Bon, étaient présents :
Actifs sur
le forum Asperansa :
- Aspie_inside,
- Djinpa,
- freeshost,
- Rudy,
Association
Puzzle Bleu :
- Élise,
- Célia,
Autres :
- Homme1,
- Homme2,
- Homme3,
- Homme4,
- femme à Homme4,
- Femme1.
Ce qui fait
douze salopards.
De 1500 à 17h00, nous avons eu le temps de discuter de pas mal de choses. C'était tellement intéressant que, si je n'avais pas mentionné qu'il était 17h15, peut-être que beaucoup auraient continué de discuter et écouter sans sentir le temps passer.
Mais de quoi avons-nous discuté ?
1. Un tour de table s'est imposé, en plusieurs tranches, puisque les personnes ne sont pas arrivées toutes en même temps.
2. Les difficultés au quotidien des personnes autistes. Nous mentionnons les diverses hypersensorialités, notamment à la lumière et au bruit. Cette fatigue cognitive à plus grande dérivée (f') induite par ces hypersensorialités et par les interactions sociales (le langage non verbal, l'implicite, diverses figures de style, l'ironie, la difficulté à identifier les intentions, etc.) conduit certaines personnes (notamment celles qui cumulent ces facteurs d'accroissement de la fatigue) à planifier leurs journées pour gérer l'effort pour ne pas être trop vite effondrées.
3. Critiques de la MDPH dans la région. C'est plus facile sans. Car cette MDPH est le parcours du combattant. C'est bien d'être battant, mais moins de se retrouver con. Bon, et les démarches sont lentes, les AVS tardent, y compris dans le privé. EPI => CLIS => ULIS. Puis le CRA de Dijon ne serait pas au top. Enfant cobaye évolutif, adulte périmé ? Et il serait trop concentré sur la recherche (et pas assez sur l'accompagnement et la prise en charge des personnes autistes), ce qui lui apporterait une sanction : coupe budgétaire. Quant à se frotter à
Acodège, autres
ESAT et autres grosses structures, on n'est pas très chaud, à l'idée de devenir des pions sans pouvoir de décision. Mais bon... l'administration française et en général, ce n'est pas trop mon truc.
4. Quelles peuvent être les raisons et les motivations qui poussent à faire des démarches en vue d'un éventuel diagnostic ? Reconnaissance, finance, levée de doutes, précision du diagnostic, prise en charge et accompagnement, etc. Les réponses peuvent varier d'une personne à l'autre.
5. Quels termes pour dénoter les "autres" ? Neurotypiques ? Typiques ? Normaux ? Non autistes ? ...
6. Les TSA sont-ils un handicap dépendamment ou indépendamment de la norme ? Les deux, mon général. Dépendant de la norme car le tissu socio-économico-politico-juridico-culturel a été plutôt développé pour des personnes non autistes, alors que les personnes autistes représentent un faible pourcentage de la population. Indépendamment de la norme car, peu importe la proportion de personnes autistes au sein de la population, il y a des handicaps "intrinsèques" aux diverses personnes autistes : traitement de la multitude d'informations, cohabitation, hypersensorialités, langage non verbal et autres subtilités du langage, -agnosies, comorbidités, etc.
7. Règles (codes sociaux) non comprises vs moutons. Les personnes autistes ont plutôt tendance à se questionner sur le pourquoi de certaines règles, à ne pas les appliquer si elles ne comprennent pas le pourquoi. Les personnes non autistes accepteraient plus facilement d'obéir sans se poser des questions. Une petite soumission librement consentie à l'autorité (kg =
Milgram) ?

Ni conformiste ni anticonformiste, authentique !
8. Un bon quatre cinquième des personnes autistes vivraient au moins un épisode de dépression dans sa vie, dixit Célia. Bon, je dois être dans le dernier cinquième.

Sinon, comment sortir de la dépression ? Difficile, pour ne pas dire impossible, sans aide extérieur. Bon, je n'ai aucune expérience dans ce domaine.
9. Coordination des repas entre plusieurs personnes dans un même ménage, personnes qui n'ont pas les mêmes habitudes alimentaires. Réponses variant selon les relations inter-personnelles et selon les TSA (entre autres) : mère autiste, fille autiste léger ; gars autiste, colocataires non autistes, mais sans ascendant d'autorité ou de responsabilité ; etc.
10. Spécificités alimentaires ; va avec le 9.
11. Les attentes (ces normes sociales !) pour les fêtes de Noël et autres temps conviviaux et événements culturels, qui ne parlent pas forcément aux personnes autistes, mais que celles-ci peuvent considérer pour aider à l'inclusion.
12. Albert Jacquard et sa philosophie.
13. Différencier la responsabilité des gènes de celle des actes. "Je ne suis pas responsable de mes gènes. Mais je reste responsable de mes actes." À discuter.
14. Spiritualités, rapport à la mort, croyances, réincarnation, agnosticisme, athéisme, épicurisme, etc.
15. La mort. Que ressentiriez-vous à la mort éventuelle - que je ne souhaite pas - de vos propres enfants ? Nous avons évoqué une "empathie indirecte" (ou peut-être faut-il appeler ça autrement) : Je ne pleure pas parce que x est mort, mais je peux pleurer parce que je sais la tristesse que ressentent y et z à la mort de x. "I don't feel any own sadness but I feel others' sadness." Autrement dit, la mort (en soi) ne m'attriste pas, c'est la tristesse d'autrui (autiste ou non autiste) qui peut m'attrister.
16. Brève allusion à la synesthésie.