Bien sûr. Il suffit de prendre connaissance de toutes les informations contenues dans ce sujet.MissPiouPiou a écrit : ↑samedi 3 décembre 2022 à 12:01Vous pensez vraiment que il y a des personnes autistes délinquantes ?
Délinquance et autisme
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Re: Délinquance et autisme
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
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Re: Délinquance et autisme
ladepeche.fr 4 janvier 2023
Ariège : autiste et psychotique, il avait agressé sexuellement une fillette de 11 ans à Pamiers
J-O.B.
l'essentiel Psychotique et victime d’une forme d’autisme, un jeune homme de 21 ans échappe à la prison après avoir agressé sexuellement une fillette de 11 ans, cet été à Pamiers.
Il fait très beau et très chaud, en ce 31 juillet 2022 à Pamiers, un beau jour pour profiter des vacances en allant flâner sur une brocante. C’est là qu’Emilien* engage la conversation avec Lilou* et sa mère, qu’il connaît de vue. Que se passe-t-il alors dans la tête du jeune homme de 21 ans ? Nul ne le sait vraiment, mais il entraîne la jeune fille derrière une scène, lui demande de s’asseoir sur ses genoux et, malgré son refus, l’embrasse deux fois sur la bouche et lui caresse la poitrine par-dessus ses vêtements. Des faits d’agression sexuelle qui lui valent de comparaître le 3 janvier devant le tribunal de Foix.
Devant la cour, le jeune homme n’en mène pas large. Approchant de la barre, il se retourne pour indiquer d’un geste à son père à quel point il a peur.
Un prévenu confus et égaré
Interrogé, essoufflé d’émotion, tendu comme un arc, sa voix se brise, les larmes perlent, à tel point que la présidente Sun Yung Lazare lui demande s’il ne souhaite pas s’asseoir le temps de reprendre ses esprits. Il refuse, préférant d’entrée présenter ses excuses à sa jeune victime et à sa mère, toutes les deux présentes.
Mais lorsqu’on lui demande les raisons de son acte, rien : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, c’est venu comme ça dans ma tête », souffle Emilien. « Pourquoi vous vous êtes mis derrière la scène ? insiste la présidente – Je ne sais pas vous dire. – Mais vous y pensiez ? – Non, je n’y pensais pas. – Qu’est-ce que vous vouliez faire, alors ? – « Je ne sais pas, je voulais faire un tour avec elle. »
Une confusion qui n’a rien d’étonnant : sous tutelle et placé dans un foyer occupationnel où il suit des stages de cuisine depuis 4 mois, Emilien est suivi depuis de longues années pour troubles mentaux. L’expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de l’enquête énumère ainsi une déficience mentale légère, un caractère psychotique, une conscience partielle de ses actes, une psychose infantile et un discernement altéré.
Appelé à la barre, son père explique qu’Emilien a été victime d’une souffrance fœtale, avec pour conséquence une forme d’autisme et une hyperactivité. Mais c’est afin que son fils prenne conscience de son acte qu’il a lui-même insisté auprès de la famille de Lilou pour qu’elle porte plainte. « Il en a pris conscience a posteriori, quand il a été au commissariat, indique-t-il. Aujourd’hui il est angoissé, il est inquiet de la peine qui va être prononcée à son égard. J’espère que ça contribuera à l’empêcher de recommencer. Mais je ne suis pas dans sa tête… »
« C’est un bébé, elle joue encore à la poupée »
La mère de Lilou, elle, dresse un tableau terrible des conséquences de cette rencontre dramatique : une jeune fille qui n’ose plus sortir, terrorisée par les hommes au point de lui dire qu’elle ne veut plus être avec un homme de toute sa vie, qu’elle veut être avec des filles, « c’est plus gentil ». Une mère partagée entre la détresse et la colère, qui assure que le prévenu était en érection et avait très bien ce qu’il allait faire. « Elle a 11 ans mais dans sa tête elle a 5-6 ans, c’est un bébé, elle joue encore à la poupée. » À ses côtés, recroquevillée sur son siège, Lilou serre un poupon dans ses bras.
« Une affaire douloureuse » pour Me Baby, avocat de la partie civile, qui souligne la nécessité d’une « forme de compréhension », mais également « un préjudice encore plus important ». À ses yeux, seule la sanction permettra la conscience et la responsabilité, « la sanction fait partie du traitement. »
Notant de son côté « une forme d’anticipation » et une intentionnalité, le ministère public requiert contre Emilien 10 à 12 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, une obligation de soins, une interdiction d’entrer en contact avec la victime et l’obligation d’indemniser le préjudice subi.
Des arguments que conteste la défense, relevant qu’Emilien est « incapable d’élaboration », que ses progrès lui ont permis d’arrêter le traitement médicamenteux qu’il prenait au profit d’un suivi psychologique, insistant pour finir sur l’attitude responsable d’un entourage qui l’encadre et le soutient depuis toujours.
Sensible à la demande d’une sanction « adaptée à son état et à sa situation », la cour évite la prison à Emilien. Celui-ci fera l’objet d’un suivi sociojudiciaire pendant deux ans, avec obligation de réparer le préjudice subi, et une inscription au fichier des délinquants sexuels.
Ariège : autiste et psychotique, il avait agressé sexuellement une fillette de 11 ans à Pamiers
J-O.B.
l'essentiel Psychotique et victime d’une forme d’autisme, un jeune homme de 21 ans échappe à la prison après avoir agressé sexuellement une fillette de 11 ans, cet été à Pamiers.
Il fait très beau et très chaud, en ce 31 juillet 2022 à Pamiers, un beau jour pour profiter des vacances en allant flâner sur une brocante. C’est là qu’Emilien* engage la conversation avec Lilou* et sa mère, qu’il connaît de vue. Que se passe-t-il alors dans la tête du jeune homme de 21 ans ? Nul ne le sait vraiment, mais il entraîne la jeune fille derrière une scène, lui demande de s’asseoir sur ses genoux et, malgré son refus, l’embrasse deux fois sur la bouche et lui caresse la poitrine par-dessus ses vêtements. Des faits d’agression sexuelle qui lui valent de comparaître le 3 janvier devant le tribunal de Foix.
Devant la cour, le jeune homme n’en mène pas large. Approchant de la barre, il se retourne pour indiquer d’un geste à son père à quel point il a peur.
Un prévenu confus et égaré
Interrogé, essoufflé d’émotion, tendu comme un arc, sa voix se brise, les larmes perlent, à tel point que la présidente Sun Yung Lazare lui demande s’il ne souhaite pas s’asseoir le temps de reprendre ses esprits. Il refuse, préférant d’entrée présenter ses excuses à sa jeune victime et à sa mère, toutes les deux présentes.
Mais lorsqu’on lui demande les raisons de son acte, rien : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, c’est venu comme ça dans ma tête », souffle Emilien. « Pourquoi vous vous êtes mis derrière la scène ? insiste la présidente – Je ne sais pas vous dire. – Mais vous y pensiez ? – Non, je n’y pensais pas. – Qu’est-ce que vous vouliez faire, alors ? – « Je ne sais pas, je voulais faire un tour avec elle. »
Une confusion qui n’a rien d’étonnant : sous tutelle et placé dans un foyer occupationnel où il suit des stages de cuisine depuis 4 mois, Emilien est suivi depuis de longues années pour troubles mentaux. L’expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de l’enquête énumère ainsi une déficience mentale légère, un caractère psychotique, une conscience partielle de ses actes, une psychose infantile et un discernement altéré.
