Modération (Curiouser) : Fusion de sujets
Bonjour à tous,
Je relance cette vieille conversation (qui recoupe celle-ci sur le forum,
viewtopic.php?t=17524, peut-être serait-il judicieux de fusionner les deux sujets ?).
Et en préambule, je laisse le lien vers cet article de blog très éclairant selon moi :
http://letemplebleu.over-blog.com/2018/ ... rline.html
(désolée, je ne sais toujours pas comment insérer des liens proprement, je suis toujours preneuse si certains sont prêts à me faire un tuto "l'informatique pour les nuls" !)
Parce que voilà, le psychiatre qui me suit au CMP m'a, à ma grande surprise, ressorti l'hypothèse d'un trouble borderline, hypothèse qui a été invalidée un an plus tôt par l'un de ses collègues, lequel avait pris soin de me faire passer le test de personnalité PDQ-4 (j'étais "à la limite de l'état limite", et nous avions comptabilisé quatre traits de borderline, pas les cinq minimums requis).
Et je ne suis absolument pas convaincue - d'autant que le psychiatre du CMP n'a pas récupéré les résultats du test de personnalité en question, alors qu'il m'avait dit les vouloir, ne m'en a pas fait passer un autre, et n'a pas non plus pris contact avec l'ancien psychiatre -, pour la simple raison que je n'ai toujours que quatre critères...
(je précise qu'il m'a balancé l'hypothèse diagnostique sans m'expliquer quoi que ce soit. Peut-être a-t-il décelé plus de quatre critères, mais objectivement, je pense n'en avoir toujours que quatre...)
Et que l'article de Luserina dit bien que l'hypersensibilité/hyper-réactivité émotionnelle à l'environnement et les crises de colère qui peuvent en résulter sont aussi bien des traits autistiques que des traits de borderline (même si je suppose que les mêmes conséquences visibles n'ont pas les mêmes causes dans les deux troubles).
Quant aux auto-mutilations, une autre conversation sur ce forum m'a appris qu'elles étaient fréquentes chez les personnes avec TSA également.
Enfin, la sensibilité au rejet ou à l'abandon, j'ai découvert ici (
https://bienetreautiste.com/blogs/infos ... t-partie-1) que c'était aussi une particularité du TDA/H, et possiblement de l'autisme.
Mais au-delà des critères qui peuvent de recouper, j'estime que la catégorie nosographique même du borderline n'est pas pertinente. Je le lui ai expliqué dans un mail que je lui ai envoyé :
"L’hypothèse diagnostique d’un trouble de la personnalité borderline me perturbe énormément car elle vient semer le trouble (sans mauvais jeu de mot…) là où j’ai besoin
de clarté, de rigueur, de précision car :
1) le nom du trouble ne dit rien sur le trouble en lui-même : il a été dénommé ainsi parce qu’on avait d’abord retenu la définition issue de la théorie psychanalytique, à savoir « état limite entre la névrose et la psychose ». Or, cette définition a été abandonnée au profit de celle issue des thérapies comportementales et cognitives, retenue par le DSM V, à savoir neuf critères, et il faudrait que cinq de ces neuf critères soient présents pour que le diagnostic puisse être posé. C’est une définition qui a le mérite d’être
un peu plus rigoureuse, étant donné que l’on pouvait sans doute mettre un peu tout et n’importe quoi derrière « état limite entre la névrose et la psychose », mais qui n’est
pas beaucoup plus claire.
Êtes-vous d’accord avec ce point ?
2) en effet, on ne peut pas hiérarchiser les neuf critères, on ne comprend pas comment ils s’articulent les uns aux autres, si bien que l’on ne peut pas en dégager deux ou trois qui constitueraient la base du trouble, et dont découleraient tous les autres. En ce sens, cette catégorie diagnostique est
trop imprécise.
Êtes-vous d’accord avec ce point ?
3) par conséquent, on n’a pas été fichu de renommer le trouble de manière plus pertinente : on s’est contenté de traduire « état limite » de l’ancien DSM par « borderline », ce qui revient, désolée de l’expression, à se foutre de la gueule du monde : on change le mot en le traduisant pour faire croire que l’on a avancé dans la compréhension et la définition du trouble, alors que ce n’est pas vrai.
Êtes-vous d’accord avec ce point ?
Conclusion : le trouble de la personnalité borderline, c’est une
escroquerie intellectuelle, car si on ne peut pas le définir par une phrase qui contiendrait deux ou trois mots-clés, et donc le renommer de manière plus pertinente, c’est que l’on n’est pas parvenu à le conceptualiser.
Êtes-vous d’accord avec cette conclusion intellectuelle ?
Aussi, si vous n’avez rien de plus satisfaisant intellectuellement à me proposer, je souhaite que l’on parle de traits de trouble de la personnalité dite « borderline » (puisque la dénomination actuelle n’est pas pertinente), et qu’on les énumère, POUR QUE L’ON SACHE VRAIMENT DE QUOI ON PARLE
Êtes-vous d’accord avec cette conclusion pratique ?"
Il m'a répondu :
"Je vous remercie de votre mail. J’entends votre demande et vos questions, nous pourrons tout à fait tenter d’y répondre de façon claire lors du prochain entretien médical (qui aura lieu, pour rappel, le 12/06)
Toute l’équipe du CMP reste mobilisée et disponible"
Ce à quoi j'ai rétorqué :
"Très bien, je vous remercie ; mais je précise que vous ne pouvez pas vous contenter de "tenter de répondre de façon claire" aux questions que je vous soumets : celles-ci appellent une réponse simple par "oui" ou "non", et si vous répondez "non" à l'une d'entre elles, vous serez tenu d'argumenter de manière convaincante (auquel cas je vous conseille de prévoir deux heures d'entretien, car je suis rompue aux débats d'idées, et je ne bougerai pas tant que je ne serai pas convaincue)
Je vous souhaite bon courage par avance

"
Je ne vous cache pas que j'attends vos réactions avec beaucoup d'impatience
