freluc a écrit :Déjà, dire que tous les psychanalystes remettent la cause de l'autisme sur la mère est totalement faux à l'heure actuelle.
Tous, non "à l’heure actuelle" !
Par contre, dès que vous lisez un psychiatre ou psychanalyste qui écrit que la mère (ou un parent) n'est "pas coupable", "pas responsable" de l'autisme de son enfant : en fonction du contexte, cela veut dire qu'il estime qu'elle est
la cause, mais qu'il ne faut pas la culpabiliser (ce n'est pas volontaire, c'est son psychisme) et qu'il ne faut pas dire qu'elle est responsable (ben non, ce n'est qu'un pauvre parent) car cela empêcherait de nouer le lien thérapeutique. En effet, ce lien est à nouer avec les parents - pour l'enfant, voir à côté.
Malheureusement, il y a le discours public, et le discours dans les cénacles de professionnels ou dans les "réunions de synthèse" des équipes de psychiatrie.
N'allez pas chercher nécessairement la cause dans la psychanalyse : c'est une production spontanée du milieu soignant.
freluc a écrit :Il y a eu ensuite un reportage dans le débat qui a suivi le film et qui se déroulait en Belgique. On voyait des meilleures institutions mais on a oublié de dire que la psychanalyse n'a pas été "banni" dans ce pays et au contraire. On accepte des français autistes sur notre territoire (je dis "notre" car je suis belge) qui compte toujours des psychanalystes. Pourtant, l'autisme se porte toujours aussi mal qu'au début du XXè siècle en Belgique?
Si vous avez le SUSA - dont j'admire la compétence et le pragmatisme -, vous avez aussi une psychiatrie au rabais et des psychanalystes de même niveau que les nôtres : je suis rassuré.
Au début du XXème siècle ? Ce n'est pas chercher beaucoup trop loin, avant Beuler, Känner et Asperger ?
freluc a écrit :On rejette la faute sur la psychanalyse en France mais je crois que le vrai fautif, c'est le gouvernement. Dans cette "Cause Nationale", je pense qu'on recherche surtout l'argent, des méthodes rapides et uniques pour tous les autistes
Le gouvernement précédent a accepté de financer des méthodes dites expérimentales : 23 structures, 400 places. Pas franchement des méthodes rapides et moins chères : de l'ABA.
Certes, les méthodes actuelles des hôpitaux de jour coûtent beaucoup plus cher, mais surtout, elles sont incapables de montrer la moindre efficacité. Et, gouvernement ou pas, les personnes concernées voudraient bien que les structures auxquelles elles s'adressent servent à quelque chose.
A part çà, le label "grande cause nationale", ce n'est pas beaucoup d'argent, quelques passages radios et TV : et grâce à l'opiniâtreté des associations et des réseaux sociaux, plus d’informations.
A ne pas surestimer : par exemple, "Le Cerveau d'Hugo", qui est l’évènement marquant de cette année, était commandé par France 2 et préparé plus de 6 mois avant (vous pouvez voir les contacts sur le sujet dans le forum en juin 2011).
freluc a écrit :(on a par exemple, mais ce n'est pas cité dans le film, trouvé un possible médicament contre l'autisme mais c'est presque impossible dû à la complexité du spectre autistique).
L'équipe du "Cerveau d'Hugo" connaissait la recherche sur le bumétanide : elle est venue au CRA de Bretagne et elle a travaillé avec Nouchine Hadjikhani, à Lausanne, qui travaille également dessus et est la principale conseillère scientifique du film.
Le bumétanide n'est pas un médicament "contre l'autisme" : il facilite les interactions sociales - il agit donc sur le principal critère de l'autisme. Jusqu'à présent, je croyais hors de portée cette avancée scientifique. Mais je constate tous les jours autour de moi les effets positifs : mais je ne crois pas ce que je vois, je préfère que cela soit prouvé. En effet, même si je vois des effets positifs, je ne peux savoir si çà ne provient pas d'une autre cause, d'un puissant effet placebo .. ou d’une illusion d'optique.
Si les autistes sont très divers, il y a des points communs qui pourront expliquer un jour le fonctionnement. Peut-être. Ou peut-être pas.