Aeryn a écrit : ↑samedi 2 novembre 2019 à 0:00
Ce n'est pas indispensable, le bilan psychomoteur est plus utile pour rechercher des comorbidités que pour rechercher les signes nucléaires de trouble du spectre autistique.
Je suis très étonnée de lire ça étant donné que le bilan psychomoteur sert à évaluer :
Source :
« Albaret (2006) a mis à jour la liste des tests psychomoteurs disponibles selon les domaines évalués pour tous les âges (annexe 4) :
- Echelle de développement du jeune enfant.
- Coordination et capacités motrices.
- Mesures spatiales.
- Ecriture.
- Praxies gestuelles et constructives.
- Dominance latérale.
- Rythme.
- Attention, fonctions exécutives, impulsivité.
- Mesures perceptivo-motrices.
- Mesure des habiletés sociales.
- Questionnaires.
Classiquement l’utilisation de ces tests vient compléter les informations cliniques recueillies au cours du bilan et s’y intégrer. »
« Les troubles des interactions sociales, de la communication verbale et non verbale et des comportements représentent les fondements de la sémiologie clinique des TED en général. Cependant, les caractéristiques sensori-motrices ne doivent pas être négligées dans cette maladie.
En effet, selon Laroche (2006), « c’est en exerçant sa motricité que le nouveau-né commence à communiquer avec ses proches, ainsi la posture, le tonus, les ébauches de gestes volontaires et les mimiques faciales sont autant de marqueurs d’un dialogue entre le bébé et son environnement ». Le développement du contrôle des fonctions motrices confère à l’enfant une capacité à intégrer et à utiliser son environnement ; tout comme le signalait Wing « Telle la motricité qui se développe de façon synchrone avec les perceptions, chaque sphère du développement ne doit pas être jugée séparément mais par rapport aux autres sphères ».
Les anomalies motrices ont été signalées par Kanner lui-même en 1943 dans sa description initiale de l’autisme : il évoquait des signes de motricité déviante durant les premiers mois de vie, des bébés « trop calmes », notamment lors des prises alimentaires, ainsi que des réactions paradoxales aux stimulations diverses, des anomalies du tonus et de la motricité.
De même, Asperger dans son observation en 1944 écrivait : « il est très maladroit sur le plan moteur, il n’est jamais physiquement relâché, il ne peut suivre aucun rythme et n’est pas maître de son corps ; son écriture est mauvaise, il traverse les mots et ne suit pas les lignes ; le crayon ne lui obéit pas... »
La littérature actuelle confirme que les troubles envahissants du développement et l’autisme notamment sont généralement associés à des troubles psychomoteurs (Manjiviona et Prior, 1995). Le développement psychomoteur de l’enfant autiste présente des particularités (Adrien et al., 1993 ; Baranek, 1999) qui peuvent être observées très précocement (Teiltelbaum et al., 1998) et qui résultent d’un trouble fonctionnel et pas d’un déficit lésionnel. Les difficultés persistent avec l’âge et sont corrélées avec la sévérité de la pathologie. Notons toutefois que les études n’ont pas démontré de différences notables entre le fonctionnement moteur d’enfants avec autisme et celui d’enfants atteints du syndrome d’Asperger, tous présentent cependant une motricité d’un niveau inférieur à ce qui est attendu à leur âge.
Les recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic d’autisme insistent donc sur le fait « d’appréhender le développement psychomoteur et sensorimoteur de l’enfant en examinant sa motricité (globale et fine), les praxies et l’intégration sensorielle » ; ces particularités pouvant être décrites très précocement, elles pourront participer au diagnostic précoce de l’autisme.
Les troubles de la motricité sont en effet clairement évoqués dans les critères diagnostiques de l’autisme infantile de la CIM 10 dans les items suivants :
- « absence d’utilisation adéquate du contact oculaire, de l’expression faciale, de l’attitude corporelle et de la gestualité pour réguler les interactions sociales» (paragraphe Altérations qualitatives des interactions sociales réciproques).
- « maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs, par exemple, battements ou torsions des mains et des doigts ou mouvements complexes de tout le corps » (paragraphe Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités).
Enfin, évaluer le mode de fonctionnement sensorimoteur de l’enfant permet, entre autres, de mettre en place une prise en charge spécifique. »
De plus dans l’ouvrage
Autisme et psychomotricité, la pertinence des aides des évaluations du bilan est détaillée pour tous les types d’évaluation.
S’il n’est pas souvent réalisé dans le cas de diagnostic d’adultes, par manque de professionnels disponibles surtout, on ne peut pas dire qu’il serve surtout à évaluer les comorbidités possibles.
Enfin, l’évaluation en psychomotricité est indiquée dans les recommandations de l’HAS.
recommandations HAS adulte