Je n'ai pas compris ceci:
Saduoc35 a écrit :Lire qu'une femme bourgeoise est dominée par un ouvrier...
Bientôt, la reine d'Angleterre sera plus opprimée qu'un clochard homme...
Ça m'a l'air plein d'implicites que je n'arrive pas entièrement à saisir. Mais passons.
Manichéenne a écrit :A mon avis, c'est pas comme ça qu'on arrive à l'égalité et à la compréhension mutuelle.
Je suis d'accord sur le fait qu'il ne faille pas drastiquement séparer les hommes des femmes. Mais je ne pense pas que l'égalité repose nécessairement sur une homogénéité, ni une parfaite compréhension. Accepter que l'autre est différent, que des choses nous échappent, mais que sa différence ne présuppose pas de hiérarchisation, le considérer comme un être humain avant tout, ça me semble plus réaliste. Ça impose l'humilité. Penser pouvoir s'approprier entièrement ce que l'autre est, par intellectualisation plus que réellement, ça conduit plus facilement à l'erreur de jugement, tout comme à un manque d'objectivité. Ça évite de parler au nom de. Ça évite d'estimer qu'une souffrance et le combat dédié est légitime, ou non. 'Fin, selon moi.
Tout ça pour dire que ça me fait penser à un débat que j'ai eu récemment avec une membre d'une association féministe:
Que pensez vous de la mixité dans les associations féministes?
Cette membre en question avait décidé avec les autres membres de refuser l'accès aux hommes, notamment du fait qu'il existait des groupes de parole destinés aux femmes violentées, et qu'elles n'imaginaient pas qu'un homme puisse s'y trouver. Ça rejoint aussi un peu le débat plus haut, à savoir, la compréhension versus la non compréhension des femmes du fait que l'on soit homme. C'est une problématique qui me semble récurrente dans les associations et les groupes féministes de façon générale.
Personnellement, je suis pour la mixité. Je pense comprendre que certaines personnes voient en horreur le féminisme, puisqu'on arrive facilement à basculer dans le sexisme par aigreur. Je pense qu'il était nécessaire auparavant d'une révolte radicale, mais qu'aujourd'hui, il me semble, il faudrait davantage incorporer les hommes dans ce type de structure. Ne serait-ce que parce qu'avant, on ne reconnaissait pas que la femme puisse ne pas être inférieure à l'homme, alors qu'aujourd'hui, la question me semble plus nuancée.
Donc déjà, pour donner de la crédibilité au fait que les féministes ne sont pas contre les hommes, mais bien pour des droits égaux entre femmes ET hommes. Rapatrier tous les genres sous un combat commun, qui transcendent la question des femmes à une échelle plus grande, parce qu'il me semble qu'on ne peut malgré tout pas demander à ce que les femmes puissent jouir de droits égaux sans que l'on ne demande que les hommes aussi. Ça me semble intrinsèque. Les hommes sont peut être minoritaires dans certaines statistiques (les violences conjugales, par exemple), pour autant, je ne vois pas pourquoi on les différencierait. Il y a toujours le sexisme qui pose problème dans les deux cas, même si dans les faits, la cause et les conséquences y sont différentes. Il me semble qu'on peut très bien comprendre qu'il existe une réelle différence dans cette violence et les conséquences du sexisme dans les deux cas, et je ne vois pas pourquoi parler des hommes aussi réduiraient ce constat. Au contraire, ça apporterait une meilleure compréhension. Et dernièrement, si on se pose la question du genre, quid des transsexuels qui souhaitent agréer à ce type de structure?
La seule "difficulté" que je pourrais y voir, c'est que des conditionnements bien ancrés amènent les hommes à prendre davantage place que des femmes, et que soit réinstaurer un mode homme > femme, ou que des femmes aient la sensation que les hommes prennent le pouvoir même "sous leur toit". Mais il me semble que c'est le cœur du combat et qu'il faudra bien s'accorder un jour dessus, et, les hommes qui veulent y adhérer ne sont pas ceux qui ont les plus mauvaises intentions... normalement.
Diagnostiquée avec un TSA léger (anciennement Asperger) par un CRA.