Appelé à la barre, son père explique qu’Emilien a été victime d’une souffrance fœtale, avec pour conséquence une forme d’autisme et une hyperactivité. Mais c’est afin que son fils prenne conscience de son acte qu’il a lui-même insisté auprès de la famille de Lilou pour qu’elle porte plainte. « Il en a pris conscience a posteriori, quand il a été au commissariat, indique-t-il. Aujourd’hui il est angoissé, il est inquiet de la peine qui va être prononcée à son égard. J’espère que ça contribuera à l’empêcher de recommencer. Mais je ne suis pas dans sa tête… »
« C’est un bébé, elle joue encore à la poupée »
La mère de Lilou, elle, dresse un tableau terrible des conséquences de cette rencontre dramatique : une jeune fille qui n’ose plus sortir, terrorisée par les hommes au point de lui dire qu’elle ne veut plus être avec un homme de toute sa vie, qu’elle veut être avec des filles, « c’est plus gentil ». Une mère partagée entre la détresse et la colère, qui assure que le prévenu était en érection et avait très bien ce qu’il allait faire. « Elle a 11 ans mais dans sa tête elle a 5-6 ans, c’est un bébé, elle joue encore à la poupée. » À ses côtés, recroquevillée sur son siège, Lilou serre un poupon dans ses bras.
« Une affaire douloureuse » pour Me Baby, avocat de la partie civile, qui souligne la nécessité d’une « forme de compréhension », mais également « un préjudice encore plus important ». À ses yeux, seule la sanction permettra la conscience et la responsabilité, « la sanction fait partie du traitement. »
Notant de son côté « une forme d’anticipation » et une intentionnalité, le ministère public requiert contre Emilien 10 à 12 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, une obligation de soins, une interdiction d’entrer en contact avec la victime et l’obligation d’indemniser le préjudice subi.
Des arguments que conteste la défense, relevant qu’Emilien est « incapable d’élaboration », que ses progrès lui ont permis d’arrêter le traitement médicamenteux qu’il prenait au profit d’un suivi psychologique, insistant pour finir sur l’attitude responsable d’un entourage qui l’encadre et le soutient depuis toujours.
Sensible à la demande d’une sanction « adaptée à son état et à sa situation », la cour évite la prison à Emilien. Celui-ci fera l’objet d’un suivi sociojudiciaire pendant deux ans, avec obligation de réparer le préjudice subi, et une inscription au fichier des délinquants sexuels.
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Re: Délinquance et autisme
20min.ch
Prison pour mineurs secouée par le sort réservé à un autiste
Jérôme Faas
Publié 23 janvier 2023, 07:52
La sanction infligée à un jeune fait réagir au sein du Centre de détention et d’observation de la Clairière. Le Canton et un médecin répondent.
Genève manque de structures d’accueil pour ce type de cas.
Le cas d’un jeune autiste secoue actuellement la Clairière. Le Centre de détention et d’observation pour mineurs, faute de structures spécialisées à Genève, accueille de plus en plus d’adolescents souffrant de graves troubles psychiques. Or, plusieurs intervenants jugent la prison inadaptée pour ce genre de profils. Ainsi, fin décembre et début janvier, un garçon qui bénéficie de permissions chez ses parents a fugué à deux reprises lorsque son père le ramenait à Satigny. Les deux fois, il a vite été retrouvé, puis a été sanctionné par la direction: 48 heures de confinement en cellule avec sursis assorties de tâche de nettoyage dans le premier cas, 25 heures sans sursis dans le second.
La question de la maltraitance
Ces sanctions mettent mal à l’aise certains collaborateurs. Ils s’interrogent sur leur sens, l’adolescent affichant de graves lacunes de compréhension. Il est ainsi décrit comme ne faisant pas de mal à une mouche, mais peinant à répondre aux questions qu’on lui pose, les répétant comme un perroquet. L’autisme de ce jeune le conduirait aussi à être terrorisé par le bruit et l’agitation. Un vrai problème vu la population qui l’entoure, agitée et bruyante. Educateurs et gardiens se sentiraient démunis face à ce type de pathologie.
«Dans une institution avec des règles, celles-ci ne peuvent pas être à géométrie variable. Il faut de l’équité. Mais le problème, c’est que ces règles et l’institution elle-même ne sont pas adaptées pour cet adolescent» avance-t-on. Dès lors, certains doutent: ce placement et l’isolement infligé qui en découle s’apparentent-ils à de la maltraitance?
Les explications du médecin
Le docteur Patrick Heller, médecin adjoint et responsable de l’Unité de psychiatrie pénitentiaire, sans s’exprimer sur le cas particulier, conteste toute maltraitance. Pour ce type de profil, «l’isolement est plutôt une prise en charge individuelle, le jeune n’est pas oublié dans un coin». Par ailleurs, il explique que les sanctions (qui sont du ressort de la direction pénitentiaire, pas du médical) sont individualisées. «L’équité n’implique pas forcément l’égalité.» Enfin, «lors d’un retour de fugue, les mineurs sont évalués». Si une sanction est appliquée, «il y a un suivi médical». Il précise à ce titre que depuis juillet, l’équipe médico-psychologique a été renforcée et que des infirmiers se trouvent sur site sept jours sur sept, de 7h à 21 h. Mais «si on a l’impression qu’un jeune est inapte à comprendre, que son état psychique est altéré ou qu’il est en crise aiguë, on doit parfois l’hospitaliser».
Pénurie de lieux adaptés
D’une manière générale, Patrick Heller indique que la plupart des jeunes présents à la Clairière sont passés par l’hôpital, mais n’ont pas vocation à y rester, celui-ci étant centré sur «la gestion des crises», et non du suivi stationnaire. Il précise par ailleurs qu’en effet, le canton manque de structures post-observation pour les profils mentaux sévères. «Cela ne date pas d’aujourd’hui. A 80%, les jeunes présents à la Clairière souffrent de troubles psychologiques et sont passés par diverses institutions qui ne veulent plus ou ne peuvent plus les accueillir.» Il estime néanmoins que le personnel de la Clairière est très compétent, «et n’a pas d’équivalent pour faire face à des situations aussi complexes». Enfin, il note que l’établissement ne peut refuser un jeune, la décision de placement étant du ressort de la justice.
Balle renvoyée aux juges
L’Office cantonal de la détention (OCD), via son porte-parole Laurent Forestier, explique qu’à la Clairière, l’application des sanctions implique que le mineur soit entendu. Il s’agit notamment qu’il puisse «faire valoir son appréciation de l’enjeu». Son audition par la direction permet aussi «de vérifier son état d’esprit et sa capacité à se déterminer. Le moindre indice qui ferait état d’une incapacité de discernement serait considéré comme nécessitant une évaluation médicale d’urgence, pour déterminer le bien-fondé d’une sanction.» L’OCD précise que l’absence de discernement exclut «toute sanction privative ou restrictive de contacts ou d’activités communautaires». Quant à savoir si le placement d’un jeune allergique au bruit à la Clairière est adéquat et si, in fine, la pénurie de lieux adaptés à certains profils ne génère des situations de maltraitance, l’OCD estime qu’il ne lui appartient pas de se prononcer, dès lors que «le placement des mineurs relève des autorités judiciaires», et que la Clairière a l’obligation de s’y plier.
Des mois de crise
La Clairière affronte une situation de crise depuis plusieurs mois. Le personnel éducatif est notamment à bout. les éducateurs du secteur «observation» ont ainsi fait grève durant trois jours entre novembre et décembre. Minés par les absences et donc le sous-effectif, ils s’opposent à un horaire prévoyant des plages de onze heures de travail, au lieu de huit. Les grévistes jugent cette durée trop longue en raison de la charge émotionnelle qu’ils subissent, alors qu’ils sont confrontés à de plus en plus de violence, qu’ils doivent accueillir davantage de mineurs souffrants de troubles psychologiques, sans compter la problématique particulière des mineurs non-accompagnés. Le Département de la sécurité a refusé d’entrer en matière.
Prison pour mineurs secouée par le sort réservé à un autiste
Jérôme Faas
Publié 23 janvier 2023, 07:52
La sanction infligée à un jeune fait réagir au sein du Centre de détention et d’observation de la Clairière. Le Canton et un médecin répondent.
Genève manque de structures d’accueil pour ce type de cas.
