Personne ne souffle, et pourtant c'est un instrument à vent. Vous pouvez fumer 5 paquets de Gitane Maïs par jour et être organiste, pas de problème.


Il faut une soufflerie voire plusieurs pour les plus gros instruments.
Les souffleries sont des turbines puissantes mues par des moteurs électriques. Sans un bruit. On entend juste l'air expiré quand on ne joue pas.
Quand on "allume" l'orgue, on entend un son qui ressemble à un décollage d'avion, mais après c'est silencieux.
L'air créé par les souffleries est plein de turbulences, il faut le stabiliser et le contenir dans des réservoirs, appelés soufflets. Pour les instruments anciens ce sont comme des soufflets pour cheminée, mais en plus gros. Ils sont souvent lestés d'un poids, pour que l'air soit à la bonne pression. (Pour les informaticiens, ces réservoirs jouent le rôle de buffer)
Une fois qu'on a un air stabilisé et suffisant et à la bonne pression, il est envoyé à l'orgue.
Les cornemuses, les binious utilisent la même technique de stockage, et d'envoi d'air aux corps sonores. Sauf que pour l'orgue, c'est une soufflerie et non le souffle du musicien qui remplit d'air le ou les réservoirs. Ce n'est pas la même échelle mais le principe est le même.
Après, l'air est envoyé aux bons tuyaux.
Cela se passe en 2 dimensions : Il faut envoyer le vent sur les bons jeux et les bonnes notes.
Les registres (qui sont responsables des sonorités), sont actionnés via des tirettes, ou des interrupteurs sur les instruments modernes. En gros, on ouvre une vanne pour que l'air aille dans ce jeu (ensemble de tuyaux de même sonorité)
Enfin, l'air est envoyé sur le ou les tuyaux de la note, actionnée par une touche d'un clavier. Chaque touche de chaque clavier actionne une soupape. Un trapèze de rouleaux appelé "abrégé" (un par clavier) fait la connexion entre chaque touche de chaque clavier et sa soupape correspondante. C'est pour prendre en compte la différence de largeur des claviers par rapport à la disposition des tuyaux du jeu, beaucoup plus large que celle du clavier.
Un Grand Orgue, c'est une maison de 3 étages remplie de tuyaux. C'est en milliers qu'on compte le nombre de tuyaux.
edit :
Les tuyaux que l'on voit en façade ne sont qu'une infime partie de l'ensemble des tuyaux de l'instrument. On appelle ça la montre. Parfois même ils ne sont pas fonctionnels, juste esthétiques. Pour décorer.
Vu que ça me passionne, j'ai encore beaucoup de choses à dire.
Au niveau facture, il y a deux types de tuyaux : en métal ou en bois.
Pour le métal, souvent c'est ce qu'on voit en montre, ils sont constitués d'étain et de plomb et de section circulaire. Oui ils sont mous ! Ils ont une sonorité plus cristalline que les jeux en bois. (Le principal, etc...)
Pour le bois, ils ont une section carrée, et ils ont un timbre plus doux. (La flute, etc...)
Mais on ne les distingue pas comme cela.
On considère qu'il y a trois familles de tuyaux : les fonds, les anches et les mutations. (peu-importe en quoi ils sont faits).
Les fonds servent de base à toute registration. Une registration est une combinaison de plusieurs jeux. (Plusieurs sonorités combinées). Ils jouent la note, et une seule note, qui est la fondamentale.
Pour les anches, c'est pareil, elles jouent la fondamentale (trompette, bombarde, etc...), sauf que les anches sont très puissantes. Le principe est de faire vibrer une languette métallique et non d'utiliser un biseau qui fait vibrer le vent. Les anches ont besoin de beaucoup de vent et d'une pression élevée. Elles sont idéales comme solistes.
Enfin, les mutations : elles jouent seulement des harmoniques. Donc impossible de les utiliser seules. Il y en a tout un tas : la tierce, le nasard, la mixture, la cymbale, etc. Parfois et souvent, elles sont constituées de plusieurs tuyaux par note (tous petits, leur taille se mesure en centimètres ou en pouces), mais très aigues. On parle de rangs. Et il y a des reprises, c'est à dire que c'est les mêmes notes dupliquées pour chaque octave.
J'ai fait le tour je crois.
Une anecdote : on joue aussi avec les pieds ! . Les orgues ont un pédalier de 30 à 32 notes exceptionnellement ! Donc les partitions d'orgues sont constituées de 3 portées. 2 pour les mains et une pour les pieds.
En général, les pieds jouent la basse. Mais il y a des exceptions ou le thème aigu du morceau est joué au pédalier, accouplé à un clavier. Pour des chorals par exemple.
Car on peut accoupler les claviers (accouplements) et le pédalier (tirasses). Cela veut dire qu'un clavier en actionne un autre, mais c'est toujours de bas en haut.
Le pédalier peut actionner n'importe quel clavier. Et un clavier peut actionner n'importe lequel des claviers supérieurs.