Il dit qu'il va mal, alors il jette tout. Est-ce bien cela l'ascétisme ? Est-ce que cela va le faire aller mieux ? Ce n'est pas évident. Il s'agit de ne pas confondre vide et manque.
Que signifient les idéaux ascétiques ? Brandir un idéal, quel qu'il soit, c'est marquer au fer rouge tous les êtres qui ne correspondent pas à cet idéal et tous les êtres à qui cet idéal ne correspond pas. C'est une manière de créer des boucs émissaires. Pour éviter cet effet, je préfère m'inspirer d'un certain humanisme qui se met au-dessus de la mêlée entre matérialisme et anti-matérialisme, entre ascétisme et consumérisme. Tout être a des droits, quel que soit son vécu, quelles que soient ses caractéristiques.
Voilà pour la parenthèse philosophique.
"Je ne veux pas de relation ; j'ai trop à régler avec moi-même." Ben, je crois que pas mal de personnes autistes comprendront ce raisonnement.

Les interactions sociales, le langage non verbal, deviner les intentions d'autrui, tout cela n'est pas évident, automatique, chez les personnes autistes. C'est un effort continu, peu importe dans quelle mesure on a modélisé la communication, peu importe le nombre de paramètres qu'on a décidé de prendre en considération, peu importe l'expérience vécue.
Il est vrai qu'il faut d'abord commencer à s'occuper de soi-même (donc apprendre à se connaître soi-même ;
nosce te ipsum) avant de vouloir s'occuper d'autres personnes (voire de porter le poids du monde sur son dos). Il s'agit de d'abord apprendre à devenir autonome soi-même avant de vouloir aider les autres personnes à devenir autonomes. Vouloir faire l'inverse, c'est
mettre la charrue devant les bœufs.
Autrement, le besoin d'interactions sociales est variable d'une personne à l'autre. Je ne sais pas pour lui. Pour moi, il est relativement faible. Et j'en suis fort aise.
Pas facile, la relation entre une personne qui a besoin de peu d'interactions sociales [ou d'affection] (entre a et b) et une personne qui a besoin de plus d'interactions sociales [ou d'affection] (entre c et d). [0 < a < b < c < d Donc les intervalles [a;b] et [c;d] sont disjoints. Donc il y aura toujours un surplus d'un côté ou un manque de l'autre.] Il y a des personnes qui peuvent se contenter d'échange juste une fois par mois par quelques sms pendant que d'autres ont besoin de téléphoner plusieurs fois par semaine. Il y a des personnes qui arrivent à s'auto-motiver pendant que d'autres ont besoin qu'on les pousse, qu'on les accompagne, qu'on les motive. Il y a des personnes qui ont des difficultés à prendre des décisions rapidement, qui ont besoin d'un (long) temps de réflexion (considérer les différents paramètres, peser le pour et le contre selon chaque axe) pendant que d'autres sont plutôt à l'aise pour décider rapidement (voire ne peuvent pas envisager de perdre trop de temps à réfléchir).
S'il est vraiment décidé à vivre seul (et avec peu d'interactions sociales), je pense qu'il faudra respecter sa décision (peu importent les raisons).
Ne diabolisons pas le célibat.

Tu peux le laisser tranquille quelques temps et te changer les idées (lire des livres de mathématique, de langues, de philosophie, de cuisine, d'histoire, de musique, etc.

).
L'important, c'est qu'il s'entende avec lui-même. S'il veut se concentrer pour s'écouter lui-même, faudrait pas qu'il ait une deuxième personne à écouter en même temps. En général, les personnes autistes que je connais n'aiment pas être interrompues dans leurs activités à n'importe quelle heure. Quitte à être interrompues, ce serait, par exemple, "chaque samedi entre 09h00 et 10h00".

Même moi ai mis sur ma porte "Je ne veux pas être dérangé."

Un peu comme "Fermé" des magasins et des bistrots.

C'est comme dans le train : tapoter sur le clavier ou lire sur l'ordinateur portable tout en ayant les écouteurs sur les oreilles, c'est montrer mon indisponibilité - le droit à l'indisponibilité ! (À trop être disponible, sollicité, on risque
le syndrome d'épuisement. Et on sait que les interactions sociales vident vite les cuillères d'énergie des personnes autistes.)