Benoit a écrit :Il faut sans doute que je précise, ce que je veux dire sur le volet "commercial" c'est que quelle que soit l'intérêt de cette traduction pour avancer la cause de l'autisme, elle n'aura pas lieu si elle n'est pas rentable.
Je comprends oui, mais pour moi c'est un peu Jörmungand (=serpent qui se mord la queue) car tant qu'on "vendra" de l'
autiste qui a besoin d'être sauvé, c'est ça que les gens voudront acheter. Je ne pense pas avoir besoin d'être sauvée, mais j'ai bien conscience que si c'était le cas ma vie serait bien plus facile. Je crois que c'est un peu pareil concernant les bouquins et la représentation de l'autisme: ce qui est vs ce que les gens voudraient qui soit. L'exemple de l'épée dans la brume me semble pertinent car il a bénéficié d'une bonne couverture médiatique, je crois qu'il a été très lu. A mon avis c'est parce qu'il représente tout ce que les gens veulent que l'autisme soit (je ne sais pas si c'est très clair).
Le livre de Silberman est un peu à contre-courant de ça, du coup si tu demandes à des gens s'ils ont envie de lire un bouquin qui déconstruit un mythe qui semble arranger tout le monde (avec tout ce que l'autisme peut contenir de fantasmagorique), à première vue ils préfèreront les petits chats.
C'est le souci de la rentabilité qui ne rime pas toujours avec information.
Environ 500 pages de contenu "technique", ça représente (j'inclus la relecture et la correction) en général un tout autre budget qu'un bouquin de 100 pages écrit gros qui parle de banalités. On parle d'un contenu "de référence", du type qu'il faudrait mettre dans les lectures universitaires. Il faut par exemple harmoniser le vocabulaire (voire définir des termes).
Je constate dernièrement un laisser aller hallucinant concernant les traductions chez certains éditeurs. Un des derniers livres que j'ai lus ma paru vraiment "traduit avec les pieds", et sans blague je doute fortement qu'il ait été relu avant publication. Je crois que ce n'est plus ce que c'était, dans ce domaine.
Sans parler des livres que j'ai lus à la fois en anglais et en français: sur certains sujets (notamment l'écoféminisme) je ne serais pas surprise qu'un jour on retrouve un paquet d'idées en train de flotter sur l'atlantique tellement il y a de "disparitions" durant le processus...
Bonne idée la pétition, je veux bien de l'aide si quelqu'un a des idées.
Ca serait bien aussi de trouver quelqu'un de connu qui accepte d'en faire une préface, et ça aidera à faire tourner la pétition.
Carrément oui! La version anglaise est préfacée par O.Sacks déjà ça en jette (et il est assez plébiscité en France).
Il faudrait voir avec superpépette, la fille pas sympa par exemple tu crois? A.Ouellette serait peut-être intéressé aussi?
FH a écrit :[Les gouvernements peuvent subventionner les traductions d'ouvrages scientifiques plutôt que l'armement et autres machines à détruire des vies.

]
Heu là vu que le sujet c'est un peu "penser différemment", je doute que ça colle avec les projets en cours
Flower a écrit :Je pense que les histoires de chatons (ou chevaux) qui "sauvent" des enfants autistes, ce sont des histoires qui s'adressent au grand public, donc de ce point de vue-là, leur publication rapporte probablement davantage.
Bah on peut mettre un chat dans la préface, ou un petit lapin (très bankable le petit lapin aussi

)
Un livre comme celui-ci en revanche s'adresse aux professionnels et aux personnes concernées directement ou indirectement, donc bien sûr se vendra moins (mais à un prix plus élevé). Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'intérêt à le traduire, on a bien traduit le pavé de Tony Attwood et "l'autisme pour les Nuls". Mais ce genre de traductions, ce sont des éditeurs spécialisés qui peuvent les sortir, pas un éditeur généraliste. Donc il faudrait cibler.
Il n'est pas si scientifique que ça, en fait il me semble abordable et potentiellement "tendance" notamment à cause du côté geek/Silicon Valley. "Scientifique", c'est surtout dans la mesure où il remet de l'ordre dans les histoires de vaccins, frigos et autres avancées qui peinent visiblement à franchir nos frontières. C'est vraiment de la vulgarisation, à ce que j'en ai lu pour l'instant.
Dans la préface, Sacks dit
"I know of no one else who has spent so much time simply listening, trying to understand what it is like to be autistic."
A mes yeux, c'est précisément pour ça qu'il faut le rendre accessible, et à la fois c'est aussi précisément pour ça que ça va être difficile à réaliser et à vendre. Essayer de comprendre c'est admettre qu'on ne comprend pas. En France, il me semble que tout le monde a tellement déjà tout compris que l'intérêt peut sembler limité à leurs yeux...
+1 concernant la francophonie, il y a le Québec en plus!
hazufel a écrit :Il faudrait contacter des éditeurs qui ont ce genre d'ouvrages dans leur catalogue (comme De Boecke et sa série TED, ou AFD qui s'adresse aux professionnels mais aussi aux parents, etc.). Eux pourront ensuite demander les droits puis faire traduire.
Je ne sais pas si ça rentre dans le cadre de De Boecke et cie... C'est quand même beaucoup moins "clinique" que Vermuelen and co... En avançant dans ma lecture je pourrais peut-être me faire une idée.
hazufel a écrit : Et Misty, tu peux ensuite te proposer comme traductrice (l'auteur est toujours avisé des cessions de droits, donc puisque tu as maintenant son contact, c'est top), et certainement pas bénévolement. C'est un gros boulot.
Je sais, mais à la fois ça me semble négociable: bien sûr que s'ils veulent un truc rapide qui me demande un investissement max il faudra me payer dans le sens où ça m'empêcherait de travailler. Si je le fais bénévolement, ils devront tenir compte de la possibilité que je reprenne un boulot à mi-temps ou sur quelques mois. Dans ce cas même si je pourrais bosser dessus je serais forcément moins productive...
Je pense que ça dépend de plein de choses.
