Jean a écrit :Les mères sont incorrigibles : elles ne peuvent s'empêcher de culpabiliser

Tu ne crois pas si bien dire, Jean. J'en ai encore discuté avec Spyder ce week-end ( nous n'en parlons pas souvent, mais y pensons tout le temps... ) et Spyder m'a aussi dit : " Mais pourquoi tu culpabilises ? On n'avait pas toutes les cartes en main, on n'a pas rencontré les bonnes personnes, etc ".
Je me dis qu'avec toutes les recherches que j'ai faites au cours de toutes ces années, j'ai quand même du être bigrement cruche de ne pas avoir pensé à l'autisme plus tôt... Et quand on m'a dit que Mysterio était psychotique, je l'ai cru... sauf que je croyais que c'était les évènements extérieurs qui l'avaient rendu fou... Et dans un sens, c'est un peu ce qui s'est passé.
Je pense que je ne me suis pas assez battue pour qu'il soit rescolarisé. On n'avait pas le droit de le rejeter comme cela a été fait. Je me souviens que durant toutes ces années où il était sans rien, il se cachait dès qu'il voyait un gendarme ou un policier de peur qu'il ne soit embarqué car il n'était pas à l'école. J'aurais du, de mon côté, aller à la police et dire : " ON ne veut pas scolariser mon enfant qui n' a pas 16 ans ! Ce n'est pas légal ".
Au lieu de cela, j'ai harcelé la CDES, j'ai cherché des médecins qui auraient pu nous aider, j'ai cherché des lieux où Mysterio pourrait être accepté malgré ses troubles du comportement. J'ai écrit, j'ai téléphoné, j'ai envoyé des mails, j'ai supplié. J'aurais du me battre plus. J'ai mis du temps à sortir Mysterio de l' HP car j'avais peur de ne pas y arriver toute seule à la maison. J'aurais du l'y retirer plus tôt et assumer.
Je n'ai pas su trouver les bonnes personnes. Je n'ai pas cherché au bon endroit, j'ai trop fait confiance en ce que l'on me disait depuis des années, j'ai douté de moi. En 16 ans de temps, avec toutes les personnes que j'ai contactées, avec toutes les personnes à qui j'ai montré Myserio et expliqué, ce n'est pas possible que pas une, pas une seule n'ait pensé à l'autisme ! Que ce soit les médecins ( et nom d'une pipe, il y en a eu !

), les profs, des parents même qui auraient pu connaître quelqu'un qui connaissaient l'autisme et qui m'auraient mis sur la voix... Et moi, comme j'avais une image erronée de l'autisme ( vous savez, l'enfant qui ne parle pas et qui se balance de devant en arrière ), jamais je n'y ai pensé pour Mysterio.
Comment ne pas s'en vouloir ?