Autisme. Asperansa lance un relais local
Depuis 2005, l'association brestoise Asperansa soutient les familles d'autistes. Aujourd'hui, elle lance une antenne morlaisienne. Son but : aider et accompagner les familles, informer et former pour combattre la discrimination.
« Le jour où on m'a appris que j'étais atteint du syndrome d'Asperger, ça m'a fait une claque », témoigne Florian Lhenry, 26 ans. Il était alors âgé de 15 ans. Sa mère, Martine Labelle, souffle : « J'ai quand même été soulagée, car il y a enfin eu des mots pour définir ce qu'il avait ».
Le syndrome d'Asperger une forme d'autisme
Le syndrome d'Asperger est une forme d'autisme. « Il ne s'agit pas de déficience intellectuelle ou de problème de santé mentale », souligne Armel Urien, référent de la nouvelle antenne morlaisienne de l'association Asperansa*. En effet, ces troubles envahissants du développement sont d'origine neurobiochimique et associés à un problème génétique. Ils peuvent se manifester par des difficultés à comprendre et percevoir les conventions sociales. En revanche, les personnes atteintes maîtrisent très bien le langage et peuvent s'avérer très douées à l'école, par exemple. « Mon fils a été diagnostiqué à l'âge de 19 ans, souligne Armel Urien. C'est mon épouse qui, lors de sa reprise d'études en psychologie, a eu une intervention sur le sujet. C'est là qu'elle a compris. Aujourd'hui il suit une maîtrise d'histoire ».
Parcours du combattant
Désoeuvrement, incompréhension, culpabilisation, ces parents sont unanimes : le chemin pour arriver à un diagnostic est un parcours du combattant, d'autant plus que le syndrome d'Asperger est très complexe à détecter. C'est pour leur permettre d'échanger sur ces expériences, parfois douloureuses, que l'association Asperansa a été créée à Brest en 2005. Éric Lemonnier, pédopsychiatre au Centre de ressources autisme (CRA) Bretagne, à Brest, est un de ses fondateurs. Elle regroupe des parents d'enfants autistes et des autistes, souffrant de ce syndrome. Elle compte 90 adhérents.
Libérer la parole
« L'association est un lieu d'échanges, d'information, d'accompagnement et d'aide aux familles des autistes. Nous pouvons intervenir en milieu scolaire pour expliquer ce qu'est le syndrome d'Asperger. Nous agissons contre les discriminations », soulignent Armel Urien et Bénédicte Prigent-Guillo, les deux référents de l'antenne morlaisienne.
« L'autisme ça s'attrape ? »
Et il reste du travail pour informer sur ces comportements différents. Armel Urien reprend : « Il faut que ces enfants suivent une scolarité dans un milieu ordinaire. D'ailleurs, la loi du 11 février 2005 rend obligatoire la scolarisation des enfants, porteurs de handicap ». Il ajoute : « Il faut informer sur ce syndrome pour expliquer les raisons de ces comportements qui peuvent sembler inadaptés. Je me souviens d'une intervention dans une classe de troisième. Un élève m'a demandé si on pouvait attraper cette maladie ».
« Un combat de tous les jours »
De son côté Florian Lhenry, titulaire d'un BTS en horticulture, témoigne « Je ne me suis jamais senti différent. Ce sont les autres qui me le font ressentir ». À la recherche d'un emploi depuis un an, il conclut : « Pour moi, c'est un combat de tous les jours. Il faut se mettre un coup de pied aux fesses pour que ce ne soit pas le handicap qui gagne. Il y a des jours, c'est lui et d'autres, c'est moi ».
*Association pour la sensibilisation à la protection, l'éducation et la recherche sur l'autisme et, notamment, sur le syndrome d'Asperger.
Sterenn Duigou
Quels sont les symptômes de l'autisme ?
L'autisme est un trouble du développement qui concerne un enfant sur 150 et en moyenne une fille pour huit garçons. Dans une conférence donnée à Brest, en décembre 2012, le pédopsychiatre Éric Lemonnier, spécialiste de l'autisme, expliquait : « Le premier symptôme qui alerte se fait avant trois ans. Le diagnostic d'autisme se fait sur suffisamment de symptômes, comme l'absence de capacités de contact oculaire. L'enfant ne joue pas avec les autres. Il rit sans objet, ne partage pas les émotions des autres. Il ne cherche pas à partager ses plaisirs avec d'autres personnes. Il a un retard ou une absence totale de développement du langage, sans tentative de communiquer. Son usage du langage est stéréotypé et répétitif, absence du jeu de "faire semblant". Il a une préoccupation marquée par un ou plusieurs centres d'intérêt stéréotypés et restreints. Il a une adhésion apparemment compulsive à des habitudes ou à des rituels spécifiques non fonctionnels. Il développe des maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs comme les balancements. Il est préoccupé par certaines parties d'un objet ou par des éléments non fonctionnels ». Selon le pédopsychiatre, « L'autisme peut être typique ou atypique, le syndrome d'Asperger répond au critère d'autisme ». C'est une forme de la maladie qui concerne des enfants d'intelligence normale.
Un café-rencontre le 16 novembre
L'association Asperansa proposera un premier café-rencontre, destiné aux parents d'autistes, le samedi 16 novembre, à Saint-Martin-des-Champs, entre 13 h 30 et 18 h. D'ici là, il est possible de contacter les référents de l'antenne morlaisienne, Armel Urien et Bénédicte Prigent-Guillo : antenne de Morlaix, 1, allée des Lilas, 29.600 Saint-Martin-des-Champs. Tél. 02.98.88.60.78. Courriel :asperansa.morlaix@sfr.fr. Site internet et forum. asperansa.org

Audrey Piaux, vice-présidente d'Asperansa à Brest ; Bénédicte Prigent-Guillo et Armel Urien, les responsables de l'antenne morlaisienne, Florian Lhenry et sa mère Martine Labelle, adhérents de l'association (de gauche à droite)