freeshost a écrit : ↑mardi 4 mars 2025 à 15:48On peut aussi apprendre à développer plusieurs propositions sans juger quelque que ce soit.
Ou bien je vais faire la même chose avec vous qui utilisez Goût-Gueule, UnsafeBook, Toux-Ictère, TicsTOCS, etc.

Oui, bien sûr, dans l'idéal* il faudrait pouvoir développer posément plusieurs propositions, les mettre en contradiction, ou en corrélation, compléter les siennes et ne pas les voir comme parfaitement finies (cf. ce qui a été évoqué sur les biais, la mise à jour...).
Par contre, à partir du moment où il existe des choses factuelles, cela veut dire que sur une chose factuelle donnée, il ne peut exister
(au sens "fondé concrètement" car sinon il y en a) plusieurs propositions, sur cette chose donnée qui est
factuelle (c'est l'
acceptation de son existence telle qu'elle est, qui peut varier selon l'ouverture cognitive de chacun·e — mais nul besoin de cette ouverture pour que ça devienne réel).
Exemple de chose factuelle : le fait que la bergère australienne de ta sœur éprouve des états émotionnels, des sensations, qu'elle ait son caractère, qu'elle soit attachée à X ou Y (personnes/goûts/habitudes/objets/etc.), qu'on l'accepte ou non (il y a encore des gens qui hélas voient le chien comme une vulgaire bête), c'est réel. Et comme c'est réel, cela veut dire que l'appréciation des conséquences des actions qui seront prises à son endroit (en mal comme en bien), ne relève pas du subjectif mais du factuel, des observations de comment elle réagit (à nuancer dans le cas d'un chien ou d'un chat qui ne peut exprimer aussi bien que nous ce qu'il ressent et parfois le cache carrément, ou à l'inverse "fait du cinoche"). Entre autres donc : la notion de responsabilité avec ce qu'elle implique, bien plus qu'une "proposition", est une chose en réalité fondée... ben, sur la réalité (de la chienne dans cet exemple, mais ça touche aussi à notre rapport global au vivant sensible).
Et dans cette impossibilité
(concrète) d'appliquer le relativisme
(théorique), il faut prendre garde à la perception biaisée du
"jugement", quand c'est en fait que l'on est mis·e
face à sa dissonance entre la "proposition" et la réalité du monde.
Mais je comprends que ce soit dur et donc que l'on ressente un jugement, parce que c'est désagréable, ou même presque insurmontable (avec un effet fréquent de braquage encore plus intense quand on se retrouve pourtant face aux faits donc logiquement
recevables).
Et quand on n'a pas envie d'entendre quelque chose, une bonne — et souvent involontaire — solution est de rationaliser ce "quelque chose" comme
quelque chose qui ne serait pas entendable (ici un jugement).
Le gros avantage étant, quand il s'agit de biais sociétaux, que souvent les pairs viennent renforcer cette rationalisation (comme je t'ai répondu entre autres choses sur un autre topic :
"[la] non-action [et la] réfutation active font que de nombreux systèmes injustes restent bien en place").
Quant aux plateformes/entreprises que tu cites, ben tu vois, tu ne "jugerais" pas en évoquant les problèmes, bien réels, qui existent chez elles, parce qu'ils existent bien.
Il y a du bon
(concret là aussi), vu qu'il s'agit d'outils de création purement humaine, dont on peut donc tirer des choses bénéfiques tout comme des choses nocives — à l'image de nous personnes humaines. Mon divertissement, l'approfondissement de mes intérêts spécifiques, mon ouverture sur le monde, s'étant faits et se faisant toujours, en bonne partie, via Google et les sites que j'ai découverts par son intermédiaire — dont celui-ci même —, YouTube, Instagram... Mais effectivement, il y a aussi de gros problèmes, divers, et factuels.
Aussi je comprends parfaitement que l'on choisisse de les éviter, boycotter... Je trouve ça même sensé.
Je ne peux cependant pas me résoudre à condamner totalement ces plateformes, quand je pense à l'outil précieux (et en même temps parallèlement déstructeur) qu'elles représentent pour tant de communautés marginalisées, pour la propagation de l'information, des luttes, de la créativité et du kiff, de ce qu'il y a de meilleur chez notre espèce
(et pas que !)... Mais elles sont aussi, c'est vrai, un support pour ce qu'il y a de pire.
Et là je parle en termes de fréquentation, mais sinon il y a aussi évidemment les problèmes de confidentialité et tout le tralala.
Mais tout ça, tu vois, c'est pas du jugement !
*
Dans la pratique, la réalité des échanges humains fait qu'ils sont rarement sans le moindre débordement. S'attendre à un argumentaire tout poli, surtout de la part de personnes dont on ne partage pas (autant en tout cas) la ou les lutte(s), me semble plutôt une stratégie dans le but de sauter sur la première "imperfection" venue, dans la forme (parfois dans le fond si le raisonnement de la personne individuelle comporte des erreurs ou si la cause présente certaines limitations). Je crois que ça part aussi d'un malaise par rapport à son propre positionnement : on se sent visé·e, jugé·e, et donc on pense que X et Y groupes se sentent parfaits ; et donc on s'attend à ce qu'ils soient absolument irréprochables... Ceci peut-être, aussi, pour justifier de ne jamais faire partie desdits groupes, puisque "trop parfaits" pour soi, et puis trop "jugeants" de toute manière... et ainsi on s'évite les mises à jour.