Le cas d’un jeune autiste secoue actuellement la Clairière. Le Centre de détention et d’observation pour mineurs, faute de structures spécialisées à Genève, accueille de plus en plus d’adolescents souffrant de graves troubles psychiques. Or, plusieurs intervenants jugent la prison inadaptée pour ce genre de profils. Ainsi, fin décembre et début janvier, un garçon qui bénéficie de permissions chez ses parents a fugué à deux reprises lorsque son père le ramenait à Satigny. Les deux fois, il a vite été retrouvé, puis a été sanctionné par la direction: 48 heures de confinement en cellule avec sursis assorties de tâche de nettoyage dans le premier cas, 25 heures sans sursis dans le second.
La question de la maltraitance
Ces sanctions mettent mal à l’aise certains collaborateurs. Ils s’interrogent sur leur sens, l’adolescent affichant de graves lacunes de compréhension. Il est ainsi décrit comme ne faisant pas de mal à une mouche, mais peinant à répondre aux questions qu’on lui pose, les répétant comme un perroquet. L’autisme de ce jeune le conduirait aussi à être terrorisé par le bruit et l’agitation. Un vrai problème vu la population qui l’entoure, agitée et bruyante. Educateurs et gardiens se sentiraient démunis face à ce type de pathologie.
«Dans une institution avec des règles, celles-ci ne peuvent pas être à géométrie variable. Il faut de l’équité. Mais le problème, c’est que ces règles et l’institution elle-même ne sont pas adaptées pour cet adolescent» avance-t-on. Dès lors, certains doutent: ce placement et l’isolement infligé qui en découle s’apparentent-ils à de la maltraitance?
Les explications du médecin
Le docteur Patrick Heller, médecin adjoint et responsable de l’Unité de psychiatrie pénitentiaire, sans s’exprimer sur le cas particulier, conteste toute maltraitance. Pour ce type de profil, «l’isolement est plutôt une prise en charge individuelle, le jeune n’est pas oublié dans un coin». Par ailleurs, il explique que les sanctions (qui sont du ressort de la direction pénitentiaire, pas du médical) sont individualisées. «L’équité n’implique pas forcément l’égalité.» Enfin, «lors d’un retour de fugue, les mineurs sont évalués». Si une sanction est appliquée, «il y a un suivi médical». Il précise à ce titre que depuis juillet, l’équipe médico-psychologique a été renforcée et que des infirmiers se trouvent sur site sept jours sur sept, de 7h à 21 h. Mais «si on a l’impression qu’un jeune est inapte à comprendre, que son état psychique est altéré ou qu’il est en crise aiguë, on doit parfois l’hospitaliser».
Pénurie de lieux adaptés
D’une manière générale, Patrick Heller indique que la plupart des jeunes présents à la Clairière sont passés par l’hôpital, mais n’ont pas vocation à y rester, celui-ci étant centré sur «la gestion des crises», et non du suivi stationnaire. Il précise par ailleurs qu’en effet, le canton manque de structures post-observation pour les profils mentaux sévères. «Cela ne date pas d’aujourd’hui. A 80%, les jeunes présents à la Clairière souffrent de troubles psychologiques et sont passés par diverses institutions qui ne veulent plus ou ne peuvent plus les accueillir.» Il estime néanmoins que le personnel de la Clairière est très compétent, «et n’a pas d’équivalent pour faire face à des situations aussi complexes». Enfin, il note que l’établissement ne peut refuser un jeune, la décision de placement étant du ressort de la justice.
Balle renvoyée aux juges
L’Office cantonal de la détention (OCD), via son porte-parole Laurent Forestier, explique qu’à la Clairière, l’application des sanctions implique que le mineur soit entendu. Il s’agit notamment qu’il puisse «faire valoir son appréciation de l’enjeu». Son audition par la direction permet aussi «de vérifier son état d’esprit et sa capacité à se déterminer. Le moindre indice qui ferait état d’une incapacité de discernement serait considéré comme nécessitant une évaluation médicale d’urgence, pour déterminer le bien-fondé d’une sanction.» L’OCD précise que l’absence de discernement exclut «toute sanction privative ou restrictive de contacts ou d’activités communautaires». Quant à savoir si le placement d’un jeune allergique au bruit à la Clairière est adéquat et si, in fine, la pénurie de lieux adaptés à certains profils ne génère des situations de maltraitance, l’OCD estime qu’il ne lui appartient pas de se prononcer, dès lors que «le placement des mineurs relève des autorités judiciaires», et que la Clairière a l’obligation de s’y plier.
Des mois de crise
La Clairière affronte une situation de crise depuis plusieurs mois. Le personnel éducatif est notamment à bout. les éducateurs du secteur «observation» ont ainsi fait grève durant trois jours entre novembre et décembre. Minés par les absences et donc le sous-effectif, ils s’opposent à un horaire prévoyant des plages de onze heures de travail, au lieu de huit. Les grévistes jugent cette durée trop longue en raison de la charge émotionnelle qu’ils subissent, alors qu’ils sont confrontés à de plus en plus de violence, qu’ils doivent accueillir davantage de mineurs souffrants de troubles psychologiques, sans compter la problématique particulière des mineurs non-accompagnés. Le Département de la sécurité a refusé d’entrer en matière.
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Re: Délinquance et autisme
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).
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Re: Délinquance et autisme
C'est bouleversant... je comprends bien son désarroi et dans quel état il devait être à force de supporter ces nuisances, le fait que les autres voisins ne se plaignent pas, que ses plaintes restaient sans réponses ou mal considérées... il a fait une grave erreur en prenant ce couteau pour aller sonner chez le voisin.
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Re: Délinquance et autisme
Suite de viewtopic.php?p=424253#p424253
" Le deuxième prévenu, souffrant d’autisme, est quant à lui déclaré irresponsable pénalement."
Et voilà l'aspie impliqué dans une grande escroquerie :
https://www.tf1info.fr/justice-faits-di ... 49291.html
Irresponsable pénalement ?
" Le deuxième prévenu, souffrant d’autisme, est quant à lui déclaré irresponsable pénalement."
Et voilà l'aspie impliqué dans une grande escroquerie :
https://www.tf1info.fr/justice-faits-di ... 49291.html
Irresponsable pénalement ?
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Re: Délinquance et autisme
Jean a écrit : ↑mardi 9 mai 2023 à 14:59 Suite de viewtopic.php?p=424253#p424253
" Le deuxième prévenu, souffrant d’autisme, est quant à lui déclaré irresponsable pénalement."
Et voilà l'aspie impliqué dans une grande escroquerie :
https://www.tf1info.fr/justice-faits-di ... 49291.html
Irresponsable pénalement ?
J’ai bien ri.Lors de sa garde à vue, l'aîné des deux frères a tenté d'expliquer, selon le commissaire, qu'il était un pirate "white hat" (un hacker éthique qui défend citoyens et entreprises) et qu'il avait voulu négocier une rémunération auprès de la société américaine pour la découverte d'une faille de leur système de vérification. Au final, sur les 9,5 millions de dollars dérobés, sept millions sont bloqués dans l'univers virtuel des cryptomonnaies et sont "hors de portée de tout le monde" et 2,5 millions ont été récupérés par Platypus.

Le hack en question expliqué pour les newbie’s.
Un thread intéressant sur le déroulé de l’identification du hacker.
Copie d’écran de son en-tête Twitter
(Apparemment un adepte des chaînes de Ponzi…)
Pour les plus téméraires :
Attacking the DeFi Ecosystem with Flash Loans for Fun and Profit
Spoiler alert :
Ce type d’attaques n’est pas prêt de s’arrêter.

Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
ASD (DSM-5)
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ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα. Σωκράτης
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Re: Délinquance et autisme
Spoiler :
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Re: Délinquance et autisme
lemanbleu.ch
Yverdon: jeune autiste au tribunal pour l'assassinat de son frère
ATS Keystone
Un jeune homme atteint d'autisme a comparu mercredi au tribunal d'Yverdon (VD) pour l'assassinat de son frère. Au coeur du drame figurent une perte totale de repères durant le confinement et une surconsommation de jeux vidéo et séries télé.
Alors complètement déboussolé, débordé par ses émotions, le jeune Vaudois s'en était pris à son frère cadet, lui aussi atteint d'autisme, une après-midi d'avril 2020. Il l'avait conduit dans une forêt près d'Yverdon, où il l'avait frappé à coups de hache avant de lui bouter le feu.
