lulamae a écrit :Déjà, "être dans l'émotionnel" c'est par rapport à la perception de ce qu'est l'autisme ou le ressenti face à des remarques qui en apparence découragent de poursuivre le diagnostic ?
Rien à voir, c'est juste une manière de s'exprimer différente d'autres manières de s'exprimer.
Tous les autistes n'ont pas la même sensibilité ni imagination, on ne peut pas généraliser autant sur le comportement attendu d'un autiste envers l'information.
Ce n'est pas une question de généraliser ou pas mais juste de tenir compte de données cliniques scientifiquement avérées sur la structure psychique/cognitive particulière à l'autisme, qui se trouvent dans des pavés complexes et indigestes et certainement pas sur des blogs, des forums ou autres sources de ce type.
le forum asperansa n'a pas un calibre facebook, et je ne crois pas que la moitié des reproches sur cette attitude s'applique vraiment aux gens qui viennent s'inscrire ici.
Si je dis ça ici c'est certes parce que je ne fréquente pas du tout fb et consorts mais j'ai quand même mes raisons aussi.
Elinounette a écrit :Je ne sais pas si mon dossier a joué ou non mais ça montre en tout cas que certains praticiens sont plus au fait de l'autisme, surtout l'autisme au féminin.
Ce n'est pas qu'une histoire d'être ou pas "au fait de l'autisme", c'est aussi et surtout que les praticiens ne sont pas du tout d'accord entre eux sur les limites du spectre et sur l'application concrète des critères diagnostiques. Et il y a des diagnostics (CRA ou pas) qui n'ont à peu près aucune valeur pour le corps médical à cause d'expériences de terrain multiples allant toutes dans le même sens. C'est valable autant pour les confirmations que les infirmations de TSA. Je répète que c'est une question de contexte thérapeutique, et pour ceux qui envisagent un diagnostic sans aucun protocole de soins associé et qui veulent juste pouvoir claironner partout à leur boulot + vie privée qu'ils sont autistes je conseillerais de bien bien réfléchir. Si Josef Schovanec a parlé de suicide social au futur journaliste en alternance, il doit avoir ses raisons et on ne peut pas vraiment dire qu'il n'y connaisse rien ni que ce soit le dernier des idiots.
Autre chose qui m'interpelle parfois à ce sujet dans les témoignages ici, c'est l'impression que le professionnel qui s'y connaît et fait son boulot correctement est forcément celui qui valide le diagnostic. Celui-là tant qu'on ne l'a pas croisé ils sont tous nazes et incompétents, par contre délivrer le sésame est en soi un gage de compétence. Les faits prouvent parfois le contraire, c'est avéré et de notoriété publique. Et je me souviens de quelqu'un qui était très content d'avoir "enfin" trouvé le bon pro qui avait posé le diagnostic, sauf que ce pro avait assorti ça d'une énormité juste hallucinante. Sans parler des "spécialistes" qui utilisent la nomenclature officielle de façon tellement folklo que tu te demandes bien ce qui va arriver aux gens qui iront chercher des aides concrètes auprès d'organismes dédiés avec de tels éléments/dossiers.
Nicolas83 a écrit :Mais j'avoue que j'ai du mal à suivre le fil de ta pensée.
Je te rassure c'est un truc qui m'arrive très souvent aussi...
Je parlais juste de logique de raisonnement pour ce qui est de baser une ou des opinion(s) sans se soucier de l’échantillonnage, des lacunes de contexte, ni du caractère potentiellement très subjectif des infos de départ.
Pour être un peu plus pragmatique, je dirais que ce serait peut-être pas mal que les gens commencent à consulter au sujet de leurs soucis handicapants au quotidien et accumulent des éléments sans "coloration" ni orientation particulière pour ensuite seulement aller poser la question de l'autisme à des spécialistes du sujet. C'est un peu ce qui est préconisé d'ailleurs, et perso je trouve que tout le monde y gagne: la personne peut recevoir de l'aide plus vite, éventuellement lancer des procédures administratives sur la base des difficultés factuelles rencontrées de manière continue (pour les cas où c'est nécessaire); et les pros consultés pour la démarche diagnostique ont des 1ers retours cliniques avec éléments pertinents dès le départ au lieu d'avoir quelqu'un qui débarque en récitant des listes de symptômes. De plus, le patient a moins de chances de recevoir un accueil froid, mitigé ou pire s'il est déjà suivi par un pro qui à priori aurait réorienté la demande en cas de diagnostics manifestement plus probables/pertinents que l'autisme (à la lumière de ses observations). Il est toujours moins agaçant pour les psys de considérer une demande émanant d'un confrère que de subir la logorrhée du patient qui vient te pomper l'air avec "l'autisme de Sheldon" dans lequel il se reconnaît à bloc.
Ce n'est pas spécialement une histoire de "préserver" les psys mais globalement je trouve cette logique bien plus respectueuse de tous les camps concernés: autres patients comme professionnels.