[Webpro] Le blog de Ben Ari

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Jean
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Re: [Web] Le blog de Ben Ari - 21 août Brest

Message par Jean »


Un problème éthique des autorisations de mise sur le marché : mon récent article scientifique

21 février 2024

Afin de mettre un médicament sur le marché, des essais cliniques sont nécessaires, qui aboutissent à un vaste essai dit de phase 3. Cela nécessite de recruter des milliers de patients et de comparer ceux qui reçoivent le traitement à un placebo. Il doit y avoir une différence statistiquement significative entre traité et placebo sur 1 critère appelé critère principal, ce qui implique que la plupart des patients traités répondent au traitement. Cependant, dans des syndromes complexes comme l’autisme, cela est pratiquement impossible en raison de l’hétérogénéité du syndrome et des symptômes cliniques. De plus, il arrive que des critères dits secondaires – des sous-ensembles de critères cliniques – soient positifs mais pas le critère principal qui est la moyenne de nombreux paramètres. Ainsi, les critères d’évaluation de l’autisme tels que SRS ou CAR comprennent des dizaines de sous-critères évaluant l’agitation, l’émotivité, les problèmes sensoriels, les interactions sociales, etc.

Étonnamment, il arrive souvent que la phase 3 finale échoue alors qu’un grand nombre d’essais de phase 2 réalisés sur un plus petit nombre de patients réussissent. Ainsi, une méta-analyse des données publiées a collecté les données de 9 essais de phase 2 réalisés en France (nos premiers essais publiés en 2012 et 2017), aux Pays-Bas, en Chine, en Égypte et en Tunisie confirment que Bumetanide (burinex). Il y a une amélioration significative chez 1 000 enfants des principaux symptômes de l’autisme, en particulier la communication sociale et l’agitation.
Suite https://leblogdebenari.com/2024/02/21/u ... entifique/
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Jean
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Re: [Webpro] Le blog de Ben Ari

Message par Jean »

Le fonds de dotation IBEN est dissous

L'IBEN est l'institut Ben Ari de Neuroarchéologie, fondé par Y. Ben-Ari.

L'IBEN a financé les groupes d'entraînement aux habiletés sociales d'Asperansa. Nous remercions le Pr Ben-Ari d'avoir pensé à nous.

Nous l'avions reçu dans les locaux du GEM Ehanva en août 2023. Une interview faite dans la foulée : https://www.youtube.com/watch?v=OiMRjohH5ZY

https://leblogdebenari.com/2025/01/20/l ... t-dissous/
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Re: [Webpro] Le blog de Ben Ari

Message par Jean »

Autisme : l’impact des facteurs environnementaux in utero
Handicap.fr - 16 mars 2025 • Par Cassandre Rogeret

Une nouvelle étude invite à reconsidérer la seule approche génétique de l'autisme et démontre le rôle majeur des facteurs environnementaux durant la grossesse, influençant directement le développement cérébral du fœtus et la survenue des TSA.


On en sait un peu plus sur les origines de l'autisme. Une nouvelle étude publiée dans la revue médicale Journal of medical genetics, par des chercheurs français, propose une refonte de notre compréhension de ce trouble du neurodéveloppement (TND), dont la cause demeure mysérieuse... Une piste prometteuse pour les 700 000 Français concernés ?
Remise en cause du lien direct entre génétique et autisme

« Pendant des décennies, les recherches sur les troubles du spectre de l'autisme (TSA) se sont concentrées sur des approches génétiques (Origines de l'autisme : la génétique, piste "déterminante"), laissant de côté un élément fondamental : l'impact des facteurs environnementaux in utero », expliquent les principaux auteurs de l'étude, Yehezkel Ben-Ari et Étienne Danchin. Or, « de nombreux enfants concernés ne présentent aucune anomalie génétique identifiable », pointent-ils, remettant en question l'hypothèse d'un lien direct entre génétique et autisme. De plus, « les approches utilisées pour démontrer ce lien sont discutables et dépendantes de l'environnement qui est relégué au second plan », estiment-ils.
De nombreux mécanismes d'hérédité non génétique

Dans son livre La synthèse inclusive de l'évolution : l'hérédité au-delà du gène égoïste, Étienne Danchin, directeur de recherche CNRS au laboratoire « Évolution et diversité biologique » à l'université Paul Sabatier de Toulouse, souligne que depuis plus de deux décennies, « de nombreuses découvertes montrent qu'il existe beaucoup de mécanismes d'hérédité non génétique ». Ainsi, « le fait que l'autisme semble être transmis des parents à leurs enfants ne veut pas nécessairement dire que ce trouble a une origine génétique », affirme-t-il.
Les risques environnementaux durant la grossesse sous-évalués ?

Les auteurs de l'étude rappellent que le développement du cerveau de l'enfant peut être perturbé par différents facteurs biologiques, épigénétiques et environnementaux dès sa conception. Les infections virale ou microbiennes chez la mère, le stress, les inflammations prénatales ou encore les signaux hormonaux peuvent notamment altérer les différents processus biologiques du développement et provoquer des anomalies neuronales responsables de l'autisme et d'autres troubles neurodéveloppementaux (TND), précisent-ils. « L'exposition à des substances toxiques, comme certains pesticides ou médicaments pris durant la grossesse, semblent également jouer un rôle majeur. »

Améliorer la prise en charge grâce à l'IA ?

