Au niveau de faire le tri dans tout ca, vu que mon cerveau fonctionne comme ca intuitivement et qu'avec mon psy c'est un sujet qu'on aborde régulièrement, je vais essayer d'explique comment je gère tout ca.
1. En version ascendante (construction) : je part de ma petite personne, de mon expérience et de mes particularités.
1.1. J'ai un profil cognitif particulier, dont le nom n'a pas d'importance mais qui est suffisamment spécifique pour que je prenne conscience rapidement que j'étais différent. Ce profil cognitif particulier ne m'a jamais vraiment poser de problème avec moi-même mais des difficultés avec les autres (pour le moment, dans le contexte, nommé ce profil n'a pas d'importance).
1.2. Au fil de ma vie, depuis l'enfance, j'ai accumulé différente expérience qui ont eu différents effets sur moi, et que j'ai intégré avec mon profil cognitif. J'ai développé une très forte névrotisé dès l'école et une forte anxiété. Cela a entrainer des difficultés pour moi dans la vie de tous les jours.
Dû a ces difficultés, mes parents et moi avons cherché comment réduire ce niveau d'anxiété et de nervosité. Je vous passe les détails et les expériences, mais ces solutions ont été trouvé sur le tas, sans réelle aide des professionnels, par un dialogue plus ou moins réussi avec mes parents et moi-même. J'ai fait énormément d'introspection, de compensation, de relativisation. Je pense, non je suis persuadé, que le HP m'a aidé dans ce contexte, me permettant d'intellectualisé plus facilement et de prendre plus facilement et conscience de liens entre des choses, des événements, des comportements et trouver des solutions. Bref, je me suis sur adapté. Au point de fuir mes propres émotions et de devenir très calculateur (réfléchir avant d'agir, comprendre avant de juger).
1.3. Tout ce processus m'a permis de me poser et d'avoir une vie à peu près correcte, et d'assurer ma survie de tous les jours. J'ai un toit sur ma tête, je ne dépend de personne, j'ai un travail, des moyens financiers, etc... bref au niveau de la vie de tous les jours j'ai pas à me plaindre, mais ca été un combat avec moi même pour y arriver. Et même si je peux/dois être content de tout ca, j'ai un arrière gout d'un énorme gâchis et je dois gérer ce ressenti.
1.4. Malgré ces réussites, la fuite de mes émotions m'a amener a un point de rupture il y a quelques années qui m'ont poussé à aller faire un véritable diagnostique, tout en me méfiant de moi même dans ce processus (voir ma présentation où j'explique tout ca). Je ne me suis jamais fait confiance au niveau intuitif et émotionnel. Je me repose énormément, trop, sur l'intellectualisation. Et je dois apprendre à lâcher prise. C'est ce travail que je fait actuellement avec le psy.
2. En version descendante maintenant (déconstruction) : je part du diagnostique et du dialogue avec le psy pour relire et donner du sens à ce que je viens d'exposer.
2.1. Je suis autiste Asperger, et l'une des particularité du trouble c'est ce qu'on a expliquer plus haut, les détails, l'accumulation d'information, l'organisation particulière de toutes ces informations, etc... Le diagnostique SA me permet de donner un nom à mon profil cognitif (Pt 1.1).
2.2. En considérant que le SA est une forme légère d'autisme, sans défiance intellectuelle, je pense que le SA en tant que tel n'est pas la cause de possible comorbidité comme l'anxiété ou la nervosité. Ces comorbidité viennent des difficultés que j'ai rencontré et sont lié à mon inadaptation à la société (Pt 1.2). Pour moi cela veut dire que je ne suis pas naturellement anxieux ou nerveux. Simplement qu'à force de subir, j'ai acquis ces aspects au niveau de ma psychologie.
2.3. Le SA est une forme d'autisme, il est d'un coté du TSA. Le TSA étant un spectre, on y trouve différentes formes, ca je le sais et j'en ai discuté avec le psy, donc je ne remet pas du tout en question cette vision des choses. Il est utile d'en avoir conscience et de tenir compte de cela. Mais pour ce qui m'intéresse, mon cas particulier, ce qui est essentiel ici c'est que je comprenne ce qui fait que je me trouve à cet endroit précis du spectre TSA (le SA), et non ailleurs. De plus je ne cherche pas comprendre tout le spectre. Je ne dis pas que c'est pas intéressant, mais actuellement ce qui est essentiel pour moi c'est de bien circonscrire le SA par rapport au TSA (Pt 1.4).
2.4 Ce que je viens d'expliquer et la manière de l'exposer (les 2 sections) me semble très "mécanique", très cartésien. Presque algorithmique. Et ca correspond à ce qu'on disait plus haut sur l'accumulation et l'organisation des informations. Je ne me force même pas à penser comme ca, c'est intuitif pour moi. Je le fait depuis que je suis enfant, ca fait partie des stratégies d'adaptations que j'ai mis en place et en plus ca me semble naturel. Je ne me force pas à penser comme ca.
2.5 Néanmoins je constate que cette manière de penser n'est pas typique dans l'autisme. En tout cas je ne la retrouve pas de manière systématique dans mes échanges ici. Ca me semble être un trait spécifique au SA. De plus j'ai toujours préféré une pensée de type informatique, comme si mon fonctionnement était plus proche d'un ordinateur qu'autre chose. Et l'un dans l'autre ca parait logique au vu du diagnostique d'autisme (forme SA) : difficulté avec l'implicite (Option Explicit, pour ceux qui connaissent Visual Basic), les sous-entendu, besoin de tout identifier (détail), organiser les choses (cloisonné, faire des liens). Ca explique aussi pourquoi je me concentre sur le SA pour le moment, j'ai besoin de bien comprendre les spécificités du SA pour pouvoir avancer (Pt 2.3). Parce que pour le moment cette vision de "spectre" brouille un peu les frontières entre SA et le reste du spectre pour moi. Et ca ca me met mal à l'aise. C'est d'ailleurs une des raison pourquoi j'ouvre ce sujet justement. La boucle est bouclée j'ai envie de dire, sans même en avoir eu l'intention consciente au départ de ce commentaire
Donc pour revenir à ma question, est-ce que je suis le seul à ne pas me reconnaitre dans tout le spectre du TSA ?