Le Ministère public a requis six ans de prison, une peine qui n'a pas été contestée par les avocats des parents et du prévenu. Tous ont convenu 'des circonstances très particulières' de cette affaire et de la nécessité de prendre en charge, en institution fermée, cet homme d'une vingtaine d'années.
Yverdon: jeune autiste au tribunal pour l'assassinat de son frère
ATS Keystone
Un jeune homme atteint d'autisme a comparu mercredi au tribunal d'Yverdon (VD) pour l'assassinat de son frère. Au coeur du drame figurent une perte totale de repères durant le confinement et une surconsommation de jeux vidéo et séries télé.
Alors complètement déboussolé, débordé par ses émotions, le jeune Vaudois s'en était pris à son frère cadet, lui aussi atteint d'autisme, une après-midi d'avril 2020. Il l'avait conduit dans une forêt près d'Yverdon, où il l'avait frappé à coups de hache avant de lui bouter le feu.
Le Ministère public a requis six ans de prison, une peine qui n'a pas été contestée par les avocats des parents et du prévenu. Tous ont convenu 'des circonstances très particulières' de cette affaire et de la nécessité de prendre en charge, en institution fermée, cet homme d'une vingtaine d'années.
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Re: Délinquance et autisme
Il ne manquerait plus qu'il soit fan de Coran pour que CNews en parle pendant 15 jours.
Policiers attaqués par un individu armé de sabres à Vitry : fan de manga, autiste schizophrène... Ce que l'on sait du suspect de 17 ans
CNEWS
Décrit comme «déséquilibré» par le parquet, le suspect souffrirait de schizophrénie, d’autisme, et serait «en rupture de traitement».
Publié le 17/02/2025 à 16:15
Un homme armé de deux sabres a été neutralisé dimanche à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) par la police après les avoir menacés. Le suspect, un adolescent de 17 ans, souffrirait de «schizophrénie».
Un profil inquiétant. Le suspect, neutralisé par un policier à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) dimanche 16 février, est un adolescent de 17 ans.
Grièvement blessé par balle, un agent des forces de l’ordre avait été contraint de lui tirer dessus alors que le jeune homme tentait d’attaquer plusieurs policiers à l’aide de deux sabres. Il a été touché au torse et au bras.
Rapidement hospitalisé, son pronostic vital ne serait plus engagé, selon les informations de nos confrères du Parisien.
Né à Vitry, l’adolescent serait fan de manga, et serait sorti de chez lui déambulant torse nu avec deux sabres à la suite d’une dispute avec sa mère.
Décrit comme «déséquilibré» par le parquet de Créteil, le suspect souffrirait de schizophrénie, d’autisme, et serait «en rupture de traitement».
Une enquête ouverte
Pour rappel, les faits se sont produits en pleine rue hier vers 17h40, après qu'un équipage des forces de l’ordre a répondu à un appel d’un autre policier qui n’était alors pas en service, décrivant un individu avec «un sabre dans chaque main».
A la vue des policiers, l’adolescent s’était alors mis à «menacer directement» les forces de l’ordre, refusant de «poser ses armes», avait appris CNEWS auprès de la police.
La piste terroriste n’est pas envisagée, d’après le ministère public, mais une enquête a été ouverte pour «tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique». Elle a été confiée à la police judiciaire.
Policiers attaqués par un individu armé de sabres à Vitry : fan de manga, autiste schizophrène... Ce que l'on sait du suspect de 17 ans
CNEWS
Décrit comme «déséquilibré» par le parquet, le suspect souffrirait de schizophrénie, d’autisme, et serait «en rupture de traitement».
Publié le 17/02/2025 à 16:15
Un homme armé de deux sabres a été neutralisé dimanche à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) par la police après les avoir menacés. Le suspect, un adolescent de 17 ans, souffrirait de «schizophrénie».
Un profil inquiétant. Le suspect, neutralisé par un policier à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) dimanche 16 février, est un adolescent de 17 ans.
Grièvement blessé par balle, un agent des forces de l’ordre avait été contraint de lui tirer dessus alors que le jeune homme tentait d’attaquer plusieurs policiers à l’aide de deux sabres. Il a été touché au torse et au bras.
Rapidement hospitalisé, son pronostic vital ne serait plus engagé, selon les informations de nos confrères du Parisien.
Né à Vitry, l’adolescent serait fan de manga, et serait sorti de chez lui déambulant torse nu avec deux sabres à la suite d’une dispute avec sa mère.
Décrit comme «déséquilibré» par le parquet de Créteil, le suspect souffrirait de schizophrénie, d’autisme, et serait «en rupture de traitement».
Une enquête ouverte
Pour rappel, les faits se sont produits en pleine rue hier vers 17h40, après qu'un équipage des forces de l’ordre a répondu à un appel d’un autre policier qui n’était alors pas en service, décrivant un individu avec «un sabre dans chaque main».
A la vue des policiers, l’adolescent s’était alors mis à «menacer directement» les forces de l’ordre, refusant de «poser ses armes», avait appris CNEWS auprès de la police.
La piste terroriste n’est pas envisagée, d’après le ministère public, mais une enquête a été ouverte pour «tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique». Elle a été confiée à la police judiciaire.
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
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Re: Délinquance et autisme
de.fr
Début du procès de Valentin, 15 ans au moment des faits, qui a tué ses parents et mis le feu à leur maison en Isère
Pascale Robert-Diard
Le procès de Valentin, qui avait 15 ans quand il a tué ses parents et mis le feu à leur maison familiale de Châteauvilain, en 2023, s’ouvre mardi 11 mars. Les experts ont conclu à une altération de son discernement au moment des faits.
Un garçon de 15 ans est en garde à vue, samedi 2 décembre 2023. Cinq jours plus tôt, il a tué sa mère – deux balles dans la tête – puis son père – trois balles dans la tête –, a tiré sur le chien et mis le feu à la maison familiale avant de s’enfuir. Tout a brûlé. « Souhaitez-vous nous faire une déclaration spontanée ? », lui demande le gendarme.
« Oui, répond-il. L’idée m’est venue mercredi. J’ai fait une tentative. J’ai essayé, mais je n’ai pas réussi. J’ai réessayé dimanche. Ce qui s’est passé, c’est qu’à partir de 22 heures j’ai passé la nuit à réfléchir et à tourner en rond. Vers 4 heures et demie, 5 heures, je me suis habillé avec une cagoule et j’ai pris la carabine de mon père. Puis je suis allé dans l’escalier qui mène à la chambre de mes parents. J’ai passé quarante-cinq minutes, ou peut-être plus d’une heure, dans l’escalier, à monter marche par marche. A me poser des questions sur ce que je devais faire. Puis je me suis arrêté vers les dernières marches, en me posant toujours plus de questions sur ce que je devais faire.
Puis ma mère a ouvert la porte de sa chambre. Comme elle m’avait vu et que je n’avais pas moyen de faire demi-tour, j’ai tiré. Ma mère est tombée au sol. Mon père s’est réveillé. J’ai monté les dernières marches et je lui ai tiré dessus. [Mention du gendarme : le garçon pleure.] Je suis redescendu, j’ai fait mes affaires comme j’ai pu. Je suis allé chercher un bidon d’essence. Ensuite, j’ai tué le chien parce qu’il faisait trop de bruit. Et puis, je suis monté d’abord dans l’atelier de ma mère. J’ai mis le feu à un endroit où il y avait du bois. Je suis descendu d’un étage, j’ai mis le feu dans ma chambre. Ensuite, je suis retourné là où mes parents étaient et j’ai vidé le reste de l’essence sur eux et j’ai mis le feu. Ensuite, j’ai pris le sac que j’avais préparé et je l’ai mis dans la voiture. J’ai conduit sans savoir où j’allais. »
Maladie de Lyme
Le procès du double parricide de Valentin s’ouvre, mardi 11 mars, à Bourgoin-Jallieu (Isère). En raison de son âge au moment des faits, l’adolescent comparaît devant le tribunal pour enfants et non devant la cour d’assises des mineurs (réservée aux accusés âgés de 16 à 18 ans.) Trois jours à huis clos pour plonger dans la courte, si courte biographie d’un fils meurtrier.
