Bref, à un moment donné, l'un d'eux a sortit de but en blanc : "je lui laisse le choix dans la date".
Phrase qui m'a paru anodine quoique un peu inattendue car nettement moins vulgaire, trouvais-je, par rapport au ton dominant de leur conversation jusque là. Ce qui sur le moment a d'ailleurs failli me soulager car leur surenchère de vulgarités commencait quelque peu à me fatiguer.
Sauf que là ils se mettent tous à rigoler de plus belle, tandis que j'entends ma collègue du bureau voisin leur lancer un : "roooh, mais vous êtes horriiibles" sur un ton mi-blasé, mi-catastrophé.
J'ai passé les dix minutes suivantes à me demander pourquoi elle réagissait comme ça pour une phrase aussi anodine. Et pourquoi les autres s'étaient tous marrés..., pour rien... !?
Dix minutes à tourner tout ça dans ma p'tite tête :
Bon, alors... Il lui laisse donc choisir la date... Ookaay, la date d'un éventuel RDV... de travail donc..., une réunion de travail à venir...?, Ookk..., simple et logique tout ça, puisqu'on est au travail, et qu'il s'agit d'une cliente, bon-on... Y'a rien d'horrible dans tout ça... Vraiment ! Qu'est-ce qu'il pourrait y avoir d'horrible ?!... Et puis j'ai pas mal focalisé sur le choix du mot "dans". Je trouvais que ça rendait la phrase un peu bancale tout de même. Le "choix DE la date" m'aurait mieux convenu...
Et puis bon, en supposant que ce soit une manière de dire : "c'est quand elle veut pour un RDV à deux"... histoire de cadrer un peu avec leurs grivoiseries du départ... Dans ce cas "Horrible", c'est un peu exagéré tout de même, non...?!
Et ça tourne, et ça tourne, et puis j'en ai marre et je lâche l'affaire...
Quelques secondes s'écoulent... Et c'est là que tout à coup : wouf, le choc !! Le sens de toute cette scène me saute soudainement aux yeux tandis que dans le même temps, je ne parviens pas à retenir un cri (un peu retenu tout de même) tant je me laisse cueillir d'effroi et à froid (même après dix minutes à m'interroger).
Je ne parviens pas plus à retenir ces mots : "Ah non mais c'est pas vrai !? Ah naan !! Mais c'est horrIIIIble... !!!", qui sortent tout seuls, tandis que je me tourne vers le bureau de ma collègue que je regarde et qui maintenant me regarde.
Tout en me fixant, elle lève son index vers sa tempe et lui fait faire deux/trois moulinets agrémentés d'un simple : "ah ça y'est, t'as compris ?!"
Et puis ce sont maintenant les autres qui se tournent vers moi et qui se marrent. Bien plus fiers de leur grivoiserie que réellement moqueurs à mon encontre, en tout cas c'est comme ça que je l'interprète ou du moins c'est la seule interprétation que je décide de valider.
Et de toute façon après ça je sais pas car c'est à ce moment là que je me suis réfugié dans ma "coquille mentale" pour un bon moment...
Voilà, c'était juste pour partager un nouveau moment de solitude...
Mais qu'est-ce que je me suis senti bêêête, du haut de mes 132 de QI !! A manger du foin !! Ca sert vraiment à rien...!! Qu'est-ce que ce serait si j'étais à 160... ?


Mais pourquoi suis-je comme ça ? Mon humour à moi, il est tout pourri. Il ne fait marrer que moi...
lls ont tellement l'air de bien se marrer ensemble tout de même !
Et puis cette complicité qu'ils partagent si naturellement sans même en mesurer la valeur, tandis que moi, elle m'échappe autant qu'elle me fascine... 🥴