Hydrean a écrit : ↑mardi 4 mars 2025 à 0:14Les choses peuvent se baser sur du factuelle il n’en reste pas moins que ce qui en ressort est interprétatif et soumis à nos biais.
Et l’illusion est dans le fait de vouloir tenter de s’en extirper d (spoil on est et on restera avec des biais)
Que l'on reste avec des biais au bout du compte (et qu'aucune personne n'y soit immunisée), oui, c'est d'ailleurs bien ce que je dis.
Par contre,
non, toujours pas, pour ce qui suit :
tout n'est pas forcément interprétatif (autre variante du point de vue).
Nous arrive-t-il de traiter la réalité (factuelle) en la "passant" dans notre "scanner mental" biaisé ("scanner" qui nous sort à l'arrivée
un point de vue interprétatif représentant selon nous
la réalité) ? Bien sûr, fréquemment même, le fonctionnement humain reposant sur des repères mentaux, mais aussi sur des normes à échelle sociétale, des idéologies tantôt brutales, tantôt ordinaires, mais surtout souvent invisibles ; bien sûr que dans un système normatif on se rend compte des divers aspects de notre monde, mais
on ne les questionne pas spontanément, ou alors difficilement, par soi-même, vu que justement ces normes, ces idéologies, conditionnent notre réflexion.
Mais notre constat du factuel n'est pas toujours interprété au travers de biais (et donc détourné à sa sauce), loin de là.
D'autant que la réalité existe [oui je viens vraiment d'écrire ça, j'en suis là, punaise faut que j'aille dormir
] : genre, si je grille un feu rouge et que je rentre dans une mamie avec ma voiture
la mamie souffre voire meurt
réalité et suite d'événements non-interprétatives.
/
Et bien que
conditionnement il y ait,
déconditionnement il y a aussi.
Si l'espoir de nous extirper de nos biais (donc totalement) est effectivement une illusion, cela ne doit pas pour autant nous décourager à les surveiller, les identifier, les déconstruire autant que possible.
Parce que ça ne concerne pas que nous : ce conditionnement, il conditionne non pas seulement nos pensées et nos actions (sans oublier notre sort selon divers facteurs), mais aussi la réalité, au sens
conséquences, d'
autres personnes, humaines ou pas. Et ça, c'est du factuel, brut, rien d'interprétatif.
Comme pour la mamie.
Ce qui nous ramène donc en plein dans le sujet de ce fil, car comme le disait très justement Sayyida
[tu vois que ça valait le coup de relancer le sujet
] :
Sayyida a écrit : ↑lundi 3 mars 2025 à 21:37il est ici question d’
une vie, d’
un être dont l’existence même
dépend de
décisions que l’on voudrait délester du poids de la
responsabilité.
Maintenant : la notion de
conséquences n'est pas "tout d'un côté rien de l'autre". Des conséquences, il y en a pour tout le monde.
Mettre une personne face à ses contradictions, face aux faits qu'elle tente de réfuter pour apaiser son inconfort, la vexer, se fâcher, etc., cela a aussi des conséquences. Le problème, c'est que si on veut à tout prix préserver les gens de ces contrariétés (ou boulversements), alors on ne peut plus remettre en cause leurs comportements, et dans ce cas-là, on ne peut plus non plus lutter pour celleux qui payent les conséquences de ces comportements.
Or, pour rebondir sur ce que disait Ostara, qui parlait du devoir de ne pas prendre à la légère des situations comme relatée dans ce topic : nous pouvons, à défaut d'obtenir que son autrice tombe d'accord avec nous
(jamais mon objectif et toute manière ça ne peut venir que de soi-même),
entretenir un dialogue global autour de telles problématiques. Ce qui passe par
dire les choses fâcheuses ; on ne peut pas
combattre ce qui n'est
pas clairement identifié (et ce "combat" si tu as suivi il est AUSSI envers NOUS-MÊMES puisqu'il s'agit de biais auxquels personne n'échappe).
Bon, toute la difficulté c'est que
"clairement identifié" ≠
clairement reçu (ou
recevable). Alors si en plus on cherche à brosser l'autre dans le sens du poil, comment fait-on pour entretenir un dialogue global, de
sensibilisation à des choses
graves, avec un
impact concret et là aussi
global sur des
personnes, humaines ou non (et comment celles-ci font-elles pour être soutenues du coup, si on ne peut pas faire remarquer les modifications nécessaires à leur soutien, global encore une fois, au sens
cause) ?
Et ça ne vise même pas que Samara, puisque je parle de globalité : toute mise à jour, toute acceptation de voir les choses en face (ne serait-ce que la menace de l'éventualité d'une telle acceptation), est inconfortable.
Mais ce ne sera jamais aussi inconfortable que d'être de l'autre côté de la balance des privilèges, du côté des personnes — humaines ou non — qui subissent ce refus global et cumulatif de voir les choses en face, et demeurent traitées, en tant que groupes, comme on n'aurait souvent même pas idée de traiter d'autres groupes.
M'enfin voilà.
Bah ouais, évidemment que ça fait chier !