Son père, Didier, 58 ans, était ingénieur et ancien champion national de tennis de table. Sa mère, Isabelle, 52 ans, sociologue de formation, s’était reconvertie dans la restauration de meubles. Ensemble, ils avaient retapé une vieille grange à Châteauvilain, un petit village du Nord-Isère, pour accueillir leur famille recomposée, les deux filles d’Isabelle et les deux garçons nés de leur union.
Valentin est le benjamin. Ses deux grandes demi-sœurs avaient quitté la maison quelques années plus tôt ; son frère, de deux ans son aîné, venait juste d’entreprendre des études supérieures à Lyon. Les filles appelaient leur mère plusieurs fois par semaine, s’entendaient très bien avec Didier, qui les avait en partie élevées ; le fils aîné revenait régulièrement voir ses parents le week-end.
Valentin a toujours occupé une place à part dans la fratrie. A l’âge de 8 ans, on lui aurait diagnostiqué la maladie de Lyme, dont souffraient aussi sa mère et son frère aîné. Dès lors, tous ses troubles physiologiques et comportementaux – douleurs articulaires, problèmes de mobilité, de sommeil, de concentration, intolérances alimentaires, isolement social, repli sur lui-même – ont été mis sur le compte de cette maladie. Il ne termine pas son CE2, commence puis abandonne le CM1, puis le CM2. A la maison, son père assure les leçons de maths, sa mère celles de français et d’histoire.
Trouble du spectre de l’autisme
A partir de la 6e, Valentin est inscrit au Centre national d’enseignement à distance (CNED), prend des cours particuliers d’anglais et d’espagnol, redouble, avance cahin-caha jusqu’à la 3e, et ne se rend au collège que pour passer son brevet, qu’il réussit. Pendant toutes ces années, sa mère, convaincue que la maladie de Lyme est mal connue et mal soignée, cherche des solutions tous azimuts pour son fils. Elle s’adresse à un naturopathe en Alsace, le fait hospitaliser quelques jours dans une clinique en Allemagne, puis quelques semaines en Espagne.
De nouvelles hospitalisations, à Grenoble et à Lyon, posent un autre diagnostic : Valentin serait atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Le psychiatre consulté semble s’inquiéter de sa prise en charge familiale. Un soutien du service d’éducation spéciale et de soins à domicile est mis en place, avec une éducatrice, une psychologue et une psychomotricienne.
Valentin le vit très mal, en fait le reproche à ses parents. Ceux-ci ont-ils admis la réalité du trouble psychique de leur fils ? Ou l’explication de la maladie de Lyme a-t-elle continué à être pudiquement posée par la famille comme un voile opaque sur les « bizarreries » du petit dernier, sa passion pour le feu et les couteaux, ses nuits sans sommeil et ses accès de colère qui épuisaient sa mère ?
« Mettre fin à mes souffrances »
Dimanche 26 novembre 2023 en fin d’après-midi, après avoir passé le week-end en famille, son frère aîné reprend le train pour rejoindre son studio d’étudiant à Lyon. Il a trouvé son cadet plutôt souriant, moins enfermé « dans sa bulle » ou rivé à son ordinateur et à ses jeux vidéo que d’habitude. Valentin a déjà arrêté sa décision de tuer ses parents. Il a d’abord envisagé de les assommer avant de les poignarder, mais il ne s’en est finalement pas senti capable.
Le jeudi, il est allé récupérer la carabine 22 long rifle de son père dans l’armoire de la chambre conjugale, l’a chargée de neuf cartouches, plus une dans le canon, et l’a cachée dans sa propre chambre. Il avait déjà tiré une ou deux fois avec, toujours en compagnie de son père, mais avait surtout appris son maniement sur Internet. Le reste de la semaine, dit-il, il a « vécu normalement ». « Et j’ai décidé que j’allais le faire dimanche. »
« Si j’ai fait ça, c’est dans l’idée d’effacer toute ma vie d’avant, de prendre un nouveau départ pour essayer d’aller mieux. Je n’ai pas tué mes parents par haine. Ni pour une autre raison, a-t-il précisé. Je pensais que… Je ne sais pas en fait. A la base, je voulais me tuer pour mettre fin à mes souffrances. Puis je m’étais dit, quitte à ruiner ma vie, d’essayer de faire quelque chose pour aller mieux. Et c’est là que m’est venue l’idée d’abandonner mon identité et tout ce que j’étais avant. »
L’idée de la cagoule, trouvée dans le tiroir d’une commode au milieu des bonnets, c’était parce qu’il ne voulait pas que « la dernière chose que [ses] parents voient avant de mourir soit leur fils en train de tirer ». Les tirs sur le chien, c’était « parce qu’il se mettait beaucoup à aboyer et [qu’il] avai[t] peur que ça alerte ». Et la destruction par le feu, parce que « la maison, c’était un point important dans son identité ».
Fausse identité
Valentin avait ensuite pris la voiture – il avait un peu appris à conduire avec son père dans l’impasse qui menait à la maison : « je sais passer les vitesses, mettre le clignotant et je connais bien le code de la route » –, roulé jusqu’à un premier village où il avait heurté un trottoir et crevé un pneu. Il avait alors abandonné le véhicule, marché jusqu’à la gare la plus proche et acheté un billet de train pour Marseille. « J’avais des connaissances là-bas, des personnes rencontrées sur Internet. » Un garçon et une fille qu’il n’avait jamais vus et avec lesquels il échangeait sur la plateforme de messagerie Discord.
Au père du garçon qui l’avait accueilli à Marseille, il s’était présenté sous une fausse identité, prétendant être âgé de 18 ans, avoir perdu ses deux parents deux ans auparavant et s’être enfui pour échapper à un tuteur alcoolique et toxicomane. Pendant ce temps, son frère et ses deux demi-sœurs affrontaient le pire. La vue de la maison familiale détruite par les flammes. La découverte des corps carbonisés de leurs parents à l’intérieur. L’origine criminelle de leur mort. L’absence puis la disparition suspecte de leur cadet.
Découvrant l’appel à témoins lancé par la gendarmerie, le père de famille qui avait hébergé l’adolescent une nuit le reconnaissait sur la photo et donnait l’alerte. Valentin avait confié à son fils qu’il envisageait de se rendre en bus en Espagne, via Montpellier puis Perpignan, et lui avait laissé un sac contenant sa collection de couteaux. A l’arrivée du FlixBus dans la gare de Montpellier, le 2 décembre 2023 en fin de matinée, les gendarmes l’attendaient.
Symptômes psychotiques
Aux enquêteurs qui lui demandaient comment il se sentait dans les jours qui avaient suivi l’assassinat de ses parents, il a répondu : « Euh, assez mal quand j’y repensais. Mais comme j’étais un peu concentré sur ce que je devais faire, je n’avais pas le temps de trop réfléchir à ça. J’étais déterminé à avancer. » Après son interpellation, il s’était senti « rassuré ». « Peut-être parce que je vais être jugé. »
Son frère et ses demi-sœurs sont tous allés lui rendre visite dans le centre pour mineurs où il est détenu depuis décembre 2023. Les experts qui l’ont examiné sont formels : l’adolescent souffre d’un trouble autistique, associé à une dépression avec des symptômes psychotiques. Ils concluent à une altération du discernement au moment des faits. Valentin ne présente en revanche, selon eux, aucun signe de la maladie de Lyme.
Pascale Robert-Diard
Début du procès de Valentin, 15 ans au moment des faits, qui a tué ses parents et mis le feu à leur maison en Isère
Pascale Robert-Diard
Le procès de Valentin, qui avait 15 ans quand il a tué ses parents et mis le feu à leur maison familiale de Châteauvilain, en 2023, s’ouvre mardi 11 mars. Les experts ont conclu à une altération de son discernement au moment des faits.
