Interactions physiques

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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freeshost
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Re: Interactions physiques

Message par freeshost »

Le pouvoir insoupçonné du câlin.

Même les personnes célibataires devraient avoir droit aux câlins. Ceux-ci ne devraient pas être réservés uniquement aux cercles les plus intimes, les plus proches.

:mrgreen:
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Lia
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Re: Interactions physiques

Message par Lia »

Tiens ça M à fait pensé à une vidéo que j ai vu y a quelque temps. Elle fait référence justement au pouvoir du câlin pour le bien être du cerveau.

https://youtu.be/CNSylSf02WU
Je suis sur l arc-en-ciel ( diagnostiquée le 06.03.2017)
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piedsboueux
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Re: Interactions physiques

Message par piedsboueux »

Sylbao a écrit :Jusqu'à mes 15 ans, j'ai fui le contact, j'étais très mal à l'aise quand on s'approchait de moi, je ne m'approchais jamais des autres, je sais que c'est quelque chose de partagé sur le spectre autistique. J'avais certes des hypersensibilités tactiles, mais ce n'était pas le vrai problème. Et un jour, il y a eu un micro-événement, qui m'a mis la tête à l'envers.
J'ai pris conscience que ce n'était pas en adéquation avec mes aspirations, que j'avais très envie de m'approcher de certaines personnes. Et ce, évidemment, de façon totalement inadaptée. Exemple : j'ai de l'affection pour mon employeuse, je voudrais, j'en rêve même parfois la nuit, l'enlacer, mais ça ne se fait pas, du coup le malaise augmente encore plus, et je me retrouve à lui parler toujours à une distance de sécurité de deux mètres. (Finalement, en l'écrivant, c'est assez comique.)
Ça, c'est un exemple soft, mais pour d'autres personnes, ça dépasse d'autres limites. Ça rentrerait dans du -18, (pourtant, pour moi, ce n'est pas forcément sexuel), ça ferait donc fi de l'orientation, de l'exclusivité, etc. Parfois, malgré une anxiété dévorante, je passe à l'acte, mais ça n'est jamais vraiment ce que je veux. Sinon, je ne fais rien du tout, je reste à l'écart, dans la frustration et la tristesse. Tout ça a donné beaucoup de matière au psykk qui m'a suivie pendant quelques années... Alors que pour moi c'est là, précisément là, que je ressens le SA comme un handicap.
Je ne veux pas m'épancher outre mesure sur mon cas personnel en public. En tout cas je souhaite, en ouvrant ce sujet, savoir s'il y a d'autres aspies qui se retrouvent un peu dans ces problématiques profondes.
Et câlin virtuel à ceux qui veulent :kiss:
MOI a écrit :Jusqu'à mes 42 ans, j'ai fui le contact, j'étais très mal à l'aise quand on s'approchait de moi, je ne m'approchais jamais des autres, je ne savais pas que c'était quelque chose de partagé sur le spectre autistique. J'avais certes des hypersensibilités tactiles, mais ce n'était pas le vrai problème. Et un jour, il y a eu un événement, qui m'a mis la tête à l'envers: un coéquipier d'aviron m'a serré dans ses bras heureux de la course gagnée,
