Stefano84 a écrit : ↑lundi 9 août 2021 à 10:22
[spoilerEDIT : ca me fait penser au film Premier Contact, avec le langage des heptapodes.][/spoiler]
Oui l'image est parlante. Une image similaire me suit depuis l'enfance car j'ai toujours eu le sentiment de ne pas appartenir à ce monde, comme si j'étais isolé, seul derrière un immense mur de verre et toute la population face à moi. Je ressens toujours ça aujourd'hui.
Oui y a un peu de ca, mais je pensais surtout a la différence entre leur langage et celui du personnage principal. Le langage, parlé ou écrit, étant le support de l'échange d'information entre individu, ne pas partager le même langage, en particulier au niveau même de la structure du langage, rend la communication difficile. Et entre un mode de langage linéaire vs visuel, même si on utilise les mêmes mots la pensée est différente. C'est le langage lui même qui devient le mur de verre.
L'hypothèse de Sapir-Whorf me questionne pas mal sur ces aspects, et au delà sur la manière dont chacun pense et se représente le monde. Les mots sont une chose, la suite de lettre, mais ce qu'ils transmettent dépasse le simple assemblage de lettre. On revient à la notion d'information, et ici d'information complexe (idée).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3 ... apir-Whorf
Stefano84 a écrit :
Personnellement j'utilise le terme HQI qui pour moi est le meilleur terme, scientifique, pour désigner un haut QI. En fait je pense qu'il y a beaucoup de points communs entre le HQI et le TSA sans DI, où on retrouve parfois les mêmes comorbidités. Je pense même que plus le QI est élevé, plus les différences sont minimes. J'ai rencontré beaucoup d'enfants dans les associations qui avaient reçu un diagnostique de THQI + Dyspraxie + Trouble anxieux et trouble de la communication sociale... Pour moi ils étaient autistes (intérêts restreints et particuliers +++ / Regard fuyant ou intense / difficultés à verbaliser et identifier les émotions personnelles et celles des autres / etc... Mais selon les professionnels rencontrés ou les sensibilités / formations, le diagnostique peut basculer d'un côté comme de l'autre.
C'est intéressant ton propos parce que justement moi je n'aime pas la notion de QI (HQI/THQI). J e préfère la notion de potentiel, et j'ai aussi un peu de peine avec la notion de potentiel intellectuel. C'est pour ca que je préfère me limiter au HP, Haut Potentiel. Mais il est vrai que mon HP est un HPI. Mon but n'est pas de dire "j'ai un QI plus élevé que", mais de dire "mon cerveau présente un fonctionnement qui dans le cadre d'un test de QI me donne un score élevé, un peu au dessus de la moyenne, mais qui en réalité est simplement atypique à ce niveau".
Je suis nul pour résoudre une équation de mathématique mais je peux soutenir une discussion de physique quantique avec un expert, et discuter de la nature de la matière dans une étoile à neurone, discuter de gluon, quarks, couleur, spin. Alors que je serai incapable de poser l'équation décrivant l'état de ces particules. Pour moi le QI ne veut pas dire grand chose, et encore moins le nombre du QI (120, 130, 140,etc...).
Stefano84 a écrit :
Par exemple il serait intéressant de bien observer la passation d'un test de QI. Lorsque j'ai passé le mien, j'ai détesté passer ces tests et je l'ai très mal vécu : tout d'abord j'ai détesté les épreuves chronométrées durant lesquelles j'ai beaucoup stressé (notion de temps imparti), et je me suis senti en difficulté parce que je n'ai pas tout réussi. J'étais sûr d'avoir tout foiré alors que j'étais plafonné dans deux subtests. Lors du compte rendu je n'ai rien ressenti à part de la colère encore présente de ne pas avoir tout réussi...
J'ai pas de soucis avec cette notion de test, parce que je ne les considère pas comme des test a réussir ou échoué. C'est plus des expériences qui permettent aux psy et neuro-psy de récolter des données et se faire une idée du fonctionnement de mon cerveau. Je suis un objet d'étude et ces tests permettent de me cerner. Le test ne me sanctionne pas en terme de réussite ou d'échec mais indique dans le contexte du test ce qui me caractérise.
Mais j'ai régulièrement entendu ce genre de propos, de méfiance ou de malaise, vis à vis des tests.
Stefano84 a écrit :
Pour moi maintenant, les diagnostiques m'ont permis surtout de déculpabiliser, de redresser une estime de moi catastrophique et de mieux comprendre la façon dont je fonctionne. Peu importe maintenant le nom TSA / Asperger / Autiste... La notion de spectre exprime selon moi la palette de couleurs qu'on peut retrouver : non pas un autisme mais des autismes.
Pour moi le nom a de l'importance, non pas pour me l'approprier mais parce qu'il désigne ce que je suis. Oui l'autisme est un spectre, mais mon autiste a moi est quelque par sur ce spectre et comme je suis le sujet, il est essentiel pour moi de savoir ou je me situe dans ce spectre. Le syndrome d'Asperger fait parti du spectre de l'autisme, mais mon cas est un syndrome d'asperger, pas un spectre nébuleux.
Le nom est une information qui me permet de me fixer sur le spectre (il y a un lien avec le propos sur l'hypothèse Sapir-Whorf). Tout comme les rayons X ou infrarouge sont des ondes électromagnétique, qui ne se distinguent que par leur longueur d'onde au niveau du spectre électromagnétique, mais dont les effets avec la matière sont différent (ionisation, pénétration). Il est donc important pour moi de savoir si je suis un rayon X ou infrarouge, pour comprendre MON rapport à la matière et ma manière d'interagir avec. Il est important pour moi de savoir si je suis asperger, AHN, ou autre forme d'autisme (qui aurait un nom défini ou pas), afin de savoir comment MON autisme m'affecte. C'est pour ca que je ne remet pas en question la notion de spectre, mais il me semble tout aussi essentiel de voir que dans ce spectre on est pas tous pareil et on ne se situe pas tous au même endroit, et que notre autisme peut être nommé au sein du spectre TSA.