais on ne le prend pour absolument aucune utilité (et même il va potentiellement apporter des dégâts, même s'il a ce qu'il faut, et des dépenses importantes).
À première vue, la comparaison peut ne pas paraître équitable : les poules elles pondent (et entretiennent le jardin), le cochon il apporte rien (à part retourner le jardin

Donc si on adopte — responsablement — un cochon, on ne peut de toute façon rien attendre de lui, donc on ne peut pas comparer la démarche d'adoption entre les deux espèces... sauf que si, en fait. [Edit - Il y aurait bien une chose qui différencierait la démarche d'adoption de poules et de cochons : les poules de jardin proviennent souvent de la filière œuf et donc leur achat (à moins qu'il ne s'agisse d'un sauvetage ou de poules d'ornement) contribue à maintenir le statut des poules comme animaux "de production" (pas forcément dans la manière dont on va les traiter personnellement, mais dans la représentation globale que le monde humain se fait de ces animaux, que l'on cautionne par la demande). Les cochons "de compagnie", en revanche, ne sont pas les cochons élevés communément en Occident pour être mangés, on achète donc au sein d'un réseau complètement coupé de la filière porcine ; il faut tout de même faire attention à ce que l'élevage soit sérieux et ne surfe pas sur une tendance.]
Ce n'est pas parce que l'animal peut fournir ou non quelque chose, que cela doit impacter notre perception de ce dernier.
Poule ou cochon, chat ou poule, il n'est pas justifiable factuellement de les mettre à des niveaux (d'"exigence") différents. C'est justement notre vision spéciste (normée), qui nous fait classer les animaux en mode "poule = œufs et aide au jardin", "cochon = plus rien dès lors qu'on ne le mange pas (ou éventuellement compost ?

Et cette vision spéciste, c'est aussi, toujours, la mienne.
Je disais bien, sur la page précédente, qu'il m'était plus facile de voir (et sentir) des poulets rôtir tout près de moi, que de voir une dégustation de chat rôti (pourtant de très loin car via mon téléphone). Mais tout comme il m'est plus facile de voir un étal de poulets morts — entiers — que de chats, en photo ; ou de voir des poulets dans une cage attendant d'être abattus, que des chats. Je me base bien sur des scènes vues, que ce soit en direct ou par Internet, et mes ressentis sur le moment.
Et pourtant je sais qu'il n'y a pas de différence du point de vue de l'individualité animale.
Mais c'est comme ça que j'ai appris.
Si bien que même en refusant de consommer des poulets depuis maintenant plus de 3 ans (et pourtant j'aimais beaucoup), et même en ayant déconstruit (par exemple avant je voyais DU poulet et maintenant je vois UN poulet [désolée du cliché mais je vois un cadavre alors qu'avant oui je savais que c'en était un mais je voyais surtout de la nourriture]), je continue d'en avoir une perception, spontanée du moins, différente de celle que j'ai des chats. Ou des chiens.
Et je ne parle pas de tenir compte des différences entre les espèces (ça c'est primordial au contraire afin de répondre à leurs besoins spécifiques). Je parle bien de différencier, dans ce que je ressens sur le vif, des traitements qui leur sont infligés, lorsque ceux-ci sont pourtant identiques.
Parce que j'ai appris que "poulet = repas (être vivant mais qu'on élève pour le manger)" alors que "chat = membre de la famille".
Et ça reste.
Et ce, alors que je suis une bonne grosse végane antispéciste de merde. C'est dire combien c'est tenace ! Ceci dit, cela reste mon expérience, et elle pourrait évoluer. Après tout, je n'ai pas un si grand recul végé que ça. Si le forum existe toujours et moi aussi, je reviendrai vous dire ce qu'il en sera quand j'aurai l'âge d'AspiNono.