J'ai pris conscience que c'était en adéquation avec mes aspirations profonde, que j'avais très envie de m'approcher de certaines personnes. Et ce, évidemment, de façon totalement inadaptée, car comme un enfant, c'est pas une approche sexuelle mais les adultes de mon gabarit physique le prennent toujours comme tel et bloquent sur une gêne. Exemple : avec qui je parle un peu, qui me fascine plutôt (personnes rassurantes et fortes, plutôt des hommes comme j'aurais souhaité que mon père le soit, père qui m'accepte au lieu de fuir tout partage), je voudrais, j'en rêve même parfois la nuit, d'être dans leur bras, mais ça ne se fait pas, en plus il ya l'homophobie des uns (hommes) ou l'envie de sexe des femmes (ou des hommes) qui s'interpose, du coup le malaise augmente encore plus, et je me retrouve à parler (trop) et toujours à une distance de sécurité de deux mètres, avec les femme plus, à cause des produits chimiques de leur pâte à peau motif principal d'évitement de contact de la gens féminine.
pour moi, ce n'est pas forcément sexuel, ça ferait donc fi de l'orientation, de l'exclusivité, etc. Parfois, malgré une anxiété dévorante (la peur de refus, la peur de rejet), je passe à l'acte, je demande carrément qu'on me prenne dans les bras (en fait je cherche toujours à rendre aussi, si on me le fait, je le fait en retour), je demande surtout qu'on me soulève en me portant, ça permet de sentir une étreinte plus forte (pour moi c'est l'essentiel du besoin, si je suis contenu et serré fortement, ça me calme, je me détend totalement, si c'est pas assez, cela m'excite (j'ai envie encore plus et cela pourrait devenir sexuel par compensation), me frustre terriblement (avec les femmes ce n'est pas assez sauf sportive grande et forte c'est rare). Ce que je demande passe un peu comme un soin pour le dos, mais ça n'est jamais vraiment ce que je veux (toujours bâclé, trop fugace, et ça ne se fait qu'avec des personnes que je ne rencontre que très rarement, j'ai besoin d'un échange en sécurité avec du temps, plusieurs dizaines de minutes, l'idéal est de pouvoir s'assoupir voir DORMIR un moment blotti dans les bras, ou laisser couler des larmes, des sanglots même). Sinon, je ne fais rien du tout, je reste à l'écart, dans la frustration et la tristesse, à moins de trouver un sujet technique à causer, et j'ai compensé des années par le sport de relativement haut niveau, et à 42 ans j'ai chialé une vie dans les bras d'un jeune ami (un rameur d'aviron lui aussi) qui m'a accepté dans ses bras pour me consoler mais m'a abandonné brutalement gêné par ce contact, il était fascinant pour moi car très sociable, aimé de tous, syndrome du St-Bernard, grand et costaud mais en même temps d'aspect juvénile, comme un ange innocent de tout. Tout ça a donné beaucoup de matière au psychiatre sexologue qui m'a suivi pendant 11 ans... Alors que pour moi c'est là, précisément là, que je ressens le SA comme un handicap: selon mon mental analytique, un trouble de communication en bas âge + une sensualité différente entraîne une carence de partage sur le plan sensuel et un manque de contenance qui reste plus tard dans la vie à réparer car besoin immense très désiré et inaccessible cause cumul de souffrance traumatique ==> une galaxie de troubles psychologiques qu'on confond avec "l'autisme" autour du "noyau autistique" (le trou noir central) et je compte monter un groupe pour travailler sur des échanges d'étreintes fortes, dans un cadre qui l'autorise enfin.

