Truc que j'ai remarqué aussi au passage :
Un peu à l'image des troubles dyspraxiques dont j'avais donné quelques ressources sur
ce topic qui peuvent impacter de manière directe sur une tâche qui est demandée dans le cadre scolaire et donc, entraver l'accès à certains apprentissages de manière directe, comme les autres troubles dys, je remarque qu'au niveau des TSA, malheureusement, c'est un peu la même bataille dans le sens où, on peut ne pas avoir accès* à une aptitude qu'il est presque "obligatoire" de posséder pour arriver au bout d'un travail :
En gros, j'ai remarqué que parfois, c'est en quelques sortes, intrinsèque à une discipline étudiée, de nécessiter telle ou telle aptitude, sinon, on ne peut même pas étudier la discipline en question. Et mine de rien, je trouve ça horrible.
Par exemple, y a des disciplines où j'ai moi-même pu expérimenter que la compréhension des implicites était quasiment essentielle, en fait, voire presque cruciale pour pouvoir aboutir un travail. Après, le reste, ça tourne surtout autour des difficultés au niveau des fonctions exécutives pour pouvoir organiser, planifier une tâche ou juste pouvoir bosser en autonomie.
*Je dis "ne pas avoir accès" mais certainement accessible par apprentissage et un peu d'entraînement.
Après, je mets beaucoup l'accent sur la dyspraxie, plus que les autres dys, alors que je connais l'horreur que c'est aussi, parce que la dyspraxie, qui a changé de nom pour "Trouble Développemental des Coordinations", déjà, c'est le TND que je connais le mieux au quotidien et puis ensuite, à l'origine, on ne l'a pas classée tout de suite dans les troubles des apprentissages, comme on avait pu le faire pour les autres dys, genre dyslexie, dysorthographie, dysgraphie, dyscalculie, dysphasie (je connais moins bien le dernier)...
Parce que c'est vrai, qu'à première impression, les autres troubles dys ont une conséquence directe qui peut entraver directement un apprentissage, que ce soit au niveau de la lecture, de l'écriture, du calcul...
Alors que la dyspraxie, c'est beaucoup plus fourbe dans le sens où, tu as pu avoir accès, tant bien que mal, aux apprentissages de base de manière plus ou moins "solide", tout en étant entravé par le trouble sur quasiment un ensemble de tâches en fait. Du coup, c'est horrible mais ça donne énormément l'impression d'avoir accès à quasiment tout, sans pouvoir y avoir vraiment accès dans l'ensemble ou d'y avoir accès mais de manière biaisée en fait.
Après certains distinguent les types de dyspraxies, moi j'ai des soucis dans tous les aspects donc bon, je fais un combo. Je pense que ce qui rend ce trouble dys parfois "plus chiant" que les autres, c'est que ça n'entrave pas que dans la partie scolaire déjà mais dans le quotidien de manière globale et en plus, que ça regroupe les aspects coordination, motricité, tout ça + tout le visuel, l'espace et tout le reste à côté (quand t'es un peu flingué aussi sur le plan neurovisuel, ce qui est mon cas, ça rajoute un souci aussi).
Du coup, ça fait que même si t'as pas d'autres troubles dys à côté, tu peux te retrouver en difficulté de manière directe avec les manifestations de ta dyspraxie, je prends un exemple à la con mais très classique, la géométrie.
Classique parce que la géométrie, ça demande d'avoir une notion correcte de la quantité sur le plan visuel, de faire des mesures correctes, tout en manipulant des objets, donc c'est le cauchemar de beaucoup de personnes dyspraxiques.
Et en plus d'avoir des soucis qui impactent directement sur une tâche donnée, voir parfois, une discipline dans sa globalité (pour moi, c'était clairement les Maths, hein, on dit souvent que la dyspraxie ça n'affecte pas les compétences logico-mathématiques mais personnellement, j'ai toujours vécu l'inverse, lol, malgré le fait d'aimer les mathématiques et d'avoir tenté d'en faire mon métier), tu peux te retrouver impacté sur tous les autres pans des apprentissages de base : Que ce soit au niveau de la lecture (quand t'es flingué sur le visuel, au niveau de la poursuite visuelle pour rester sur la bonne ligne, les retours à la ligne...) ou du calcul (le fait de ne pas pouvoir se faire des représentations mentales correctes des quantités, notamment) pour le côté visuel ou de l'écriture (juste le fait d'écrire correctement, le fait d'écrire droit aussi) pour la partie motricité fine + le visuel.
Perso, j'ai appris à lire et à écrire très tôt et c'est assez drôle mais j'ai une écriture très "machinale", je me bousille la main pour écrire correctement et je mets 3h mais au moins, c'est beau et appliqué. Je sais écrire vite aussi mais dans certains domaines, c'est suicidaire.
Sauf que j'ai l'impression que ça ne s'est automatisé que sur un seul type d'écriture et je suis incapable de faire des trucs lisibles par exemple, en maths, où ça peut être fatal de ne pas pouvoir distinguer une puissance ou un indice du reste de l'écriture, par exemple. Positionner correctement les barres de fractions aussi, on y pense pas mais ça peut vite tout biaiser.
Chez les gosses, idem, je crois que ça pose souci au niveau de la pose des opérations.
Bref, avec du recul, si on prend en compte tous ces aspects là et la façon dont ça m'a personnellement, particulièrement entravée dans mon début d'études sup', ça paraît suicidaire d'avoir voulu persévérer dans un domaine où je me sentais constamment entravée.
Encore le souvenir d'il y a moins de 3 mois, quand j'ai voulu expliquer en TP à la fac, à mon binôme que je ne pouvais pas tracer sur papier millimétré sans avoir à mentionner le mot "handicap" ou devoir en expliquer la vraie cause. J'ai dû passer pour une feignasse mais tant pis.
Pourtant, je connais d'autres dyspraxiques qui continuent à faire des mathématiques, donc je me demande s'ils ne sont impactés que sur la partie motricité et pas visuelle ou s'ils ont juste une dyspraxie moins importante que la mienne et peut-être les troubles neuro-visuels en moins. Parce que pour avoir réussi à compenser jusqu'au sup' sans aucune aide, ni aucun aménagement jusqu'à ma 4ème année après l'obtention de mon bac, je ne comprends pas pourquoi tout m'a été de moins en moins accessible. Peut-être aussi un mélange de tous les troubles et une trop grosse fatigue accumulée qui ne suffisait plus pour compenser, je ne sais pas.

TSA sans déficience intellectuelle et sans altération du langage + trouble anxiodépressif associé - CRA régional (2021)
Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir.
Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. ~ Les Shadoks