FloretteRanou a écrit :Cela fait un moment que je réfléchis aux effets positifs de la dépression et notamment son lien avec la créativité / développement de la personnalité.
La dépression est-elle une maladie à éliminer ou est-elle la contrepartie nécessaire au génie créatif et aux grandes réalisations ?
Ça ne va pas toujours de pair avec un esprit créatif.
Et personnellement, j'aimerais éviter de vivre toute ma vie avec des idées très noires et suicidaires. Tu finis par être tellement épuisée que tu n'as plus envie de créer, tu es fatiguée à l'idée de te lever et de dessiner, une des seules choses qui te tenait debout.
La mélancolie que tu décris est quelque chose qui peut être positif, et participe à l'évolution de notre maturité personnelle.
La dépression (donc celle qui enlève les plaisirs petit à petit, amène les idées noires, suicidaires -voire qui conduit au suicide-, empêche de dormir, t'angoisse, te ronge, t'épuise), c'est différent, parce que ça détruit beaucoup de choses, sur des années (le plus souvent). Alors oui, j'ai grandi, très vite même. Mais à quel prix? Je ne dis pas que c'est complètement négatif non plus. Mais il y a différents niveaux.
Il y a des dépressions réactionnelles, existentielles, saisonnières, chronique, masquée, majeure...
Personnellement, c'est passé de dépressions de temps à autres, à chronique, puis sévère, grave par certaines périodes en une dizaine d'années. Le médecin du CRA a qualifié ça de troubles dysthymiques.
La dysthymie est un trouble de l'humeur chronique impliquant un spectre dépressif. Elle est considérée en tant que dépression chronique, mais moins sévère qu'une dépression clinique. Ce trouble est une maladie chronique et persistante1. Le terme est crédité par James Kocsis durant les années 19702.
[...]
La dysthymie est une forme chronique persistante de dépression partageant les mêmes symptômes caractéristiques de la dépression clinique majeure (forme de catégorisation de la mélancolie). Cette forme est moins intense cependant que la dépression majeure4. Ces signes et symptômes peuvent inclure :
- Sentiment de désespoir
- Sentiment d'inutilité (sans espoir)
- Insomnie ou hypersomnie
- Baisse d'énergie ou asthénie
- Faible estime de soi
- Difficultés de concentration ou difficultés à prendre des décisions
- Irritabilité
En gros, tu es dans un état dépressif plutôt élevé de manière constante et avec des hausses (et plus rarement, des moments relativement plus légers).
FloretteRanou a écrit :Il existe une théorie utilisée par les HPI pour décrire le développement de leur personnalité : la théorie de désintégration positive de Dabrowski :
http://wiki.zebras-crossing.org/doku.ph ... :dabrowski
Cette théorie affirme que le développement de la personnalité se fait par un ensemble de crises « existentielles » et certaines personnes plus sensibles auraient des prédispositions à se développer d’avantage.
Je connais, oui.
Mais ça parle bien de "crise", une crise est quelque chose qui ne s'étale pas dans le temps par définition...
Soi-même, on a du mal à admettre qu'on est malade au début. Alors comment qualifier ça?
Ixy a écrit :On dit qu'un aspie peut être dans un état dépressif sans s'en rendre compte. J'ai du mal à savoir si c'est une part de déni (ce qu'on dit souvent à propos de la dépression) ou du fait qu'il est difficile pour un aspie de décrypter ses émotions.
J'ai passé au moins quatre ans dans le flou avant qu'on me dise que c'était de la dépression...
Je croyais que c'était normal de passer par là en fait. Je pense qu'effectivement, il y a une difficulté à reconnaître les signes, les identifier (donc les émotions aussi), et à comparer avec les autres, vu que ça nous fait défaut à la base.