Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

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Jean
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par Jean »

Évolution des demandes de soins médicaux liés au genre chez les adolescents transgenres et de genre différent

Les jeunes autistes ne demandent pas plus que les neurotypiques à changer de traitement lié à la transition de genre.

Adolescent heath :Traduction de "Shifts in Gender-Related Medical Requests by Transgender and Gender-Diverse Adolescents" _ 17 décembre 2022
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... dolescents
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MamanDeEnzo
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par MamanDeEnzo »

Pour mon fils Enzo ça a clairement l'air d'être le cas, il adore s'habiller en princesse
Stéphanie, Maman de Enzo 4 ans, diagnostiqué autiste non verbale fin 2023
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Tugdual
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par Tugdual »

Peux-tu mettre à jour ta signature (dans ton profil) avec ton
statut quant au diagnostic (voir notre charte, chapitre 1.2) ?
Spoiler : Pour modifier la signature : 
  • cliquer (en haut à droite) sur ton pseudo ;
  • dans le menu qui apparaît, cliquer sur "Panneau de l'utilisateur" ;
  • cliquer sur l'onglet "Profil" ;
  • cliquer (à gauche) sur "Modifier la signature" ;
  • préciser le statut dans la zone d'édition
    (exemples : suspicion de TSA, TSA diagnostiqué, parent, conjoint, proche, non concerné(e)...) ;
  • cliquer (en bas) sur "Envoyer".
D'avance merci...

Penser aussi à une petite présentation dans la section idoine...
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).
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freeshost
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par freeshost »

Bienvenue ! MamanDeEnzo !

Pour en savoir plus le spectre autistique, il est possible de dévorer ici. :P

Je partage aussi diverses ressources . :P
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

Diagnostiqué autiste en l'été 2014 :)
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Kimagine
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par Kimagine »

MamanDeEnzo a écrit : dimanche 21 avril 2024 à 21:29 Pour mon fils Enzo ça a clairement l'air d'être le cas, il adore s'habiller en princesse
Bonjour, je me permets car je trouve cela tellement important.

Je suis moi-même autiste et trans.
J'ai énormément souffert du fait d'avoir eu le sentiment que mon identité de genre, plutôt masculine, semblait décevoir ou faire rire mes parents, et qu'en tout cas ce n'était pas quelque chose de valide. J'en ai, je crois avec le recul, fait une dépression pendant presque toute mon enfance et mon adolescence. Et je ne suis pas lae seul.e... Les enfants sont très perméables aux micro-réactions des parents, même quand on essaye de ne pas montrer parfois une phrase, un tic, une expression et on sait que ce n'est pas "normal" et que ce serait vraisemblablement mieux si on n'était pas comme ça. Alors on se cache, on a l'impression que sinon on ne sera plus aimé, ou qu'on a pas le droit d'être comme ça tout simplement.

Je me permets donc un peu d'information et quelques "conseils" pour accompagner au mieux votre enfant si son identité de genre assignée à la naissance lui pose question ou ne lui convient pas.

Pour commencer la "dysphorie de genre" est un symptome qui se manifeste par la souffrance de percevoir son corps comme n'étant pas en adéquation avec le genre auquel on s'identifie. Toutes les personnes qui font de la dysphorie de genre ne sont pas trans. Et à l'inverse, toutes les personnes trans ne font pas de la dysphorie de genre, ou n'en font pas toute leur vie.

Être trans, c'est s'identifier du point de vue du rôle social / de sa personnalité à un genre autre que celui assigné à la naissance (dans le cas de votre enfant, "garçon"): que l'on s'identifie au genre "opposé" (fille), entre les deux, en dehors de ces catégories, ou que ça fluctue (on a toustes des fluctuations dans les ressentis de soi, et ça peut aussi concerner l'identité de genre).
Toutes les personnes trans ne veulent pas prendre des hormones et/ou faire de la chirurgie non plus - ce sont des choix personnels, que l'on fait souvent après avoir réfléchi plusieurs années, sauf quand on a la certitude depuis tout petit de son identité de genre (ce n'est pas le cas de toutes les personnes trans).

Bref, il n'y a rien à "soigner" ou "corriger" concernant votre enfant. Peut-être que ce déguisement est juste un déguisement, ou peut-être que c'est une façon d'essayer d'être un peu plus comme il/elle/iel voudrait être. Le mieux, étant donné qu'on ne peut pas lire dans les pensées des autres, c'est de lui poser la question en étant à l'écoute, en respectant sa parole. Et s'il/elle/iel change d'avis plus tard, eh bien vous pourriez vous réadapter de nouveau.
Ce serait un bon moyen de le/la/lae sécuriser et de l'accompagner si le genre est effectivement un sujet d'interrogation.