Un garçon de 15 ans est en garde à vue, samedi 2 décembre 2023. Cinq jours plus tôt, il a tué sa mère – deux balles dans la tête – puis son père – trois balles dans la tête –, a tiré sur le chien et mis le feu à la maison familiale avant de s’enfuir. Tout a brûlé. « Souhaitez-vous nous faire une déclaration spontanée ? », lui demande le gendarme.
« Oui, répond-il. L’idée m’est venue mercredi. J’ai fait une tentative. J’ai essayé, mais je n’ai pas réussi. J’ai réessayé dimanche. Ce qui s’est passé, c’est qu’à partir de 22 heures j’ai passé la nuit à réfléchir et à tourner en rond. Vers 4 heures et demie, 5 heures, je me suis habillé avec une cagoule et j’ai pris la carabine de mon père. Puis je suis allé dans l’escalier qui mène à la chambre de mes parents. J’ai passé quarante-cinq minutes, ou peut-être plus d’une heure, dans l’escalier, à monter marche par marche. A me poser des questions sur ce que je devais faire. Puis je me suis arrêté vers les dernières marches, en me posant toujours plus de questions sur ce que je devais faire.
Puis ma mère a ouvert la porte de sa chambre. Comme elle m’avait vu et que je n’avais pas moyen de faire demi-tour, j’ai tiré. Ma mère est tombée au sol. Mon père s’est réveillé. J’ai monté les dernières marches et je lui ai tiré dessus. [Mention du gendarme : le garçon pleure.] Je suis redescendu, j’ai fait mes affaires comme j’ai pu. Je suis allé chercher un bidon d’essence. Ensuite, j’ai tué le chien parce qu’il faisait trop de bruit. Et puis, je suis monté d’abord dans l’atelier de ma mère. J’ai mis le feu à un endroit où il y avait du bois. Je suis descendu d’un étage, j’ai mis le feu dans ma chambre. Ensuite, je suis retourné là où mes parents étaient et j’ai vidé le reste de l’essence sur eux et j’ai mis le feu. Ensuite, j’ai pris le sac que j’avais préparé et je l’ai mis dans la voiture. J’ai conduit sans savoir où j’allais. »
Maladie de Lyme
Le procès du double parricide de Valentin s’ouvre, mardi 11 mars, à Bourgoin-Jallieu (Isère). En raison de son âge au moment des faits, l’adolescent comparaît devant le tribunal pour enfants et non devant la cour d’assises des mineurs (réservée aux accusés âgés de 16 à 18 ans.) Trois jours à huis clos pour plonger dans la courte, si courte biographie d’un fils meurtrier.
Son père, Didier, 58 ans, était ingénieur et ancien champion national de tennis de table. Sa mère, Isabelle, 52 ans, sociologue de formation, s’était reconvertie dans la restauration de meubles. Ensemble, ils avaient retapé une vieille grange à Châteauvilain, un petit village du Nord-Isère, pour accueillir leur famille recomposée, les deux filles d’Isabelle et les deux garçons nés de leur union.
Valentin est le benjamin. Ses deux grandes demi-sœurs avaient quitté la maison quelques années plus tôt ; son frère, de deux ans son aîné, venait juste d’entreprendre des études supérieures à Lyon. Les filles appelaient leur mère plusieurs fois par semaine, s’entendaient très bien avec Didier, qui les avait en partie élevées ; le fils aîné revenait régulièrement voir ses parents le week-end.
Valentin a toujours occupé une place à part dans la fratrie. A l’âge de 8 ans, on lui aurait diagnostiqué la maladie de Lyme, dont souffraient aussi sa mère et son frère aîné. Dès lors, tous ses troubles physiologiques et comportementaux – douleurs articulaires, problèmes de mobilité, de sommeil, de concentration, intolérances alimentaires, isolement social, repli sur lui-même – ont été mis sur le compte de cette maladie. Il ne termine pas son CE2, commence puis abandonne le CM1, puis le CM2. A la maison, son père assure les leçons de maths, sa mère celles de français et d’histoire.
Trouble du spectre de l’autisme
A partir de la 6e, Valentin est inscrit au Centre national d’enseignement à distance (CNED), prend des cours particuliers d’anglais et d’espagnol, redouble, avance cahin-caha jusqu’à la 3e, et ne se rend au collège que pour passer son brevet, qu’il réussit. Pendant toutes ces années, sa mère, convaincue que la maladie de Lyme est mal connue et mal soignée, cherche des solutions tous azimuts pour son fils. Elle s’adresse à un naturopathe en Alsace, le fait hospitaliser quelques jours dans une clinique en Allemagne, puis quelques semaines en Espagne.
De nouvelles hospitalisations, à Grenoble et à Lyon, posent un autre diagnostic : Valentin serait atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Le psychiatre consulté semble s’inquiéter de sa prise en charge familiale. Un soutien du service d’éducation spéciale et de soins à domicile est mis en place, avec une éducatrice, une psychologue et une psychomotricienne.
Valentin le vit très mal, en fait le reproche à ses parents. Ceux-ci ont-ils admis la réalité du trouble psychique de leur fils ? Ou l’explication de la maladie de Lyme a-t-elle continué à être pudiquement posée par la famille comme un voile opaque sur les « bizarreries » du petit dernier, sa passion pour le feu et les couteaux, ses nuits sans sommeil et ses accès de colère qui épuisaient sa mère ?
« Mettre fin à mes souffrances »
Dimanche 26 novembre 2023 en fin d’après-midi, après avoir passé le week-end en famille, son frère aîné reprend le train pour rejoindre son studio d’étudiant à Lyon. Il a trouvé son cadet plutôt souriant, moins enfermé « dans sa bulle » ou rivé à son ordinateur et à ses jeux vidéo que d’habitude. Valentin a déjà arrêté sa décision de tuer ses parents. Il a d’abord envisagé de les assommer avant de les poignarder, mais il ne s’en est finalement pas senti capable.
Le jeudi, il est allé récupérer la carabine 22 long rifle de son père dans l’armoire de la chambre conjugale, l’a chargée de neuf cartouches, plus une dans le canon, et l’a cachée dans sa propre chambre. Il avait déjà tiré une ou deux fois avec, toujours en compagnie de son père, mais avait surtout appris son maniement sur Internet. Le reste de la semaine, dit-il, il a « vécu normalement ». « Et j’ai décidé que j’allais le faire dimanche. »
« Si j’ai fait ça, c’est dans l’idée d’effacer toute ma vie d’avant, de prendre un nouveau départ pour essayer d’aller mieux. Je n’ai pas tué mes parents par haine. Ni pour une autre raison, a-t-il précisé. Je pensais que… Je ne sais pas en fait. A la base, je voulais me tuer pour mettre fin à mes souffrances. Puis je m’étais dit, quitte à ruiner ma vie, d’essayer de faire quelque chose pour aller mieux. Et c’est là que m’est venue l’idée d’abandonner mon identité et tout ce que j’étais avant. »
L’idée de la cagoule, trouvée dans le tiroir d’une commode au milieu des bonnets, c’était parce qu’il ne voulait pas que « la dernière chose que [ses] parents voient avant de mourir soit leur fils en train de tirer ». Les tirs sur le chien, c’était « parce qu’il se mettait beaucoup à aboyer et [qu’il] avai[t] peur que ça alerte ». Et la destruction par le feu, parce que « la maison, c’était un point important dans son identité ».
Fausse identité
Valentin avait ensuite pris la voiture – il avait un peu appris à conduire avec son père dans l’impasse qui menait à la maison : « je sais passer les vitesses, mettre le clignotant et je connais bien le code de la route » –, roulé jusqu’à un premier village où il avait heurté un trottoir et crevé un pneu. Il avait alors abandonné le véhicule, marché jusqu’à la gare la plus proche et acheté un billet de train pour Marseille. « J’avais des connaissances là-bas, des personnes rencontrées sur Internet. » Un garçon et une fille qu’il n’avait jamais vus et avec lesquels il échangeait sur la plateforme de messagerie Discord.