Je voudrais parler de cela au public quitte à passer à la télé (j'ai écrit à "toute une histoire" espérant y être invité). En tout cas je souhaite, en poursuivant ce sujet, savoir s'il y a d'autres aspies qui se retrouvent un peu dans ces problématiques profondes. Grâce à internet j'ai rencontré durant 3 jours un correspondant qui partageait cela, 3 jours d'échanges réels en 10 ans de forum internet.
Et câlin réel à ceux qui veulent, venez me voir, je ne suis pas loin.
Modifié en dernier par piedsboueux le lundi 30 janvier 2017 à 16:44, modifié 4 fois.
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freeshost
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Re: Interactions physiques

Message par freeshost »

On peut voir que piedboueux a pris des tournures de phrases similaires à celles de Sylbao. :mrgreen:
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piedsboueux
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Re: Interactions physiques

Message par piedsboueux »

oui, par ce qu'en fait, c'est la même structure, juste le contenu change un peu. J'ai pu partager hélas pas encore concrètement, mais avec beaucoup de personnes, que cette structure se retrouve semble t'il toujours, à tel point que si je ne la retrouve pas, je pense que la personne ne se l'avoue pas. Elle semble souvent cachée par peur d'imaturité ou d'homophobie.
Et je pense que c'est un des traits caractéristiques du syndrome d'asperger, avec un manque, une carence qu'on devrait travailler en priorité. Mon expérience mentale et d'autres échanges affectifs suggère qu'elle se retrouve aussi chez toutes personne carencée en contact et communion, partage en bas âge avec la différence que chez les personnes doués de symbolisation (les non autistes), cette structure se sublime: l'attirance charnelle d'un contact sensuel global se sublime en recherche d'échange symbolique, dont la sexualité construite sur l'idéal sociétal, le langage, et la sensualité carencée se fixe plutôt sur les phantasmes associés aux attributs sexuels secondaires avec toujours un jeu de domination (couple de personne en demande qui pleure, avec l'autre en don qui refuse, ce qui augmente l'attachement et la solidité du lien qui devient une identification à la souffrance avec l'enjeu de l'espoir. Se combler met en danger ce lien, alors on se frustre exprès pour espérer à fond, et ça n'arrive jamais: la dette de câlin rend aussi accros qu'un baisé par sa banque qui veut qu'on le rembourse.. résultat il l'a dans le Q
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Re: Interactions physiques

Message par freeshost »

piedsboueux a écrit :Mon expérience mentale et d'autres échanges affectifs suggère qu'elle se retrouve aussi chez toutes personne carencée en contact et communion, partage en bas âge avec la différence que chez les personnes doués de symbolisation (les non autistes), cette structure se sublime: l'attirance charnelle d'un contact sensuel global se sublime en recherche d'échange symbolique, dont la sexualité construite sur l'idéal sociétal, le langage, et la sensualité carencée se fixe plutôt sur les phantasmes associés aux attributs sexuels secondaires avec toujours un jeu de domination (couple de personne en demande qui pleure, avec l'autre en don qui refuse, ce qui augmente l'attachement et la solidité du lien qui devient une identification à la souffrance avec l'enjeu de l'espoir. Se combler met en danger ce lien, alors on se frustre exprès pour espérer à fond, et ça n'arrive jamais: la dette de câlin rend aussi accros qu'un baisé par sa banque qui veut qu'on le rembourse..
J'avoue ne pas avoir tout saisi dans ce passage. :crazy:

Mais je peux comprendre qu'il y a une différence entre les personnes qui recherchent une homéostasie individuelle (comme moi) et celles qui recherchent une homéostasie à deux (ou plurielle). :mrgreen:

Je ne suis pas fan de la stratégie "créer ou entretenir des problèmes pour donner le rôle de héros à des "sauveurs"".
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Re: Interactions physiques

Message par piedsboueux »

ce passage est échangeable (partagé) avec des gens plus agés, il faut un certain recul, une expérience de vie.
Je ne suis pas fan de la stratégie "créer ou entretenir des problèmes pour donner le rôle de héros à des "sauveurs"".
C'est pourtant une expérience initiatique d'intérêt majeur: rencontrer la réalité de la connerie humaine, la ressentir dans toute sa tragédie, et cela permet de chialer autant qu'en une vie entière (tant c'est con)

Ce qui est con c'est de construire une relation sur le maintien de l'espoir plutôt que sur le partage, la relation est maintenu par l'espoir de sortir de la frustration, mais c'est la frustation qui est la relation: comme si on avait peur du bonheur de partager par ce que partager rendrait caduque ensuite la relation, puisque comblé de bonheur on en aurait plus besoin.
Un ami, c'est toujours quelqu'un d'important, quelqu'un qui peut devenir un sauveur, et vice versa, un ami porteur d'une relation engagé peut "sauver", du fait qu'il a le pouvoir d'acceuillir et de partager ce qui est réellement lourd dans le coeur de ne pas avoir été partagé.. Cela se paie cher de rester à espérer: le prix de la dépendance affective, qui est d'autant plus forte que le besoin de partager est grand.. c'est pas grave si on en est conscient et qu'on n'en reste pas là justement, que cela dure juste le temps de s'aprivoiser. Le texte du "petit prince" y fait référence quand le renard explique comment faire de lui un ami "tu dois d'abord m'apprivoiser pour que tu ne soit pas quelqu'un de banal, comme les autres mais quelqu'un d'unique qui me manque quand tu n'es pas là, ainsi je serait heureux quand je te verrais", et quand on se sépare "le seul risque c'est de pleurer un peu".
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