Je ne vais pas me faire d'amis avec ceci :
Je ne suis pas choqué par les propos de Fillon. Bien plus choqué par son attitude, ses malversations et par ceux qui continuent de vouloir le suivre. Il a promis de se retirer s'il était mis en examen, et il ne le fait pas. Il ne tient pas ses promesses avant d'être élu, alors après les tiendra t-il ? Comment peut-on encore y croire ?
Cela ne m'a choqué de l'entendre parler d'autistes, pas dans ce sens, car il a juste utilisé une caractéristique (stéréotype) des autistes, somme toute vraie : des gens plutôt renfermés, difficilement accessible ....
Concernant les propos sur "les autistes" en général. Il est un constat : ce mot est devenu soit une insulte, soit un moyen de classer certaines personnes. Mon fils, ma fille vivent cela à l'école. C'est devenu un mot courant. Mon fils, ma fille ne fumant pas, ne se droguant pas et n'allant pas aux beuveries sont désigné comme "les autistes" de la classe avec les autres élèves, sérieux, travailleurs et plutôt bon.
Cela est ainsi depuis 5 ans déjà, à ma connaissance. Ca n'a pas changé en passant en prépa, et puis en école d'ingé : ceux qui ne suivent pas le groupe en soirée sont classés "autistes".
On ne peut rien contre cette dérive de langage, courante.
Il en est de même pour les trisomiques, les nains et plus encore Gilles de la Tourette, bi et même tetra.... Ce sont des pathologies ou caractéristiques utilisées comme insultes ou pour "classer" les élèves et même les adultes ensuite.
Qui n'a pas utilisé le mot "toc", "dépressif", "bi-polaire", "psycho-rigide" dans la vie courante ? Pour moi, dire à quelqu'un qu'il est dépressif pourrait être tout aussi grave que de le traiter d'autiste. Cela fait perdre à ces mots leur coté "pathologique" et nie la souffrance de ceux qui sont réellement dépressif, bi ou ont des tocs.
Je pense que les mots évoluent et bien des mots aujourd'hui sont devenus péjoratifs alors qu'ils étaient juste sans connotation ou lié à une véritable pathologie : nymphomanie, hystérie ....
Le mot autisme devient comme cela et on n'y pourra rien. C'est pour moi, une conséquence, un effet de bord : on en parle dans les médias, les gens commencent à savoir ce que cela veut dire.
Je ne sais pas ce qui pousse les gens à trouver de nouvelles insultes mais c'est ainsi depuis toujours.
Aucune association de trisomiques n'a pu empêcher à ce jour encore que les élèves se traitent ainsi entre eux. Les procès qu'ils ont tenus contre Timsit ou d'autres n'a servi à rien, et peut-être au contraire, juste montrer qu'ils n'ont pas d'autodérision et prennent les gens pour des cons.
Mais je pense que les gens ne sont pas idiots, que les ados ne le sont pas plus. Ils savent ce qu'est un "vrai" trisomique, un vrai autiste. Dans les écoles, je ne parle pas en maternelle ni au primaire, mais dès qu'ils ont une véritable conscience du monde, ils vont venir en aide aux personnes handicapés.
Si Fillon utilise ce mot "autisme", c'est que c'est déjà trop tard. C'est "remonté".
Alors faut-il faire comme avec certaines pathologies, changer leur nom ?
Faut-il comme certaines caractéristiques physiques changer l'appellation : nain=>personne de petite taille, ou noir => renoi ou black ....
Je ne sais pas si le politiquement correcte va nous aider. Si s'insurger autant contre ces propos ne va pas nous ridiculiser. Moi, perso, je ressens cela.
Je trouve qu'il faut arrêter avec ce politiquement correct, que la langue évolue, indépendamment des associations, des académiciens, des politiques ... Les mots parfois dévient de leur trajectoire. On n'y a jamais rien pu. Une fois lancé, on ne les arrête plus. Il suffit de voir ce que deviennent les mots anglais traduits en Français alors qu'ils sont déjà devenus courant.
Et même au contraire, les ados vont s'amuser à transgresser ces impositions.
Il faut avant tout éduquer et expliquer ce qu'est l'autisme. Les gens ne sont pas tous cons et peuvent comprendre et faire la différence entre un mot employé par "coutume" et habitude et une personne atteinte par la pathologie.
La nymphomanie est un réel handicape, être hystérique ou être schizo est sans conteste être malade (inscrit dans le DSM), la nanisme peut-être handicapant, la dépression est une véritable maladie mortelle, tout le monde le sait mais cela n'empêche les mots d'être utilisés autrement, parfois même par ceux qui en souffre. Cela s'appelle l'autodérision.
Quand on pourra se moquer d'un autiste, sans que cela ne soulève une polémique, on aura gagné, je pense. On sera devenu des gens comme tout le "monde", critiquables, imparfaits et avec une identité non-plus de malade mais d'Homme.
C'est mon avis. Et je suis diagnostiqué, j'en souffre.
Il y a bien des attitudes plus intolérables chez les politiques, et des mots plus choquant chez certains plus à droite encore ....
Il y a aussi des mots devenus péjoratifs qui reprenne un sens plus acceptable de jour en jour : raciste
Mais Fillon reste une tâche !
Diagnostiqué asperger avec anxiété sociale marquée par le CRA.