Bien cordialement,
Kim
Chercheur en trans studies et disability studies
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Diagnostiqué.e TSA et HP en 2019
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Jean
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par Jean »

Les personnes transgenres autistes signalent de moins bonnes expériences en matière de soins de santé
par Ma Clinique
21 janvier 2025


Des chercheurs du Centre de recherche sur l'autisme de l'Université de Cambridge ont découvert que ces personnes déclarent également bénéficier de soins de santé de moindre qualité que les personnes autistes et non autistes dont l'identité de genre correspond au sexe assigné à la naissance (cisgenre).

Les résultats ont des implications importantes pour les soins de santé et le soutien des personnes autistes transgenres/de genre divers (TGD). Il s'agit de la première étude à grande échelle sur les expériences des personnes autistes TGD et les résultats sont publiés aujourd'hui dans Autisme moléculaire.

Des recherches antérieures suggèrent que les personnes autistes et les personnes TGD ont séparément des expériences de soins de santé moins bonnes et sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic de problèmes de santé physique et mentale que les autres personnes. En outre, une étude réalisée en 2020 auprès de plus de 640 000 personnes, réalisée par l’Autism Research Center de Cambridge, a révélé que les personnes TGD sont plus susceptibles d’être autistes et présentent des niveaux de traits autistiques plus élevés que les autres personnes. Plusieurs autres études confirment désormais ce constat et montrent que les personnes autistes sont plus susceptibles que les autres de souffrir de dysphorie de genre. Malgré ces résultats, aucune étude ne prend en compte les risques de problèmes de santé mentale, de problèmes de santé physique et de qualité des soins de santé chez les personnes autistes TGD.

Dans la plus grande étude à ce jour sur ce sujet, l'équipe de l'Autism Research Center a utilisé une enquête anonyme et auto-déclarée pour comparer les expériences de 174 personnes autistes TGD, 1 094 personnes cisgenres autistes et 1 295 personnes cisgenres non autistes.

L'enquête a évalué les taux de problèmes de santé mentale et de problèmes de santé physique, ainsi que la qualité de 51 aspects différents des expériences de soins de santé. Les questions sur les expériences en matière de soins de santé étaient très variées et comprenaient des questions sur la communication, l'anxiété, l'accès et la défense des intérêts, les problèmes au niveau du système et les expériences sensorielles, entre autres. Ils ont abordé plusieurs aspects très fondamentaux des soins de santé, notamment en demandant aux participants d'approuver des déclarations telles que « Si je dois aller voir un professionnel de la santé, je peux y arriver », « Je suis capable de décrire l'intensité de ma douleur », » et « Je comprends généralement ce que mon professionnel de la santé veut dire lorsqu'il parle de ma santé ».

Les adultes autistes TGD et cisgenres autistes ont signalé des expériences de soins de santé significativement moins bonnes dans 50 éléments sur 51 par rapport aux personnes cisgenres non autistes, confirmant que les personnes autistes semblent bénéficier de soins de santé de moins bonne qualité que les personnes cisgenres non autistes, quelle que soit leur propre identité de genre.

Par rapport aux personnes cisgenres non autistes, les personnes autistes TGD étaient trois à 11 fois plus susceptibles de signaler de l'anxiété, des arrêts et des crises liés à des expériences de soins de santé courantes.

Pour 10 adultes cisgenres non autistes ayant approuvé les déclarations suivantes, en moyenne, seuls deux adultes autistes cisgenres et un seul adulte autiste TGD ont déclaré qu'ils : (i) comprenaient ce que leur professionnel de la santé voulait dire lorsqu'il parlait de leur santé ; (ii) savaient ce qu'on attendait d'eux lorsqu'ils consultaient un professionnel de la santé ; ou (iii) étaient capables de décrire l'intensité de leur douleur.

Les personnes autistes TGD et les personnes autistes cisgenres étaient plus susceptibles de signaler des problèmes de santé physique et mentale à long terme qui avaient été formellement diagnostiqués, suspectés ou dont l'évaluation avait été recommandée par les cliniciens. Pour 10 personnes cisgenres non autistes ayant au moins un problème de santé physique diagnostiqué, il y avait 15 personnes cisgenres autistes et 23 personnes autistes TGD. Pour 10 personnes cisgenres non autistes ayant signalé au moins un problème de santé mentale diagnostiqué, 50 personnes cisgenres autistes et 109 personnes autistes TGD ont signalé la même chose.