C'est vrai que c'est un comportement normal des poules, donc si elles ne le faisaient pas ce serait probablement signe que quelque chose ne va pas.Après, la "contrepartie" d'entretien de jardin est quelque chose qui résulte du comportement naturel des poules par exemple. Donc ce serait probablement pire pour elles si elles ne le faisaient pas. Pour moi, le truc est là plutôt: si je prends un animal pour répondre à un "besoin", mais que ce "besoin" correspond aussi au besoin de l'animal, je pense que non seulement ce n'est pas un problème, mais que c'est même mutuellement bénéfique. Il y a des personnes qui prennent un chien parce que ça les oblige d'aller se promener tous les jours, tout comme il y a des gens qui prennent des canards coureurs indiens parce qu'ils mangent les limaces. Je pense que c'est le genre de situations où l'animal ne sera pas malheureux de la "contrepartie" qu'on lui demande... (Quand on laisse les poules entrer dans le potager pour qu'elles aèrent un peu la terre, elles ne se font pas prier !)
En revanche, il y a un souci si l'animal doit s'adapter au "besoin" de l'humain. Le chien "pantouflard" qu'on traînerait en canicross ou encore pire, le chien très actif qu'on forcerait à passer sa journée sur le canapé...
Là oui il y a un bénéfice mutuel évident, et au final pour elles ça ne leur fait aucune différence.
Toutefois, un bénéfice mutuel n'empêche pas de percevoir l'animal comme "devant" une "contrepartie". Ça peut faire partie d'une adoption puis détention responsables. Ou des fois, les gens "ont du bol".
Par exemple, le chien qu'on prend dans l'idée cyno qua non de faire du sport avec, et coup de bol, on tombe sur le giga-sportif qui le reste toute sa vie sans jamais se blesser ; alors que, si ça n'avait pas été le cas...

Mieux vaut ne pas adopter dans un but précis, surtout lorsque cela est censé venir compenser quelque chose ; ce qui veut dire que la situation offre peu de souplesse, à la différence d'une situation comme la précédente, où le but de l'adoption n'est pas de compenser quoi que ce soit mais d'ajouter quelque chose de certes voulu mais d'optionnel, où il y aurait donc la possibilité de revoir ses plans sans sacrifier le bien-être de l'animal... mais à condition que la personne l'accepte.
Adopter un chien pour se forcer à aller se promener tous les jours, pour reprendre ton exemple, cela veut dire que de base on ne sort pas beaucoup et qu'au lieu de s'assurer (d'abord en solo) de pouvoir gérer (ensuite avec le futur chien), ou de renoncer en cas de doute, on adopte le chien pour qu'il vienne nous apporter une amélioration.
Est-ce que ça peut fonctionner et faire qu'humain comme chien soient heureux pour la vie ? Oui.
Mais, et si ça ne se passe pas comme prévu ? Si l'on a pas plus envie de sortir se promener tous les jours, une fois qu'on a le clébard à aller promener tous les jours ? Ou si ça nous passe, parce que ça n'est juste pas pour nous ?
Ici encore, il y aurait la possibilité de se forcer quand même, en supposant que le manque d'entrain n'aura aucune conséquence sur le chien et que ce soit tenable toute une vie... Mais sinon, plus réaliste hélas : chien qui soit a une vie de merde avec peu de sorties (donc chien peu défoulé mais aussi peu socialisé, or on sait ce que ça peut donner), soit finit abandonné parce que vous comprenez, il est malheureux le pauvre. Ou troisième option : piqué car il est devenu agressif ou a une santé pourrie. Ou quatrième : écrasé sur la route parce qu'il ne tient pas en place et fugue à la première occasion.
Te concernant, on est dans un contexte où c'est favorable mutuellement.
Là où ça pose problème, c'est lorsque les poules ne pondent plus et que ça n'est pas négociable pour les personnes (pour toi j'ai bien compris que c'était OK), ou qu'elles font trop de dégâts dans le jardin finalement/que leurs actions ne sont plus compatibles avec les projets pour le jardin, ou qu'une poule a des problèmes qui sans l'empêcher de vivre réduisent grandement ses capacités à entretenir les lieux, ou que les dépenses engendrées par les poules ne valent finalement plus leur service, etc.
Ce qui m'intéresse ici c'est le rapport profond, ancré, même quand ça se passe bien, à l'animal. On peut se demander par exemple :
Ferais-je tout mon possible pour lui, même s'il ne m'apportait plus les bénéfices attendus (peu probable ici car une poule picorera et grattera toujours le sol sauf anomalie), ou si la balance coût/"contrepartie" penchait trop côté coût ?
