1. je ne pouvais pas le remplacer par « détestez-vous les connards? » puisque le concept de connard implique déjà sa détestation. Au sens de Kant, si vous répondiez que vous détestez les connards quels qu’ils soient, ça ne serait pas pertinent, car ce serait un jugement analytique (le prédicat est déjà contenu dans le sujet, autrement dit on n'apprend rien de nouveau) alors que j’attends un jugement synthétique (le prédicat n'est pas dans le sujet, donc on apprend quelque chose). Par corollaire, cela signifie que je considère que le concept de non-autiste n'implique pas nécessairement qu'ils méritent d'être détestés (je suis vraiment très généreux

2. ma question est orientée autour du fait de vivre en tant que personne autiste dans une société très majoritairement non-autiste, qui impose unilatéralement son mode de fonctionnement aux autistes.
Je pose cette question, car j’ai dû mal à reconnaitre, accepter et exprimer ce sentiment de haine et de colère que j’éprouve. Lancer ce sujet est une étape pour le dépasser.
Enfin, je pose la question, car votre réponse m’intéresse, positive, négative ou les deux à la fois.
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Ma propre réponse : je les déteste, parce que je ne les comprends pas, ce qui fait que je les trouve souvent stupides, et qu’ils me font vivre dans l’exclusion.
Je les déteste quand je suis en colère.
Quand je ne le suis pas, il m’arrive d’en apprécier de très nombreux et chaque fois qu’un d’entre eux m’aide, je l’adore immédiatement. Tout ce qui m’arrive de positif m’apparait comme une sorte de miracle.
Mais la colère revient toujours, car c’est impossible de ne pas être confronté à eux à un moment ou à un autre, à eux et leur mode de fonctionnement qu’ils m’imposent en me désignant comme le problème.
Pour donner deux exemples :
1. Je les déteste, car ils refusent de me recruter pour un emploi alors que je serais capable de le tenir, mais pas avec leurs exigences sociales que ce soit au recrutement ou une fois en poste, alors que ces exigences me paraissent inutiles, ce qu’ils refusent de convenir.
2. Récemment, une relation avec un non-autiste s’est arrêtée, car j’ai probablement (hypothèse) pris trop au sérieux ce qui n’était pour lui qu’un jeu (parce que je croyais que c'est ce qu'il voulait)… qui lui-même avait lieu dans un contexte de jeu de séduction où on ne doit pas dire explicitement ce qu’on pense, ce qui favorise les malentendus et en même temps rend possible une phase d’approche. Je ne le déteste pas, mais je déteste que des malentendus se soient installés à cause de ce "jeu" de la séduction que j’essaie de jouer… mal visiblement. Je ne sais plus quoi faire sur le plan relationnel.
Je n’en peux plus des quiproquos et d’être incompris, de ne pas correspondre aux attentes alors que je veux juste faire quelque chose d'extrêmement simple (travailler, voir une personne).
Même s’ils disent ça des autistes, moi, je les trouve extrêmement compliqués et imprévisibles.
Dans la littérature scientifique, c’est toujours l’autiste le coupable. Je trouve que cette vision est biaisée par le fait que cette littérature est faite essentiellement par des non-autistes.
Par exemple, est-ce que les autistes ont un problème de compréhension littérale, ou est-ce que les non-autistes ne savent tout simplement pas s’exprimer clairement mais refusent de le reconnaître, parce qu’ils arrivent généralement à se comprendre entre eux malgré cette imprécision ?
Si je pose cette question, est-ce que je suis dans le déni de mon trouble ou est-ce que je propose avec pertinence un argument contre l’interprétation unilatérale des quiproquos autistes/non-autistes ?
On pourrait continuer avec de nombreuses caractéristiques de l’autisme.
Parfois, je songe à me défouler en faisant une vidéo sur les non-autistes. Ils méritent de prendre cher !

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En résumé : Est-ce que vous les détestez au sens est-ce qu’il vous arrive d’en détester ? De les détester tous même si c’est injuste, par colère ? Ou non ? Ou un autre sentiment vous domine-t-il ?
Est-ce que vous avez surmonté cette colère si vous l’avez connue ?
Comment vous faîtes pour vous intégrer à une société non-autiste et à intégrer les quiproquos/échecs relationnels que vous vivez parfois sans basculer dans la colère ?
La divulgation du diagnostic vous a-t-elle aidé à interagir avec la drôle d’espèce pas-en-voie-d’extinction des non-autistes ?
Est-ce que certains d'entre vous ont parfois l'impression que ce sont les non-autistes qui sont bizarres, et pas vous-mêmes ?
C’est à vous de parler !