De manière alarmante, il est désormais bien établi que les personnes autistes et les personnes TGD courent un risque beaucoup plus élevé de suicide et de comportements liés au suicide que les autres personnes. En 2023, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a spécifiquement reconnu les personnes autistes comme un groupe prioritaire dans son Stratégie de prévention du suicide pour l’Angleterre : 2023 à 2028. La nouvelle étude a révélé que, par rapport aux personnes non autistes et cisgenres, les personnes autistes cisgenres étaient 4,6 fois plus susceptibles et les personnes autistes TGD étaient 5,8 fois plus susceptibles de signaler des actes d'automutilation.

Ces résultats s’ajoutent au nombre croissant de preuves selon lesquelles de nombreuses personnes autistes ont une santé mentale inacceptablement mauvaise et courent un risque très élevé de comportements liés au suicide. Nous devons considérer comment d’autres aspects de l’identité, y compris le genre, influencent ces risques. »
Dr Elizabeth Weir, chercheuse postdoctorale au Centre de recherche sur l'autisme et l'une des principales chercheuses de l'étude


Ces résultats soulignent l’importance de considérer l’intersectionnalité dans les contextes cliniques, y compris les risques pour la santé des personnes possédant de multiples identités minoritaires. Les chercheurs affirment que les cliniciens devraient être conscients de ces risques et des obstacles uniques aux soins de santé que les personnes autistes TGD peuvent rencontrer. Les résultats soulignent également que les personnes autistes et transgenres/de genre divers connaissent des taux particulièrement élevés de problèmes de santé mentale et de risques d’automutilation.

Le professeur Sir Simon Baron-Cohen, directeur du Centre de recherche sur l'autisme et membre de l'équipe, a déclaré : « Nous devons réfléchir à la manière d'adapter les systèmes de santé et les soins individuels pour répondre aux besoins des personnes autistes transgenres/de genre divers. Décideurs politiques, cliniciens , et les chercheurs devraient travailler en collaboration avec les personnes autistes pour améliorer les systèmes existants et réduire les obstacles aux soins de santé.
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Jean
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Message par Jean »

https://www.lemonde.fr/sciences/article ... 50684.html
Transidentités : une étude française contredit une théorie antitrans
Lilas Pepy

Une nouvelle analyse d’une enquête européenne sur plus de 135 000 citoyens LGBT+ met à mal les bases scientifiques contestées sur lesquelles s’appuient des pays comme les Etats-Unis pour adopter des lois transphobes.

Dans un article paru dans The New England Journal of Medicine (NEJM) le 18 février, deux médecins et un avocat dénoncent les lois répressives et transphobes adoptées aux Etats-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, expliquant qu’elles « soulignent un effort plus large visant à faire reculer les droits des personnes trans et non binaires ». Or, « la recherche a constamment démontré les effets positifs de l’accès aux soins d’affirmation de genre » sur la santé, et ces soins sont loin d’être « expérimentaux » ou assimilables à une « mutilation », écrivent-ils.

« Cela promet davantage de stigmatisation, de harcèlement et de discrimination à l’égard des jeunes transgenres », redoute le pédopsychiatre américain Jack Turban. En 2022, dans un article de Pediatrics, il rappelait que la théorie de la Rapid-Onset Gender Dysphoria (« dysphorie de genre à apparition rapide », ROGD) a été utilisée par les législateurs aux Etats-Unis pour interdire les soins d’affirmation de genre aux adolescents trans, en dépit du « soutien sans équivoque » de grandes organisations médicales à ces soins.

Théorisée en partie par la docteure Lisa Littman (Plos One, 2018), la ROGD émet l’hypothèse d’une vague de transition de genre soudaine chez les adolescents, qui subiraient une « contagion sociale » à travers l’influence des réseaux sociaux. Lisa Littman laisse par ailleurs entendre que cela concernerait davantage les personnes AFAB (pour Assigned Female at Birth, « assignée femme à la naissance ») : l’image dégradée de la femme véhiculée sur les réseaux sociaux les plongerait dans un profond désarroi, dont elles sortiraient en transitionnant vers le genre masculin.

L’article de M. Turban en soulignait pourtant les « limites méthodologiques considérables » : vivement critiquée à la sortie, l’étude avait fait l’objet de corrections en 2019 par l’autrice limitant de manière substantielle la portée des résultats. Mais cette théorie a prospéré, d’autant que, depuis les années 2000 et l’émergence des réseaux sociaux, on assiste à une inversion du sex-ratio jusqu’ici inexpliquée. Les personnes AFAB sont désormais plus nombreuses à l’adolescence que celles assignées hommes à la naissance (AMAB, pour Assigned Male at Birth), notamment dans les cliniques pédiatriques.