Face à ces découvertes, l'étude insiste sur le besoin de « reconsidérer la seule approche génomique de l'autisme ». De même, la prise en charge doit également faire l'objet de changements, selon les chercheurs. « L'analyse avec l'intelligence artificielle des données normalement recueillies dans les maternités permet d'identifier, dès la naissance, les bébés à risque de TSA, ouvrant la voie à des interventions psycho-éducatives précoces capables d'atténuer les troubles et d'améliorer significativement la qualité de vie des enfants. »
« Un trouble multifactoriel nécessitant une approche interdisciplinaire »

« Il est temps de considérer l'autisme comme un trouble multifactoriel, nécessitant une approche interdisciplinaire et un suivi attentif des facteurs environnementaux dès la grossesse », exhorte le professeur Yehezkel Ben-Ari, neuroscientifique. En intégrant ces nouvelles connaissances, la recherche ouvre, selon lui, « des perspectives inédites » pour l'accompagnement des personnes avec autisme et leur famille. « Détecter plus tôt, comprendre mieux la maturation cérébrale et déterminer comment des facteurs pathologiques nombreux modifient la maturation sont les clés qui vont permettre d'intervenir efficacement » et ainsi d'optimiser la prise en charge, martèlent les scientifiques français.
Une cohorte pour identifier le rôle des facteurs environnementaux

Pour rappel, la cohorte Marianne, lancée en 2023 par les ministères de la Recherche et des Personnes handicapées, vise à identifier le rôle des facteurs environnementaux (pollution, pesticides, perturbateurs endocriniens...) dans l'autisme et les troubles du neurodéveloppement (Autisme : étude pour déterminer le rôle de l'environnement). Ce projet de recherche, qui s'accompagne d'une enveloppe de six millions d'euros, a pour ambition de suivre 1 700 femmes enceintes et leur famille, de la grossesse en passant par l'accouchement jusqu'aux six ans de l'enfant. Ce suivi « singulier, anonyme et confidentiel » comprendra des rendez-vous réguliers avec des professionnels du médico-social, des questionnaires à remplir, un suivi du développement du bébé ou de l'enfant par un psychologue, des prélèvements biologiques… Fin du suspense dans huit ans.

© Chuanchai Pundej / EyeEm de Getty Images

"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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Re: [Webpro] Le blog de Ben Ari

Message par Jean »

L'article traduit figure sur le blog de Yezkek Ben-Ari.
https://leblogdebenari.com/2025/03/13/l ... -in-utero/

Limites de la génomique pour prédire et traiter l’autisme, un trouble né in utéro

J’ai la plaisir de vous annoncer la publication avec mon ami Etienne Danchin d’un article qui critique la vision génétique de l’autisme et montre combien on ne peut ignorer le rôle crucial de l’environnement pendant la maternité. A notre avis, la domination depuis des décennies du champ de l’autisme par la vision génétique a non seulement une base contestable mais surtout n’a permis ni de mieux prédire, comprendre ou traiter l’autisme.

Le développement du cerveau implique l’expression séquentielle de processus biologiques vulnérables, notamment: la prolifération cellulaire, la mort cellulaire programmée, la migration neuronale, la formation de synapses et d’unités fonctionnelles. Tous ces processus impliquent des événements dépendant des gènes et de l’activité qui peuvent être faussés par de nombreux facteurs environnementaux extrinsèques et intrinsèques, notamment le stress, le microbiote, les signaux inflammatoires, les signaux hormonaux et les facteurs épigénétiques, hormonaux et des facteurs épigénétiques, ce qui entraîne des troubles à la naissance qui se manifestent plus tard par des troubles du spectre autistique (TSA) et d’autres troubles neurodéveloppementaux. La prédiction et le Le traitement de ces troubles nécessite un cadre conceptuel qui inclut tous les aspects de la biologie du développement. En prenant l’exemple de l’incidence élevée des TSA, nous discutons tout d’abord des limites intrinsèques de l’approche génétique, notamment le fait qu’il est difficile d’évaluer l’incidence des TSA, et les études de jumeaux et les polymorphismes mononucléotidiques largement utilisés. Nous passons ensuite en revue la longue liste d’événements in utero qui peuvent dévier les séquences de développement et conduire à une activité aberrante persistante générée par le système immunitaire. Cette activité aberrante persistante est générée par des ensembles neuronaux immatures mal placés et mal connectés qui sont la cause directe des TSA. D’un point de vue clinique, nous suggérons d’analyser les données maternelles non génétiques maternelles recueillies normalement dans les maternités permettent une identification précoce des bébés qui développeront un TSA des années plus tard, ce qui faciliterait l’usage des techniques psycho-éducatives précoces. Par la suite, les agents capables de réduire au silence de manière sélective les réseaux immatures malformés offrent des perspectives thérapeutiques prometteuses.En résumé, la compréhension des processus de développement est essentielle pour prédire, comprendre et traiter les TSA, ainsi que la plupart des autres troubles qui surviennent in utéro.

A suivre sur le blog
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