Houlala...Vaste sujet et épineux si il en est...Maël a deux frères, son aîné a 20 mois simplement de plus que lui et le plus jeune a deux ans et demi de moins.
Bien évidemment, même si je donne autant de temps aux deux autres, ils ne peuvent s'empêcher d'être "jaloux" de Maël , surtout l'aîné:(
Mon fils aîné m'a même dit, autrefois "comme je voudrais être autiste maman", voyant cela comme quelque chose d'extrêmement "gratifiant": Maël a su lire très tôt, les gens sont sans arrêt en train de le complimenter au moindre progrès de communication, sur son joli minois, sa gentillesse etc...J'ai beau lui expliquer qu'il a lui aussi des "avantages", comme aîné, et comme NT, même si c'est un enfant intelligent et sensible, qu'il est attendri par son petit frère autiste bien des fois, qu'il le trouve "drôle" et "gentil", il n'en reste pas moins un enfant qui partage les mêmes parents avec lui...(il faut dire que mon fils aîné est assez jaloux de tempérament, par ex. à six ans il me disait "si tu m'aimais vraiment, tu n'aurais pas du ressentir le besoin de faire d'autres enfants. C'est que je ne devais pas te suffire"

).
Il a parfois "honte" quand Maël fait des réflexions à voix haute dans les magasins, il est à bout de nerfs quand Maël lui demande dix fois de suite la même chose, jusqu'à obtenir une réponse, et cela même si le sujet ne l'intéresse pas du tout lui (d'autant qu'en général il lui pose des questions alors qu'il est plongé dans un livre ou en pleine bataille virtuelle sur le PC-prêt à dégommer le "boss"

-)... Il se sent parfois injustement grondé lorsqu'il a des réactions de colère après Maël, car inéluctablement celui-ci se jette par terre ou se met à pleurer...
Il est déchiré entre deux sentiments: l'amour véritable et la grande tendresse qu'il porte à son frère, et la jalousie (Maël "rate" l'école pour aller chez l'orthophoniste-quelle chance pour lui , se dit-il-

), dès que Maël pleure, il est consolé -jamais accusé de "comédie"-,Maël est allé au Québec avec papa et maman, etc etc...
Quant à son petit frère, c'est très différent: lui est vraiment un "booster" pour Maël. Il lui apprend à jouer à deux, même si il lui arrive de le faire volontairement "marcher" (quel plaisir d'arriver à "rouler" un grand, n'est ce pas?), il est moins dérangé par son autisme que l'aîné, surtout en public. Je pense qu'il comprend (paradoxalement, étant donné son jeune âge) beaucoup mieux les difficultés de Maël, d'ailleurs il a parfaitement intégré et intellectualisé ce qu'est l'autisme.
Il est moins "pris " sentimentalement que le grand. il faut dire que Maël et son frère aîné ont peu de différence d'âge, et petits on été un peu comme "jumeaux", jusqu'à partager la même poussette, les mêmes "pause biberon" (j'avais les deux sur mes genoux

) etc.
Ce n'est pas simple à gérer parfois.Mais malgré les chamailleries, je pense que cette expérience d'avoir un frère "différent" donnera une grande force et une belle ouverture d'esprit à mes enfants.
Emma.
Maman d'Elouan (asperger), 13 ans, Maël (autiste de haut niveau) 11 ans et Pierre-Marie, 9 ans.