Le ménage me fait penser à ça...
Au mythe de Sisyphe. Le rocher représentant l'inéluctable, ce qui ne peut être évité mais surtout ce contre quoi nous ne pouvons lutter. Le ménage comme toute chose qui se déconstruit semble être le châtiment de ceux qui n'ont pas la force de reconstruire. Tôt ou tard, ils feront partie des gravats, se mêlant à la déconstruction, étant eux-même en déconstruction.
Mais parfois, une force vitale pourra s'emparer d'eux et une lutte s'engagera contre ce destin tragique et injuste car cela va bien au-delà du ménage, la déconstruction touche la vie-même. De cette lutte ils sortiront des décombres, possédés par une force nouvelle, une lutte contre l'immuable s'engagera. C'est triste certes, mais beau à la fois. Le combat est perdu d'avance, mais quelque en nous lutte, même si bien souvent nous abandonnerons, nous pliant à l'implacable exigence, cette force contre laquelle nous ne pouvons pas lutter. Cette force agit en continuité, tout le temps, sans lassitude, sans trêve et sans pause. Au fond, on sait que le combat est perdu d'avance, nous ne pourrons jamais gagner la victoire totalement, nous luttons contre une force qui ne connait pas la finitude, jamais nous ne pourrons poser définitivement le mot qui annonce la fin de cette entreprise, jamais. Alors, qu'est-ce qui nous engage dans ce combat ? Cette lutte insensée ? Pourquoi se battre encore quand les jeux sont faits depuis le début, depuis toujours ? Peut-être gagnerons-nous une bataille, de temps en temps, mais jamais nous ne gagnerons cette foutue guerre car l'ennemi est immortel, il ne connaît pas la faim, ni la soif, encore moins la fatigue, rien de tout cela, lui il continue son travail avec une constance qui nous fera, tôt ou tard plié. A la moindre baisse de régime, à la moindre chute, il nous écrasera toujours un peu plus de son poids, bientôt nous enveloppant de sa chape si lourde, celle du poids d'un destin contre lequel nous avons, depuis si longtemps, cessé de lutter.
Je me lance...
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