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Défi sportif. Gwen Le Ny au sommet de sa forme
18 juillet 2015 / Yann Le Gall /
Parti le 11 juillet de Thonon-les-Bains, Gwen Le Ny a prévu de rallier Menton le 25 juillet, au terme de quinze étapes
Accroc aux défis estivaux, Gwen Le Ny monte d'un cran cet été. Le coureur enquille les cols alpins dans un parcours de 622 km. L'inclusion des élèves autistes dans le milieu scolaire reste le leitmotiv du CPE de Saint-Sébastien.
À 47 ans, Gwen Le Ny continue de s'épater lui-même : « J'ai commencé la course à pied à 40 ans. Depuis, je parcours la France chaque été et là, je grimpe les Alpes. J'en ai toujours sous la semelle. C'est génial ». Un enchaînement col de la Madeleine, du Glandon, Croix de Fer ou du Molard, même étalé sur trois jours, ça mérite effectivement le grand respect. D'autant que le Landernéen supporte à la fois la canicule et la traction de sa « Willy », drôle de carriole portant son paquetage : tente, habits, nourriture, eau, etc. 22 kg de logistique sur roulettes qui lui permettent de vivre son périple en totale autonomie mais qui deviennent une tonne lorsque la pente passe à 10-11 %. « C'est bien simple, au-delà de 6 %, je marche. Je perds moins de temps et d'énergie ». Gwen Le Ny ne cherche pas les records de vitesse. Quand on court, chaque jour, « un petit marathon avec un dénivelé super-important », on ne regarde pas trop sa montre, on écoute surtout son corps.
De Thonon à Menton en 14 jours
Parti le 11 juillet de Thonon-les-Bains (74), il a prévu de rallier Menton (06) le 25 juillet, au terme de quinze étapes : « 33 km pour la plus courte, 57 km la plus longue ». Le réveil sonne généralement vers 6 h 30, « pour éviter trop de chaleur ». Certains campings d'arrivée sont atteints à la mi-journée. D'autres après 11 heures d'efforts, comme ce jeudi où le col de la Madeleine, juché à 2.000 mètres d'altitude, figurait au menu. « C'est presque l'étape qu'emprunteront les coureurs du Tour de France la semaine prochaine. D'ailleurs, il y a plein de camping-caristes déjà installés au bord de la route. Je croise quantité de cyclistes aussi. Je n'ai jamais autant discuté avec des gens et reçu autant d'encouragements depuis que je me suis lancé dans ce type de parcours ».
Pour Mathieu Paul et les autres
Végétarien, Gwen Le Ny carbure simplement à l'eau claire. Pas d'assistance électrique dissimulée non plus. Son moteur à lui, outre ses jambes, ce sont les élèves autistes que le conseiller pédagogique de Saint-Sébastien a vu grandir et s'épanouir dans l'établissement catholique landernéen : « Je pense à Mathieu, l'un des premiers élèves diagnostiqués autistes, arrivé en sixième, il y a dix ans, au moment où je prenais mon poste. Il vient de décrocher son BTS. Je pense aux deux élèves qui viennent d'obtenir leur bac. Je pense également à Paul, qui a déménagé et est entré dans un établissement pour adolescents autistes. Aujourd'hui, il a son appartement à Clermont-Ferrand et vit sa vie. Je pense à eux quand je suis dans le dur et, cette année, j'y pense souvent », rigole Gwen Le Ny.
« Sur une autre planète »
L'inclusion des élèves autistes, c'est précisément le combat mené par les associations Asperansa, Lud'autisme et Autisme Cornouaille, trois associations dont il véhicule la promo sur son parcours. Pour l'heure à l'horizon, les transats de Menton accéléreront peut-être la transition du retour au quotidien. « Mais je continuerai de courir un peu. On ne redescend pas sur terre comme cela. Là, je suis sur une autre planète ».
Cette année, le Landernéen reçoit aussi le soutien du Rotary-club de Landerneau et des anesthésistes de Keraudren-Grand Large ainsi que leur direction. Par le relais de Jean-Luc Fourn, rotaryen fondu de course à pied, le club appuiera la sensibilisation à l'autisme à travers une journée d'actions, le 28 avril 2016.
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Atypique sans être aspie. Maman de 2 jeunes filles dont une aspie.