Est-ce que je vois mon animal comme une personne, et non comme un moyen (remplaçable/dispensable même si bien traité) ? Même une poule, poule qui s'achète pour une bouchée de pain (autrement dit "que certaines personnes remplacent un peu facilement et ne veulent pas soigner pour des centaines d'euros ni juste nourrir et loger sans avoir d'œufs en retour") ?
Est-ce que j'accepte que le bénéfice mutuel se change en absence de bénéfice, voire en malus, pour moi, si l'animal présentait des soucis (réels ou perçus), et d'y faire face ?
Est-ce que je serais susceptible de me dire "ça n'est qu'un [insérer l'espèce]" ?
Et bien sûr, il n'y a pas de mauvaises réponses, du moment que l'on reste dans le cadre strictement personnel qui n'engage que soi. Il y a par contre des réponses qui indiquent que prendre un animal, ce n'est pas pour soi (enfin ça le pourrait, jusqu'à ce qu'il y ait un bémol et que l'échange de bons procédés entre humain et animal se casse la gueule).
Et c'est pas grave ! Par contre, il est bon de le savoir.
Bon, et bien sûr bis, il faut aussi être en mesure d'assumer telle ou telle espèce (ou race). Par exemple moi, je pense que ma vision du chien (au sens individu) est compatible avec le fait d'en avoir un (au sens pour le meilleur et pour le pire), mais je ne serais absolument pas en mesure de m'en occuper convenablement. Je ne veux pas de chien, mais que j'en veuille un un jour n'y changera rien : ce n'est pas un animal auquel je corresponds — qu'importe la race/le type.
Cela me fait penser que dans cette vision de "l'échange de bons procédés" entre humain et animal, on oublie un peu vite que l'animal est à notre merci (donc vulnérable vis-à-vis de nous), et que dans le cadre d'une adoption, on est responsable de son animal (que l'on aurait pu très bien ne pas prendre sous sa responsabilité).
On oublie que l'animal existe pour lui-même, et pas pour nous, peu importe les "bonus" qu'on peut évidemment apprécier — le simple fait de partager sa vie en est un.
Peu importe qu'on le fasse naître d'une espèce, ou qu'on le place dans un environnement que l'on a créés et que l'on conceptualise toujours comme étant pour nous : ça reste un individu sentient et on ne peut lui faire subir les conséquences de nos décisions, prises de façon optionnelle.
Cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien décider pour les animaux, genre ne même plus avoir d'animaux "de compagnie".
En revanche, on peut au moins leur offrir une vie où ils n'auront qu'à être eux-mêmes et où leur seule fonction sera de faire partie de la famille. Alors ouais, c'est égoïste, mais cela n'a jamais été forcément une mauvaise chose : c'est aussi par désir égoïste que l'on a des enfants, et pourtant, il y en a — heureusement — qui sont accepté·es pour ce qu'iels sont, tout en venant aussi remplir cette envie égoïste, et ce tout au long de leur vie, de "je veux vivre avec des enfants et les garder dans ma vie, même s'iels s'éloignent une fois adultes"... et ce n'est pas pour autant que le rapport est égoïste. Et oui, selon l'autonomie de l'enfant, on va lui mettre des restrictions, pour sa sécurité et son apprentissage ; comme pour un chien, un chat, un poisson... à la différence que lui, il restera toute sa vie à un stade où on ne peut le laisser en autonomie, dans un monde dont il ne pourra jamais maîtriser les tenants et aboutissants. (Bon, il y a aussi beaucoup d'enfants qui n'ont pas la chance d'être accepté·es ou qu'on néglige, ou de rapports égoïstes, ou de parents qui ne choisissent pas vraiment de le devenir, ou encore de parents potentiel·les qui voudraient le devenir mais ne peuvent pas... Par contre là, on entre dans d'autres débats.)
Donc, à partir de là, on ne peut pas réellement poser de conditions, ni avoir en toile de fond cette vision de l'animal comme moyen de produire, que ce soit des produits ou des bénéfices.
C'est plutôt nous qui devons à l'animal. De faire jouer le grand pouvoir que nous avons sur lui, en sa faveur à lui...
Et cette réflexion vaut pour la cause animale dans sa globalité, pas juste pour les animaux que l'on a sous notre responsabilité directe... J'ai bien conscience que c'est s'attaquer à un très très gros morceau.