L’âge du coming in

Dans une étude transversale parue en décembre 2024 dans European Child & Adolescent Psychiatry, la chercheuse Claire Vandendriessche et le professeur de psychiatrie David Cohen – qui dirige une consultation consacrée à l’accueil des mineurs trans ou en questionnement à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris – ont cherché d’autres pistes d’explication à ce ratio, tout en testant des hypothèses issues de la théorie de la ROGD. Ils se sont appuyés sur une vaste enquête menée dans trente pays européens, la LGBTI Survey, parue en 2019, et ont exploité des données portant sur 137 553 citoyens LGBT+, dont 18 698 personnes trans.

En cohérence avec d’autres études, les résultats traduisent une prédominance de personnes assignées femmes à la naissance au sein des 15 à 17 ans, qu’il s’agisse de femmes lesbiennes ou bisexuelles, ou de jeunes trans masculins. Le ratio s’inverse à l’âge adulte, avec 42 % de personnes AFAB au sein de la communauté LGBT+.

Pour la première fois, en revanche, cette étude d’ampleur européenne montre une corrélation entre l’âge du coming out trans et le genre assigné à la naissance. Chez les personnes ayant eu un coming in (âge à laquelle une personne LGBT+ prend conscience de son identité de genre ou de son orientation sexuelle) avant 18 ans, les hommes trans ont fait leur coming out à 18,8 ans, contre 23,4 ans pour les femmes trans, quand les hommes gay cisgenres partagent leur orientation sexuelle et/ou romantique à 19,1 ans, et 17,5 ans pour les femmes lesbiennes cisgenres. « [Les personnes AFAB] sont donc plus susceptibles (…) d’accéder à des services liés aux minorités sexuelles ou de genre », écrivent les auteurs.

« Ce que l’on démontre, ce n’est pas tant la prépondérance de jeunes personnes transmasculines dans les cliniques pédiatriques ou dans la population générale qu’une absence de jeunes personnes transféminines qui demeurent dans le placard », commente l’autrice. Et ce, peu importent les pays.

Pour tenter d’expliquer cette tendance, les deux chercheurs ont, là encore, testé une corrélation jusqu’ici inexplorée entre l’âge du coming out et l’indice Rainbow de l’Association européenne des personnes intersexes, lesbiennes, gay, bi et trans (ILGA) – un score sur 100 évaluant les politiques nationales de protection des personnes LGBT+ basé sur 69 critères.

« Plus le pays écrase les droits des personnes concernées, plus les hommes gay ou les femmes trans font leur coming out tardivement par rapport aux femmes lesbiennes et aux hommes trans, alors qu’ils se perçoivent comme LGBT vers le même âge », résume Claire Vandendriessche. Ainsi, alors que la Bulgarie présente le moins bon score des 49 pays évalués (20/100), les personnes assignées hommes à la naissance y font leur coming out 3,4 ans plus tard que les personnes assignées femmes, contre 1,08 an pour le Portugal, à la tête du classement (66/100). « Transgresser la masculinité coûte plus cher socialement, aujourd’hui et dans les pays étudiés, que de transgresser la féminité », souligne Mme Vandendriessche.

« Un autre son de cloche »


L’étude a également cherché à savoir si, comme le suggère la théorie de la ROGD, les personnes AFAB qui partagent leur identité de genre rapidement utilisent davantage les réseaux sociaux et présentent un moins bon état de santé que les autres adolescents LGB ou transféminins. S’ils confirment que ces jeunes, qui ont réalisé leur coming out moins d’un an après le coming in et représentent 30 % de l’échantillon de jeunes AFAB en transition, sont plus sur les réseaux sociaux, les deux auteurs montrent qu’ils ne présentent pas une moins bonne santé globale, davantage de maladies chroniques ou encore plus de sentiments dépressifs.

« Ces résultats apportent un “autre son de cloche” important par rapport aux critiques et aux doutes à l’égard des jeunes trans que nous entendons », déclare Annelou De Vries, pédopsychiatre aux Pays-Bas, qui n’a pas pris part à l’étude, mais a participé à l’élaboration des dernières recommandations de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres.

En mai 2024, les sénateurs français ont voté une proposition de loi visant à interdire tout accès à des soins d’affirmation de genre avant 18 ans, alors que « de nombreuses études ont révélé que [l’interdiction à l’accès à ces soins] a des effets néfastes sur le bien-être des jeunes transgenres », note pourtant l’article du NEJM. Le texte avait été formulé d’après un rapport des sénateurs Les Républicains émaillé de références au rôle prétendu des réseaux sociaux.

Les deux chercheurs français concluent que leurs résultats « concordent avec ceux d’autres critiques de l’hypothèse ROGD et devraient justifier que les décideurs politiques s’abstiennent de faire des déclarations pseudo-scientifiques qui pourraient créer des obstacles supplémentaires aux soins ».

Lilas Pepy
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