Au père du garçon qui l’avait accueilli à Marseille, il s’était présenté sous une fausse identité, prétendant être âgé de 18 ans, avoir perdu ses deux parents deux ans auparavant et s’être enfui pour échapper à un tuteur alcoolique et toxicomane. Pendant ce temps, son frère et ses deux demi-sœurs affrontaient le pire. La vue de la maison familiale détruite par les flammes. La découverte des corps carbonisés de leurs parents à l’intérieur. L’origine criminelle de leur mort. L’absence puis la disparition suspecte de leur cadet.
Découvrant l’appel à témoins lancé par la gendarmerie, le père de famille qui avait hébergé l’adolescent une nuit le reconnaissait sur la photo et donnait l’alerte. Valentin avait confié à son fils qu’il envisageait de se rendre en bus en Espagne, via Montpellier puis Perpignan, et lui avait laissé un sac contenant sa collection de couteaux. A l’arrivée du FlixBus dans la gare de Montpellier, le 2 décembre 2023 en fin de matinée, les gendarmes l’attendaient.
Symptômes psychotiques
Aux enquêteurs qui lui demandaient comment il se sentait dans les jours qui avaient suivi l’assassinat de ses parents, il a répondu : « Euh, assez mal quand j’y repensais. Mais comme j’étais un peu concentré sur ce que je devais faire, je n’avais pas le temps de trop réfléchir à ça. J’étais déterminé à avancer. » Après son interpellation, il s’était senti « rassuré ». « Peut-être parce que je vais être jugé. »
Son frère et ses demi-sœurs sont tous allés lui rendre visite dans le centre pour mineurs où il est détenu depuis décembre 2023. Les experts qui l’ont examiné sont formels : l’adolescent souffre d’un trouble autistique, associé à une dépression avec des symptômes psychotiques. Ils concluent à une altération du discernement au moment des faits. Valentin ne présente en revanche, selon eux, aucun signe de la maladie de Lyme.
Pascale Robert-Diard
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Re: Délinquance et autisme
https://www.lemonde.fr/societe/article/ ... _3224.html
Valentin, 17 ans, condamné à douze ans d’emprisonnement pour avoir tué ses parents et mis le feu à leur maison en Isère
Les psychiatres qui ont examiné l’accusé avaient unanimement considéré que son discernement était altéré au moment des faits car il souffre d’un trouble autistique, associé à une dépression avec des symptômes psychotiques.
Une peine de douze ans d’emprisonnement, assortie de sept ans de suivi sociojudiciaire, a été prononcée, jeudi 13 mars, par le tribunal pour enfants de Bourgoin-Jallieu (Isère), contre Valentin, aujourd’hui âgé de 17 ans, qui a tué ses parents de plusieurs balles dans la tête et incendié leur maison familiale à Châteauvilain, le 27 novembre 2023. Le tribunal, composé d’une juge pour enfants et de deux assesseurs non magistrats, professionnels de l’enfance, est allé légèrement en deçà des treize ans requis dans la matinée par la procureure, soit le maximum encouru par Valentin.
Les psychiatres qui l’ont examiné avaient en effet unanimement considéré que son discernement était altéré au moment des faits, l’adolescent souffrant d’un trouble autistique associé à une dépression avec des symptômes psychotiques. Admise sans discussion par l’accusation, l’altération du discernement entraîne une réduction automatique d’un tiers de la peine maximale – vingt ans – susceptible d’être prononcée contre un mineur reconnu coupable d’assassinat. « Qu’est-ce qu’il en coûte de programmer et d’exécuter ses deux parents ? », s’était interrogée la procureure. « Il faut que cette peine ait un sens. Vous n’avez d’autre choix que d’être réaliste », avait-elle ajouté à l’adresse du tribunal.
A l’audience, qui se tenait à huis clos, Valentin a confirmé l’intégralité des aveux passés dès sa garde à vue sur ce double parricide. Il avait pris la décision de tuer ses parents dans l’idée d’« effacer » sa vie d’avant et de « prendre un nouveau départ pour essayer d’aller mieux » et avait pour cela récupéré, quelques jours plus tôt, la carabine 22 long rifle de son père dans la chambre conjugale, ainsi qu’une cagoule.
« Je ne voulais pas que la dernière chose que mes parents voient avant de mourir soit leur fils en train de tirer », avait-il alors expliqué. Il était à ce moment-là « dans une grande souffrance psychique », qu’il « évaluait à neuf sur une échelle de dix », selon ses propos devant le tribunal, rapportés par Me Dominique Arcadio, l’un des avocats des parties civiles.
Troubles physiologiques et psychiques
La santé mentale de Valentin a été au cœur des débats devant le tribunal. A l’âge de 8 ans, un médecin avait diagnostiqué chez lui la maladie de Lyme, dont souffraient également sa mère et son frère. Convaincus que cette maladie expliquait les nombreux troubles physiologiques et psychiques de leur cadet, ses parents avaient cherché des thérapies tous azimuts, en dépit d’une alerte émise par un psychiatre selon lequel Valentin était plutôt atteint d’un syndrome du spectre autistique.
« On aura beau jeu de soutenir qu’Isabelle et Didier se sont peut-être égarés à un moment et que s’ils avaient fait autrement, nous n’en serions pas là, et ces quatre enfants ne seraient pas orphelins, a relevé dans sa plaidoirie Me Julien Dreyfus, l’avocat des deux demi-sœurs et du frère aîné de Valentin. Mais il est incontestable qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, avec leurs moyens, avec cette volonté chevillée au corps de libérer leur plus jeune fils des souffrances qui le minaient. Et ils n’ont jamais baissé les bras. »
« Leçon de nuance (…) et d’humanité »
« On a besoin d’une peine. Mais sache que je ne veux pas que le temps que tu vas passer, privé de liberté, soit du temps perdu », lui a dit son frère aîné qui, comme ses deux grandes demi-sœurs, a tenu à prendre la parole à l’audience. En invitant Valentin « à se pardonner même si eux ne peuvent pas encore le faire », la fratrie a délivré « une vraie leçon de nuance, de maturité et d’humanité », a observé Me Dreyfus.
Chacun d’entre eux, a-t-il rappelé, a fait la démarche d’aller rendre visite à Valentin en prison, « parce qu’ils voulaient et veulent marcher dans les pas de leurs parents, qu’ils adoraient, et que ces derniers n’auraient jamais abandonné Valentin, quoi qu’il ait fait ». La fratrie nourrit désormais le projet de rénover ensemble une maison dans la Drôme où leurs parents s’étaient mariés.
Pascale Robert-Diard
Valentin, 17 ans, condamné à douze ans d’emprisonnement pour avoir tué ses parents et mis le feu à leur maison en Isère
Les psychiatres qui ont examiné l’accusé avaient unanimement considéré que son discernement était altéré au moment des faits car il souffre d’un trouble autistique, associé à une dépression avec des symptômes psychotiques.
Une peine de douze ans d’emprisonnement, assortie de sept ans de suivi sociojudiciaire, a été prononcée, jeudi 13 mars, par le tribunal pour enfants de Bourgoin-Jallieu (Isère), contre Valentin, aujourd’hui âgé de 17 ans, qui a tué ses parents de plusieurs balles dans la tête et incendié leur maison familiale à Châteauvilain, le 27 novembre 2023. Le tribunal, composé d’une juge pour enfants et de deux assesseurs non magistrats, professionnels de l’enfance, est allé légèrement en deçà des treize ans requis dans la matinée par la procureure, soit le maximum encouru par Valentin.
Les psychiatres qui l’ont examiné avaient en effet unanimement considéré que son discernement était altéré au moment des faits, l’adolescent souffrant d’un trouble autistique associé à une dépression avec des symptômes psychotiques. Admise sans discussion par l’accusation, l’altération du discernement entraîne une réduction automatique d’un tiers de la peine maximale – vingt ans – susceptible d’être prononcée contre un mineur reconnu coupable d’assassinat. « Qu’est-ce qu’il en coûte de programmer et d’exécuter ses deux parents ? », s’était interrogée la procureure. « Il faut que cette peine ait un sens. Vous n’avez d’autre choix que d’être réaliste », avait-elle ajouté à l’adresse du tribunal.
A l’audience, qui se tenait à huis clos, Valentin a confirmé l’intégralité des aveux passés dès sa garde à vue sur ce double parricide. Il avait pris la décision de tuer ses parents dans l’idée d’« effacer » sa vie d’avant et de « prendre un nouveau départ pour essayer d’aller mieux » et avait pour cela récupéré, quelques jours plus tôt, la carabine 22 long rifle de son père dans la chambre conjugale, ainsi qu’une cagoule.
« Je ne voulais pas que la dernière chose que mes parents voient avant de mourir soit leur fils en train de tirer », avait-il alors expliqué. Il était à ce moment-là « dans une grande souffrance psychique », qu’il « évaluait à neuf sur une échelle de dix », selon ses propos devant le tribunal, rapportés par Me Dominique Arcadio, l’un des avocats des parties civiles.
Troubles physiologiques et psychiques
La santé mentale de Valentin a été au cœur des débats devant le tribunal. A l’âge de 8 ans, un médecin avait diagnostiqué chez lui la maladie de Lyme, dont souffraient également sa mère et son frère. Convaincus que cette maladie expliquait les nombreux troubles physiologiques et psychiques de leur cadet, ses parents avaient cherché des thérapies tous azimuts, en dépit d’une alerte émise par un psychiatre selon lequel Valentin était plutôt atteint d’un syndrome du spectre autistique.
« On aura beau jeu de soutenir qu’Isabelle et Didier se sont peut-être égarés à un moment et que s’ils avaient fait autrement, nous n’en serions pas là, et ces quatre enfants ne seraient pas orphelins, a relevé dans sa plaidoirie Me Julien Dreyfus, l’avocat des deux demi-sœurs et du frère aîné de Valentin. Mais il est incontestable qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, avec leurs moyens, avec cette volonté chevillée au corps de libérer leur plus jeune fils des souffrances qui le minaient. Et ils n’ont jamais baissé les bras. »
« Leçon de nuance (…) et d’humanité »
« On a besoin d’une peine. Mais sache que je ne veux pas que le temps que tu vas passer, privé de liberté, soit du temps perdu », lui a dit son frère aîné qui, comme ses deux grandes demi-sœurs, a tenu à prendre la parole à l’audience. En invitant Valentin « à se pardonner même si eux ne peuvent pas encore le faire », la fratrie a délivré « une vraie leçon de nuance, de maturité et d’humanité », a observé Me Dreyfus.
Chacun d’entre eux, a-t-il rappelé, a fait la démarche d’aller rendre visite à Valentin en prison, « parce qu’ils voulaient et veulent marcher dans les pas de leurs parents, qu’ils adoraient, et que ces derniers n’auraient jamais abandonné Valentin, quoi qu’il ait fait ». La fratrie nourrit désormais le projet de rénover ensemble une maison dans la Drôme où leurs parents s’étaient mariés.
Pascale Robert-Diard
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
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Re: Délinquance et autisme
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"Ça aurait pu partir à l'outrage": un an après une altercation avec une personne autiste, la police d'Arras se forme
Alexia Avril avec Julie Benmoussa
Depuis quelques mois, la police municipale d’Arras apprend à reconnaître et aider les personnes atteintes de trouble du spectre de l'autisme.
La police d'Arras innove pour mieux accompagner et comprendre les personnes atteintes d'autisme. Une formation qui intervient après une altercation avec un jeune homme atteint de trouble du spectre de l'autisme. Il y a un an, Jérémy et son équipe repère un jeune téléphone au volant. Ils effectuent un contrôle routier, mais la situation s'envenime rapidement.
Plusieurs heures plus tard, alertés par le père du conducteur, les agents comprennent la situation. Sans l'intervention de son papa, le jeune homme aurait "pu partir à l'outrage, celui-ci aurait pu être amené au commissariat et être présenté devant un officier de police judiciaire".
"Les conséquences n'auraient pas du tout été les mêmes," explique Jérémy, brigadier chef de la police municipale d'Arras au micro de BFM grand Lille. Chaque jour, une cinquantaine d'agents se relaie sur le territoire. Alors, depuis cet incident, le service décide de se sensibiliser grâce à des séances de discussion.
"Avoir un comportement adapté"
Pour Odile Lemattre, éducatrice spécialisée, l'importance est de "reconnaître quelques signes [...] et se dire que cette personne-là a un comportement peu habituel. Peut-être je vais me poser la question si c'est une personne avec autisme et j'agirai différemment".
Elle intervient pour expliquer aux policiers certains traits caractéristiques de cet handicap invisible. Pour les agents, l'objectif est d'anticiper le stress des habitants lors de leurs interventions. Ils doivent donc "avoir un comportement adapté" pour mieux appréhender ce type d'événement comme le ton ou l'usage du gyrophare.
La formation des agents municipaux est une première dans la région. Elle propose également un document d'aide lors des interventions.
"Ça aurait pu partir à l'outrage": un an après une altercation avec une personne autiste, la police d'Arras se forme
Alexia Avril avec Julie Benmoussa
Depuis quelques mois, la police municipale d’Arras apprend à reconnaître et aider les personnes atteintes de trouble du spectre de l'autisme.
La police d'Arras innove pour mieux accompagner et comprendre les personnes atteintes d'autisme. Une formation qui intervient après une altercation avec un jeune homme atteint de trouble du spectre de l'autisme. Il y a un an, Jérémy et son équipe repère un jeune téléphone au volant. Ils effectuent un contrôle routier, mais la situation s'envenime rapidement.
- "On faisait face à un contrevenant qui adopte une attitude désinvolte et disproportionnée au vu des faits qu'ils lui sont reprochés," raconte Jérémy, brigadier chef de la police municipale d'Arras au micro de BFM grand Lille.
Plusieurs heures plus tard, alertés par le père du conducteur, les agents comprennent la situation. Sans l'intervention de son papa, le jeune homme aurait "pu partir à l'outrage, celui-ci aurait pu être amené au commissariat et être présenté devant un officier de police judiciaire".
"Les conséquences n'auraient pas du tout été les mêmes," explique Jérémy, brigadier chef de la police municipale d'Arras au micro de BFM grand Lille. Chaque jour, une cinquantaine d'agents se relaie sur le territoire. Alors, depuis cet incident, le service décide de se sensibiliser grâce à des séances de discussion.
"Avoir un comportement adapté"
Pour Odile Lemattre, éducatrice spécialisée, l'importance est de "reconnaître quelques signes [...] et se dire que cette personne-là a un comportement peu habituel. Peut-être je vais me poser la question si c'est une personne avec autisme et j'agirai différemment".
Elle intervient pour expliquer aux policiers certains traits caractéristiques de cet handicap invisible. Pour les agents, l'objectif est d'anticiper le stress des habitants lors de leurs interventions. Ils doivent donc "avoir un comportement adapté" pour mieux appréhender ce type d'événement comme le ton ou l'usage du gyrophare.
La formation des agents municipaux est une première dans la région. Elle propose également un document d'aide lors des interventions.
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
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- Enregistré le : samedi 25 août 2018 à 9:02
Re: Délinquance et autisme
Non scolarisé et souffrant d’un trouble autistique non diagnostiqué à l’époque, en septembre dernier, Nicholas Prosper avait prévu de se rendre aux alentours de 9h00 dans son ancienne école, l’école catholique Saint Joseph à Luton pour y commettre une tuerie de masse. Le jeune a auparavant tué sa mère, sa sœur et son frère à l'aide d'un fusil de chasse.
Fils de 16 ans dont le diagnostic est confirmé.
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Re: Délinquance et autisme
Ce qui m’inquiète un peu avec ce fil, c’est qu’on pourrait croire que les personnes TSA sont intrinsèquement violentes, alors que ce n’est pas le cas
Parent d’un adolescent TSA diagnostiqué en avril 2024